Lu sur le Monde du Droit :

Le député Jacques Bompard considère que si le principe du repos dominical trouve ses origines dans les racines chrétiennes de notre société, il s’est progressivement « laïcisé » et trouve aujourd’hui sa justification dans la nécessité de protéger la santé des salariés en leur garantissant un jour de repos hebdomadaire qui leur permet de concilier vie professionnelle et vie personnelle, familiale et amicale.

Il a donc déposé, le 13 juillet 2016 à l’Assemblée nationale, une proposition de loi de visant au maintien du droit au repos dominical.

Le texte ajoute à l’article L. 3132-3 du code du travail, « Dans l’intérêt des salariés, de leurs familles et de la société, le repos hebdomadaire est donné le dimanche », la mention suivante : « Aucune dérogation à ce principe n’est possible à moins que la nature du travail à accomplir, la nature du service fourni par l’établissement ou l’importance de la population à desservir ne le justifie. »

Par ailleurs, dans le cadre des dérogations prévues aux articles L. 3132-20 à L. 3132-26 du code du travail, le proposition prévoit que :
– seuls les salariés ayant donné volontairement leur accord par écrit peuvent travailler le dimanche ;
– une entreprise bénéficiaire d’une telle dérogation ne peut prendre en considération le refus d’une personne de travailler le dimanche pour refuser de l’embaucher ;
– le salarié d’une entreprise bénéficiaire d’une telle dérogation qui refuse de travailler le dimanche ne peut faire l’objet d’aucune mesure discriminatoire dans le cadre de l’exécution de son contrat de travail ;
– le refus de travailler le dimanche pour un salarié d’une entreprise bénéficiaire d’une telle dérogation ne constitue pas une faute ou un motif de licenciement ;
– le salarié qui travaille le dimanche en raison d’une telle dérogation bénéficie de droit d’un repos compensateur et perçoit pour ce jour de travail une rémunération au moins égale au double de la rémunération normalement due pour une durée équivalente.

Lu sur bfmbusiness.bfminfo.com

Le dimanche est traditionnellement consacré aux loisirs, à la famille et aux amis. Pour ceux qui sont amenés à travailler ce jour-là, avoir un jour de repos en semaine ne permet pas d’avoir ces mêmes moments de partage.

Un salaire doublé, la prise en charge des frais de garde des enfants, le remboursement des frais de taxi, voici quelques-unes des compensations obtenues par les salariés dans le cadre des accords de branche permettant le travail dominical. Mais ces avantages ne compensent pas tout. Selon une étude publiée dans la revue Économie et Statistique de l’Insee, travailler le dimanche entraîne une perte de sociabilité familiale et amicale que ne peut remplacer aucun jour de repos en semaine. Un enjeu social « souvent occulté dans les débats relatifs à l’extension du travail dominical », selon ses auteurs, auteurs Jean-Yves Boulin et Laurent Lesnard.

Leur étude ne portait pas sur l’impact du travail le dimanche à proprement parler, mais elle permet de « comparer les usages du temps de ceux qui travaillent le dimanche et de ceux qui ne travaillent pas ce jour-là », a expliqué Laurent Lesnard. Les deux chercheurs se sont appuyés pour leur étude sur l’enquête Emploi du temps menée par l’Institut de la statistique en 2009 et 2010, confirmant que le dimanche est « avant tout le jour des loisirs », avec en moyenne une durée des heures récréatives plus que doublée par rapport à un jour de semaine.

Moins de temps accordés aux enfants

Le dimanche, jour sans travail et sans école, est aussi et surtout plus propice aux moments de partage en famille et avec les amis. « Il permet de synchroniser les rythmes de l’ensemble de la société », souligne Laurent Lesnard. De ce fait, le travail dominical a des conséquences plus importantes que le travail en semaine, notamment sur les temps familiaux. Selon les calculs des deux chercheurs, la perte de sociabilité parents-enfants, « toutes choses égales par ailleurs », est ce jour-là « quasiment multipliée par deux » (+43%). Les temps spécifiques mère-enfants et père-enfants sont aussi plus impactés, (-69% et -92% respectivement). Or, « le temps passé ensemble en famille est l’un des piliers du lien familial contemporain », soulignent les auteurs.

Les loisirs avec les amis, deux fois plus conséquents le dimanche qu’un jour de semaine non travaillé (83 minutes contre 42), se réduisent aussi : un quart d’heure (-82%) quand le dimanche est travaillé.

Un jour de repos en semaine compense-t-il cette perte de sociabilité? Pas entièrement, selon l’étude. « Une partie des temps de sociabilité parents-enfants et amicale récréative perdus les dimanches ne sont pas récupérés pendant la semaine et correspondent à des pertes nettes pour les travailleurs dominicaux », selon les chercheurs. Les temps parents-enfants sont les plus affectés, avec une perte nette de presque 40 minutes, tandis que la sociabilité amicale se creuse de 25 minutes.

Les salariés peu qualifiés sont les plus exposés

L’étude relève enfin que, de manière générale, le travail dominical « s’inscrit dans des rythmes hebdomadaires atypiques », allant de pair avec des « semaines décalées la nuit » (avec du travail de nuit), « fragmentées » (avec des coupures en journée entre des périodes de travail) et « décalées en soirée ».

Des horaires qui sont « assumés principalement par des salariés peu qualifiés de l’industrie et des services », dont le risque d’exposition au chômage est « particulièrement élevé », notent les auteurs. Ils y voient un « correctif » à l’explication qui voudrait que « seuls les salariés pour qui de tels horaires de travail ne posent pas problème acceptent ces emplois ». Le travail dominical concerne près de trois salariés sur dix en France.

Extrait de l’encyclique Laudato Si du pape François :

  1. Le dimanche, la participation à l’Eucharistie a une importance spéciale. Ce jour, comme le sabbat juif, est offert comme le jour de la purification des relations de l’être humain avec Dieu, avec lui-même, avec les autres et avec le monde. Le dimanche est le jour de la résurrection, le « premier jour » de la nouvelle création, dont les prémices sont l’humanité ressuscitée du Seigneur, gage de la transfiguration finale de toute la réalité créée. En outre, ce jour annonce « le repos éternel de l’homme en Dieu ». De cette façon, la spiritualité chrétienne intègre la valeur du loisir et de la fête. L’être humain tend à réduire le repos contemplatif au domaine de l’improductif ou de l’inutile, en oubliant qu’ainsi il retire à l’œuvre qu’il réalise le plus important : son sens. Nous sommes appelés à inclure dans notre agir une dimension réceptive et gratuite, qui est différente d’une simple inactivité. Il s’agit d’une autre manière d’agir qui fait partie de notre essence. Ainsi, l’action humaine est préservée non seulement de l’activisme vide, mais aussi de la passion vorace et de l’isolement de la conscience qui amène à poursuivre uniquement le bénéfice personnel. La loi du repos hebdomadaire imposait de chômer le septième jour « afin que se reposent ton bœuf et ton âne et que reprennent souffle le fils de ta servante ainsi que l’étranger » (Ex 23, 12). En effet, le repos est un élargissement du regard qui permet de reconnaître à nouveau les droits des autres. Ainsi, le jour du repos, dont l’Eucharistie est le centre, répand sa lumière sur la semaine tout entière et il nous pousse à intérioriser la protection de la nature et des pauvres.

Lu sur Le Contrarien

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

Vous savez très bien qu’en fonction de la façon dont on pose une question, il est assez facile d’orienter la réponse. Par exemple, si je vous demande si vous seriez prêt à travailler le dimanche si c’est la seule possibilité pour vous de trouver un boulot… alors 90 % des sondés risquent fort de dire « oui » car nous avons tous besoin (et pas forcément envie) de travailler.

Le débat sur le travail dominical en France est une escroquerie intellectuelle et une crétinerie économique qui confine évidemment à la fausse promesse.
Pourquoi vous reparler aujourd’hui du travail le dimanche ? Tout simplement parce que vous allez le constater très rapidement, ce sujet va refaire surface avec une belle offensive du Medef sur ce thème et une « réforme » phare pour le nouveau ministre de l’Économie Macron ainsi que la volonté de donner des gages de réformes dites « structurelles » à nos gentils amis du F.M.I. et de la Commission européenne qui ne sont pas là pour veiller à l’intérêt des peuples mais à la rentabilité des grandes multinationales.

Le totalitarisme marchand
Nous vivons dans une période de totalitarisme marchand. Sans l’idéologie « communiste » (qui fut un échec, telle n’est pas la question) pour servir de doctrine alternative et donc de contre-pouvoir, le capitalisme ne pouvait que renouer avec ses mauvaises habitudes qui avaient d’ailleurs mené à la crise de 1929. Toujours plus de dettes, toujours plus de finance, de spéculation et d’accumulation des richesses dans des mains à chaque fois de moins en moins nombreuses.

Ce totalitarisme marchand, qui est en pleine expansion sous vos yeux, vise à détruire tous les acquis sociaux (sous prétexte de compétitivité). Mais il veut également aller bien au-delà en faisant également baisser les salaires, en privatisant l’ensemble des secteurs économiques, rien ne doit pouvoir échapper aux marchés.

Marx parlait à très juste titre du « salaire de subsistance » qui est le montant minimum permettant aux gens de tout juste survivre. Les capitalistes n’ont pas besoin de nous verser plus qu’un salaire de subsistance et lorsque vous regardez ce qui se passe en Grèce, en Espagne, en Italie, bientôt en France, alors nous devons tous comprendre que l’idéologie du travail le dimanche n’est rien qu’une petite bataille dans une immense guerre faite aux intérêts des peuples. Nous avons été prospères parce qu’il y avait un partage des richesses. Nous serons prochainement tous pauvres car ceux qui encaissent la richesse (pas forcément ceux qui la créent) ne souhaitent plus les partager équitablement puisque plus rien ne les y contraint.

Le travail dominical est déjà une réalité pour des millions de Français !
Revenons, après cette digression au sujet du totalitarisme marchand, sur le travail dominical qui est une réalité pour des millions de Français qui pratiquent un métier où il y a ce que l’on appelle « la continuité de la vie sociale ».

Hôpitaux, trains, polices, services de secours, restauration, hôtel, autant de secteurs qui fonctionnent 24h/24h, 365 jours par an… y compris avec des fonctionnaires ! Le travail le dimanche est donc une réalité profondément ancrée dans notre vie et nous en avons besoin. Pour autant, le travail le dimanche doit-il être étendu ?

La réponse est humainement non, et nous verrons qu’économiquement cela ne change pas grand-chose, pour ne pas dire rien du tout.
Humainement, cela veut dire que si l’on travaille le dimanche, alors il faut aussi prévoir des modes de garde pour les enfants le dimanche, ouvrir les crèches et les centres de loisir, il faut accepter la disparition du lien social unissant les familles et la possibilité d’un temps partagé pour se retrouver ensemble. Ce temps, qui pour certains peut être religieux et qui pour l’immense majorité sera consacré à emmener les enfants jouer au foot ou à la piscine, ou simplement faire du vélo.

Travailler plus, pourquoi pas mais franchement… pour quoi faire ? Gagner plus ? Je suis navré de devoir l’écrire mais gagner plus n’est pas une fin en soi, l’accumulation d’argent lorsque cela devient compulsif révèle plus un problème de stabilité psychologique et une faille de personnalité qu’une valeur morale supérieure. Alors pour quoi faire, tout en sachant que l’écrasante majorité, les 99 % que nous sommes, ne sera jamais millionnaire et encore moins milliardaire.

Travailler pour vivre certes, mais pas forcément vivre pour travailler.
Enfin, et c’est essentiel, le travail le dimanche n’a rien à voir avec la compétitivité de notre pays pour la simple et bonne raison qu’il concerne avant tout les commerces et les magasins qui vendent leurs produits ici, dans notre pays. Ce débat n’a rien à voir avec les délocalisations ou l’industrialisation de la France.

Ouvrir ou pas le Bricomachin de la zone de Tintouin-les-oies ne changera rien à la compétitive globale de notre pays.

Internet versus magasin
Le véritable enjeu pour les commerces en réalité c’est la lutte contre les ventes en ligne. Ce qui est bien en ouvrant le dimanche, c’est que les magasins vont tabler et viser les achats d’impulsion, l’achat immédiat, celui qui ne peut pas attendre, que ce soit un pot de peinture, l’encaissement d’un chèque dans votre agence bancaire qui finira par être ouverte le dimanche, jusqu’à l’achat de votre dernière tablette Apple que vous voulez là, maintenant, tout de suite.

Pourtant, là encore, il est indispensable de rappeler la dimension humaine de l’homme. L’homme ne doit pas être réduit à sa dimension de consommateur. L’homme n’est pas qu’un consommateur. De la même façon nous ne devons pas accepter que la perception de notre liberté ne soit réduite qu’à la liberté de consommer.

La consommation c’est la négation de l’homme et de sa dimension humaine, de sa capacité d’intelligence et de création. L’homme est capable de gratuité, de courage et d’abnégation. Il est capable de générosité et de dons. Ce sont ces valeurs-là que nous devons encourager, pas celles qui se développent actuellement et qui ne peuvent qu’aboutir à notre asservissement le plus complet.

Il faut donc maintenir un temps de consommation réduite où les individus doivent pouvoir faire autre chose que de se rassembler une fois de plus dans ces temples modernes et sans âme que sont les super et les hyper-bidules, immenses hangars de zones périphériques aussi laides que déprimantes.

Ouverture dominicale : premier bilan mitigé chez Bricorama
Et justement, toute cette histoire du travail dominical apparaît bien de plus en plus comme une escroquerie à la croissance économique. Cela va créer de l’emploi, on ne peut pas se passer d’emploi actuellement, et donc cette remarque justifierait tout, même l’injustifiable.

C’est en tout cas ce que montre cet article de France Info où globalement, malgré le travail et l’ouverture le dimanche, le chiffre d’affaires de Bricorama prend une claque… Le bilan est mauvais. Et l’exemple de Bricorama, fer de lance pour le travail dominical, montre bien qu’il n’y a aucun lien systématique. À ce rythme, Bricomachin finira par faire faillite et à licencier tout le monde, y compris ceux qui bossent le dimanche.

Économiquement, ceux qui ont 100 euros de pouvoir d’achat disponible dépenseront 100 euros. Peu importe qu’il le fasse en 1 fois 100 euros le dimanche à 15h ou en 5 fois 20 euros du lundi au vendredi dans les heures d’ouverture traditionnelles de 9h00 à 19h00. Ils dépenseront 100. Assureront 100 euros de CA et pas un de plus. Lorsque tout le monde sera ouvert le dimanche, ce sera, pour toutes les entreprises, un jeu à somme nul (ce qui n’est pas le cas si je suis le seul ouvert le dimanche).

Macro-économiquement, le travail dominical ne peut être que marginal. En terme de création d’emplois, on déplacera juste les effectifs. Presque personne les lundi, mardi, mercredi et jeudi et tout le monde sur le VSD (vendredi, samedi, dimanche)… Voilà la réalité évidente, mais nous aurons déstructuré un peu plus la société et fait un pas de plus vers encore davantage d’avilissement à la consommation.

Le bonheur ne réside pas et ne peut pas résider dans la consommation. L’homme est un « animal » social et il a besoin de l’autre.

Préparez-vous et restez à l’écoute.

À demain… si vous le voulez bien !!

Un texte éclairant de Mgr Robert Poinard, vicaire général du diocèse aux armées :

 

ORIGINE DU DIMANCHE         

Le terme lui-même a son origine dans le christianisme : les premiers disciples désignèrent en effet ce jour comme celui du Seigneur ainsi qu’en témoignent les Actes de Apôtres et les lettres de saint Paul. L’expression est employée partout dès le IIe siècle tant en grec qu’en latin. C’est de cette langue qu’elle se transmettra au français : le dies domini (« jour du Seigneur ») devient au Moyen Age le dia dominica qui mutera d’abord en vieux français en diemenche puis en dymanche au XIIIe siècle. La forme dimanche devient définitive à la Renaissance.

Il est à noter que l’expression est un emprunt à la culture juive qui désignait le samedi, jour du shabbat, comme le jour du Seigneur : les chrétiens n’ont fait que détourner vers le dimanche,  jour de la Résurrection du Christ, le sens donné au jour du shabbat.

Les païens, pour leur part, désignaient le dimanche comme le jour du soleil. D’ailleurs, quand les premiers chrétiens s’adressent aux païens pour expliquer le contenu de leur foi, ils utilisent ce vocable, comme le montrent plusieurs textes des Pères de l’Eglise : « si nous fêtons ce jour du soleil avec joie c’est pour une autre raison que celui de rendre culte à cet astre… » (Tertullien). Ou encore : « le jour appelé jour du soleil nous nous réunissons tous, dans les villes comme dans les campagnes » (saint Justin). Le vocabulaire païen a d’ailleurs persisté dans plusieurs langues d’origine germanique : Sunday (anglais) et Sonntag (allemand) dérivent directement de l’Antiquité païenne. Cependant, ceci n’est pas si étonnant car très rapidement la liturgie chrétienne compara le Christ au soleil levant, lumière d’en haut venue nous visiter (hymne du Benedictus ou cantique de Zacharie). Rien de choquant donc si le dimanche est également appelé « jour du soleil divin ». Dans les langues slaves ce jour est appelé jour de résurrection.

UNE INSTITUTION SPECIFIQUE

            « Le dimanche apparaît donc, dès les origines, comme une institution typiquement chrétienne, originale et autonome » (G. Jacquemet). Jésus s’était montré vivant à ses disciples un dimanche. Ils prirent l’habitude de se réunir ainsi les dimanches suivants, comme en attestent l’évangéliste saint Jean puis les Actes des Apôtres. Jésus ressuscité revint ainsi les visiter plusieurs fois les dimanches suivants jusqu’à son Ascension, durant quarante jours. Et l’effusion de l’Esprit Saint a bien lieu un dimanche au milieu de la communauté réunie pour fêter la Pentecôte. A partir de là on comprend que l’Eglise naissante ait voulu s’organiser autour de ce jour : le Seigneur lui-même ne semblait-il pas sanctifier ce jour, jour de sa résurrection ? Ainsi, tout naturellement, alors qu’ils se réunissaient depuis longtemps le samedi, jour du shabbat, ils prirent l’habitude de se réunir aussi le dimanche. Nous avons de nombreuses preuves historiques de la tenue de deux assemblées de prière, l’une le samedi, l’autre le dimanche, durant les premiers siècles.

            Très rapidement le dimanche prend le pas sur le samedi : les épîtres de saint Paul, même si elles nous montrent que l’apôtre n’a pas renoncé à intervenir durant l’office du shabbat, attestent qu’il promeut l’assemblée du dimanche comme rassemblement spécifiquement eucharistique. L’apôtre insiste sur le fait que ce jour du Seigneur est, par excellence, jour communautaire, jour où il faut faire Eglise. Déjà pointent deux accents : le repas de l’Eucharistie et le partage pour les pauvres sous forme de collectes. Et il semble que cette manière de faire ne soit pas le simple fait de quelques communautés mais de l’ensemble des Eglises. D’ailleurs les écrits païens des trois premiers siècles caractérisent la nouvelle religion chrétienne par ce qui la détermine à leurs yeux : le fait de s’assembler le dimanche pour un repas dont ils ne saisissent d’ailleurs ni le sens ni la portée, tel Pline le Jeune dans sa lettre à l’empereur Trajan. Il n’empêche que le comportement du chrétien est alors défini essentiellement par cette sanctification du dimanche.

            Contrairement à ce que certains ont prétendu, le dimanche, comme jour de fête chrétienne, n’est pas né d’une sorte de conflit entre le culte juif et le culte chrétien puisque les disciples du Christ ont continué à marquer le shabbat durant quatre siècles, parallèlement au dimanche ! Il n’y a donc jamais eu d’opposition entre le samedi et le dimanche mais un accent nouveau, et plus fortement marqué, sur le dimanche comme jour spécifiquement chrétien. Jésus ayant, à de nombreuses reprises, marqué son respect pour le shabbat, l’Eglise fit de même : les apôtres sont assidus aux prières du Temple, Paul fréquente les synagogues le jour du shabbat. D’ailleurs il arrive à l’apôtre d’admonester ceux qui vont un peu trop vite en besogne en voulant supprimer toute référence au culte israélite.

            Ce n’est qu’après la destruction du Temple de Jérusalem, en 70, que certaines communautés chrétiennes semblent commencer à se détourner des pratiques cultuelles juives. On les comprend puisque le centre du culte a été détruit et que le sacerdoce ancien n’existe plus. On interprète cela à la lumière des annonces de Jésus comme la fin de l’ancienne alliance. La plus vieille attestation connue de l’abandon du shabbat se trouve dans une lettre de saint Ignace d’Antioche (35-107 env.) qui semble reconnaître que le dimanche a bel et bien totalement remplacé le samedi, au moins pour les chrétiens de Syrie. Rien de tel  pourtant dans d’autres Eglises qui continuent la double pratique. Plus tard, le 29e canon du concile de Laodicée, en 364, voulant réagir à certains pratiques judaïsantes, jugées excessives par les évêques, interdit aux fidèles de marquer le jour du Shabbat comme un jour sacré.

Mais il ne semble pas que cet abandon ait été général : les Constitutions Apostoliques, compilées à la fin du IVe siècle, sont au contraire un témoignage certain que beaucoup de communautés continuaient de sanctifier à la fois le samedi et le dimanche. On peut en effet y lire : « mais surtout, le jour du Shabbat et le jour de la résurrection du Seigneur, réunissez-vous avec un plus grand zèle ».

Finalement, ce qui semble vraiment avoir donné le coup de grâce au samedi c’est la décision de l’empereur Constantin de promulguer le repos dominical pour tout l’Empire. Désormais le dimanche devient le jour officiellement chômé partout et il le restera en occident jusqu’à nos jours.

LE DIMANCHE POUR LE CHRETIEN

            Pour le chrétien le dimanche est d’abord le jour du Seigneur : c’est le dimanche que le Christ a triomphé de la mort. Et c’est toujours ce jour que Jésus ressuscité est, durant quarante jours, apparu à ses disciples. C’est avant tout pour cela que ce jour est une memoria, une commémoration exceptionnelle pour l’Eglise. Voilà pourquoi c’est le dimanche que le peuple chrétien rend grâce à Dieu (c’est le sens du mot eucharistie) en perpétuant la Sainte Cène.

            Le dimanche est aussi le jour consacré à Dieu : héritiers de la tradition biblique, nous savons qu’il nous faut mettre à part des temps pour Dieu qui lui soient gratuitement consacrés. Dans l’Ancien Testament le Seigneur lui-même donne à Moïse des consignes précises sur ce temps qui doit lui être voué. Ce sera un jour entier par semaine qu’on appellera « jour de Dieu » : durant 24 heures toute activité profane devra cesser (le mot shabbat veut dire cessation, arrêt). Pour les croyants de la Nouvelle Alliance il était donc normal que le dimanche hérite des qualités propres au samedi : jour où toute activité cesse et où l’on consacre son temps au Seigneur. Très vite on vit dans les Commandements de l’Eglise apparaître un commandement sur l’obligation de sanctifier le dimanche : on le trouve dans l’enseignement de saint Augustin (354-430). Cette sanctification comprend la participation à la messe dominicale. Mais une heure de messe ne fait pas un jour ! La messe est une sorte de programme minimal… Durant des siècles ce fut aussi la participation à l’office vespéral (les vêpres paroissiales) et un accent donné à la piété, à la vie spirituelle. Messe et vêpres étaient notamment l’occasion d’entendre deux prédications puisqu’on ne prêchait pas en semaine.

Le dimanche est le jour de l’homme : dans l’empire romain christianisé les esclaves travaillent jusqu’au vendredi soir. Le samedi et le dimanche ils appartiennent à l’Eglise qui en profite pour les catéchiser et humaniser quelque peu leur condition misérable. Le dimanche s’imposera dans l’Eglise comme le jour à consacrer aux plus petits, à inviter des pauvres à sa table par exemple, ou à leur porter un repas. Ces traditions étaient encore vives dans nos campagnes il n’y a pas si longtemps ; j’en fus témoin dans mon enfance.

De plus, il est nécessaire de briser le quotidien, de bouleverser la monotonie des jours ordinaires. Il y a le besoin de repos mais aussi celui, naturel chez l’homme, de s’adonner à autre chose qu’au travail professionnel : aux activités culturelles et artistiques par exemple. Sans parler de la nécessité de se retrouver en famille : très souvent, le repas dominical élargi à d’autres membres de la parentèle, est regardé comme signe de volonté de paix (voire de réconciliation) avec ses proches, spécialement si des oubliés, des isolés, y sont invités.

Le repos chrétien ne doit surtout pas être confondu avec l’oisiveté, que l’Eglise a toujours condamnée comme un contresens à la notion de repos : se reposer ne veut pas dire rester sans rien faire. D’une manière ou d’une autre l’homme doit y déployer des activités qui le rapprochent de Dieu et de ses frères. Saint Augustin décrit bien la vision chrétienne du dimanche : « le jour où l’on s’abstient de toute œuvre servile mais surtout celui où l’on s’abstient des occasions de pécher ; car quiconque commet le péché devient un esclave. Au contraire mettre son cœur en repos et tranquillité spirituelle ».

Enfin, le dimanche est le jour de la communauté : dès les origines de l’Eglise, comme nous l’avons déjà dit, le dimanche est le jour du rassemblement des chrétiens. Le dimanche est vraiment un jour communautaire : le chrétien ne prie pas seul chez lui, mis à part les malades et handicapés, obligés de regarder la messe à la télévision ou de l’entendre à la radio. Il sort de chez lui et va faire communauté, réaliser l’Eglise. Le dimanche comporte une certaine démarche volontariste : celle, pour le fidèle, de rejoindre le peuple de Dieu tout entier. Car, à l’église de ma paroisse je suis non seulement dans ma communauté mais dans l’Eglise universelle : on m’y donne des nouvelles de toutes les autres églises et j’y communie à toutes. Depuis les origines du christianisme le fait de collecter de l’argent aux messes dominicales montre bien le souci que chaque communauté doit avoir des autres : les quêtes impérées sont des moyens de partage avec des œuvres de l’Eglise universelle. Nous participons par nos dons à des œuvres qui dépassent largement le cadre de notre paroisse.

Cette dimension communautaire a été profondément renouvelée ces dernières décennies par les repas paroissiaux du dimanche pour les isolés, les apéritifs après la messe, etc. Autant d’occasions qui nous réaffirment que le dimanche nous sortons de nous-même pour nous tourner vers nos frères car nous faisons partie d’un peuple. Un de mes professeurs aimait à dire : « contrairement aux associations, l’Eglise n’a pas de membres honoraires, elle n’a que des membres actifs ! »

QUE PENSER DU TRAVAIL DOMINICAL ?

            Le principe, depuis Augustin jusqu’à nos jours, est toujours le même. Le repos dominical ne peut être rompu qu’à une seule condition : la nécessité de pratiquer la caritas c’est-à-dire lorsque le devoir m’oblige à secourir mon frère, à lui venir en aide. Ainsi, toutes les professions qui sont vouées au soutien matériel, médical, moral de l’homme ne sont pas concernées par les obligations du repos dominical. Le rejet des œuvres serviles dont parle saint Augustin concerne des activités professionnelles qui, non seulement n’ont aucune urgence à être pratiquées le dimanche mais, de plus, n’ont aucun caractère de service effectif de l’homme : fabriquer ou vendre des meubles ou des voitures un dimanche est faire œuvre servile. Obliger des salariés à travailler le dimanche n’est, pour un chef d’entreprise, justifié que si c’est pour rendre un réel service à la communauté. En ce sens-là des activités de loisirs et de détente, peuvent se justifier à la condition que les salariés sont volontaires pour les assurer. Le bien-être des uns ne doit pas devenir l’esclavage des autres…En toute chose c’est le bien commun qui doit primer. Or, le bien commun est de pouvoir se reposer le dimanche et se livrer aux activités que l’on a librement choisies.

L’ordre économique ne doit pas écraser l’homme sous des fardeaux qu’il ne puisse plus supporter. Or il y a un grave danger à rompre des équilibres que la sagesse divine et la sagesse humaine ont établis dans l’ordre naturel. En tout état de cause, un abandon quasi général du repos dominical qui viendrait totalement bouleverser l’ordre économique et social, pourrait causer une désorganisation profonde de la vie de nos sociétés et, en particulier, de la cellule familiale. On comprend que la polémique autour du travail du dimanche soit importante non seulement pour la vie chrétienne mais pour la vie sociale en général.

Trouvé sur padreblog :

 […] Le repos dominical fait tout autant partie de notre culture – et de notre foi pour les chrétiens – que la crèche. La nécessité d’un jour de gratuité et de repos, pour rappeler que l’homme ne se définit pas seulement par ce qu’il produit ou consomme, est une intuition profonde que nous partageons depuis des siècles, inspirés en cela par l’Ecriture Sainte. Eclairés par la doctrine sociale de l’Eglise, les chrétiens ont participé aux luttes sociales pour imposer peu à peu ce dimanche non travaillé et offrir à tous un temps de gratuité.

Comment défendre la famille si on la prive en même temps de ce jour de retrouvailles et de détente où elle peut se rassembler ? D’ailleurs, sommes-nous les premiers – nous, chrétiens – à veiller sur la qualité de nos dimanches ?

Les partisans de l’extension du travail du dimanche ont des arguments économiques ? Ceux-ci sont discutables et discutés, y compris par des chefs d’entreprise ou des économistes. Mais au fond qu’importe. La fin ne justifie pas les moyens. Ce n’est pas d’abord une question économique : c’est une question de société. Affaiblir le dimanche, c’est bouleverser le rythme de vie de toute la société, des familles, des enfants. Affaiblir le dimanche, c’est toucher à l’homme et à ses besoins fondamentaux : se reposer, se retrouver, servir, s’engager, se détendre, prier…

La tentation ultralibérale

On parle de liberté… Mais au-delà du fait que celle des salariés n’est pas assurée – aujourd’hui volontaires, demain obligés sous la pression de l’employeur – la question est la même que pour les réformes sociétales : le désir individuel doit-il primer en tout temps ? Non, s’il remet en cause des principes fondamentaux et des institutions qui fondent notre vie en commun. C’est le cas pour le repos dominical car celui-ci fait partie du bien commun.

L’ultralibéralisme, qu’il soit éthique, sociétal ou économique, porte toujours la même erreur : la tentation de toute-puissance du désir individuel. On connaît déjà ceux qui en paient le prix : les plus pauvres, les plus fragiles, les plus petits. Quand il n’est pas régulé, c’est évidemment le désir du plus fort qui prend le dessus. […] »

Trouvé sur mediapart :

Puisque tant de nos concitoyens sont d’accord pour permettre le travail le dimanche.

Puisqu’ils jettent aux orties notre traditionnelle sortie à la messe niant ainsi nos racines chrétiennes et mettant en danger les saintes valeurs catholiques.

Puisqu’ils oublient nos traditionnels paris au P.M.U. qui favorisaient  des rencontres impromptues et intellectuelles au bar du coin.

Puisqu’il est fini le temps de la tonte de la pelouse le dimanche matin pour emmerder le voisin.

Il nous faut une loi simple et claire pour contenter tout le monde.

Article 1 : Tous les citoyens qui sont pour le travail du dimanche devront travailler obligatoirement ce jour là.

Article 2 : Pour les autres, non.

Argumentaire extrait du dossier spécial « Analyse de la Loi Macron » publié dans Démocratie & Socialisme en décembre 2014 :

N’y a–t-il pas désordre dans les lois actuelles sur le repos dominical ?

Les décisions de justice sur le travail du dimanche, c’est vrai, sont contradictoires : les juges ont des opinions personnelles différentes sur l’ouverture du dimanche, et le laissent transparaître dans leurs décisions. Cela est rendu possible parce que le principe du repos dominical existe toujours, mais il y a trop de dérogations disparates et injustifiées depuis la loi Maillé- Sarkozy. On en arrive à ce que des juges condamnent les infractions à l’ouverture du dimanche, mais avec des astreintes insuffisamment dissuasives. D’autres donnent raison à un patron qui porte plainte contre les autres, et d’autres encore annulent ce jugement… Avant la loi quinquennale de décembre 1993-janvier 1994 il n’y avait que 3 dimanches d’ouvertures autorisés. Cette loi Giraud avait envisagé 12, puis 8, puis 7, puis 5 au lieu de 3. C’est donc un débat hasardeux et artificiel. Rappelons que c’était avant « la crise » : cela n’est donc absolument pas nourri par l’actualité économique ou sociale. La loi Maillé, c’était pareil : il s’agissait en 2008 de déréguler pour déréguler afin de plaire au Medef, qui vise à casser « la semaine de 35 h » et de façon plus générale le « temps légal de travail ». Pareil pour le travail de nuit dans le commerce, qui n’a aucun intérêt économique, sauf de contribuer à « casser » les références journalières de limitation du temps de travail. Pour « simplifier » il faut rétablir le principe « interdiction du travail dominical » sauf dérogations nécessaires et motivées, contrôlées.

Quelle est actuellement la réalité du travail le dimanche ?

Sur 700 000 commerces, 22 000 sont ouverts légalement avec des dérogations préfectorales et municipales (zones touristiques, périmètres d’usage commercial exceptionnel…). De plus, il y en a quelques milliers ouverts illégalement. L’enjeu du «  oui  » ou «  non  » au travail du dimanche dans tout le secteur du commerce concerne 4 millions de salariés concernés avec emplois induits. C’est énorme pour la vie de ces 4 millions de personnes.

5 % des salariés travaillent le dimanche de façon régulière (hôpitaux, feux continus, transports, loisirs, là où c’est indispensable…) et 25 % occasionnellement. On dit que plus de 75 % des «  sondés  » seraient favorables à l’ouverture le dimanche, mais 85 % des «  sondés  » disent aussi qu’eux-mêmes ne veulent pas travailler ce jour-là… Les salariés de Leroy Merlin et Castorama ont été totalement organisés par leurs patrons  : séances de formation avec des communicants sur leur temps de travail, déplacements payés, jours payés, transports et repas payés, T-shirts, banderoles, tracts payés. Ils habillent cela du mot «  volontariat  », mais le volontariat n’existe pas en droit du travail. Ce qui caractérise un contrat de travail est un «  lien de subordination juridique permanent ». Aucun salarié de ce pays ne travaille le dimanche par « volontariat  », mais parce que le patron le veut. En fait, mettre en avant des salariés qui «  veulent  » travailler le dimanche, c’est une manipulation complète.

Patrons et ministres invoquent relance de la consommation. Alibi ou réalité ?

C’est hors sujet. Ce qui sera acheté le dimanche ne le sera pas le samedi ou le lundi. Les porte-monnaies ne sont pas extensibles en ces temps d’austérité. Les magasins ouverts en fraude claironnent des chiffres d’affaires mirobolants majorés de 20 %… mais justement c’est parce qu’ils fraudent, violent la «  concurrence  » et se font de la «  pub  » en plus. Banalisé, le travail du dimanche sera vite démonétisé, avec des magasins vides ; ça coûtera plus cher et n’aura plus qu’un effet négatif pour les salariés, sans même une contrepartie financière.

Et la sauvegarde des emplois ?

L’ouverture généralisée profiterait aux grandes chaînes contre les petits commerces qui en subiraient le contre coup : il a été calculé (DARES) que ce serait un solde négatif de 30 000 emplois perdus.

Un emploi du dimanche sera un emploi de moins le lundi

Les grandes chaînes s’en tireront en embauchant des femmes pauvres et précaires ou des étudiants désargentés en turnover permanent, façon McDonald’s.

Ils «  tenaient  » les salariés pauvres en leur donnant des primes de 25 %, 30 %, 50 % parfois, mais très rarement 100 % : ces primes n’étaient pas inscrites dans la loi. Il était question pour appâter les salaries de légiférer en leur faveur… Vu que les salaires sont trop bas, les pauvres n’ont pas le choix, ils courent après 30 euros et ça se comprend.

Mais c’est fini. L’ordonnance Macron prévoit que les rémuné- rations ne seront pas majorées légalement dans les entreprises de moins de 20 salariés, les plus nombreuses. (97 % des salariés à Paris…).

Et au-delà de 20 salariés une éventuelle majoration de salaire le dimanche ou en soirée, ce sera du domaine de la négociation, de l’accord… donc aléatoire, puis instable, puis supprimable. Quand il sera certain que le dimanche le chiffre d’affaires est le plus bas de la semaine, quand les chalands ne viendront plus, les patrons diront que ça coute cher d’ouvrir le dimanche et refuseront toute prime.

Une nécessité économique dans les secteurs concernés ?

Il n’y a rien d’économique là-dedans, c’est idéologique  : le patronat veut surtout déréguler la semaine et les durées du travail hebdomadaires. C’est pareil pour les ouvertures de nuit genre Sephora. Les touristes chinois qui restent six jours et demi à Paris en moyenne, ont tout le temps d’acheter dans la journée… ou en duty free à l’aéroport (surtout si celuici est racheté par des fonds chinois) ! Ça ne fera pas un centime de chiffre d’affaire supplémentaire ! Ce qui sera acheté le dimanche ne le sera pas le lundi.

Le but réel du travail le dimanche est de remplacer la semaine de 35 heures par des horaires « à la carte », comme l’exige le Medef. Toutes les activités commerciales et annexes peuvent être concernées par la déréglementation voulue par le Medef  : vendre du parfum et de la fringue le dimanche, quel sens cela a-t-il  ?

Une question de société, de civilisation

Le dimanche, c’est un jour de repos collectif, socialisé, facilitant les rapports humains pour toutes les activités de loisirs, culturelles, associatives, citoyennes, familiales et même sportives ou religieuses. Il arrive qu’un étudiant veuille travailler le dimanche, mais ce ne durera pas pour lui, et plus tard, qui gardera les enfants, qui fêtera leur anniversaire si les parents travaillent le dimanche  ? C’est un vandalisme anti social que de supprimer un jour de repos commun, collectif, point de rencontre POUR TOUTES ET TOUS dans la société.

Remplacer la civilisation du loisir par celle du caddie : le caddie du 7e jour pour les salaries à Auchan, et le caddie pour le patron au golf ce jour-là.

Qui sont « les bricoleurs du dimanche » ?

Des braves gens qui pourraient faire leurs courses le vendredi après-midi s’ils bénéficiaient vraiment des 35 heures ou de la semaine de quatre jours.

Que défendent les syndicats hostiles au travail du dimanche ?

Le respect du principe du repos dominical voté en 1906 à l’unanimité par l’Assemblée nationale, et des dérogations limitées strictement aux nécessités. En vérité, on devrait réclamer le retour aux deux jours de repos consécutifs, dont le dimanche. La semaine de 5 jours (vers quatre jours de 8 heures) serait un minima et seule la réduction du temps de travail peut faire reculer le chômage de masse. Quant au salaire du dimanche dans les secteurs où il est contraint et nécessaire (santé, transports, loisir, restauration, alimentation, feux continus, etc…), oui, le salaire devrait être doublé par la loi avec repos compensatoire.

Bien sûr, il y a des travaux indispensables le dimanche, mais comme ceux de nuit ; donc des « dérogations » précise et motivées doivent être accordées, à condition qu’elles soient bien encadrées. Il faut qu’ils soient restreints et limités à ceux qui sont nécessaires et indispensables.