La profanation du Dimanche
Posté par David dans Paroles de Pasteurs le 15 mars 2010
Nous publions aujourd’hui la première partie d’une série de lettres publiées dans le livre :
La Profanation du Dimanche
Considérée au point de vue de la religion, de la société, de la famille, de la liberté, du bien-être, de la dignité humaine et de la santé
Par Monseigneur Jean-Joseph Gaume, Protonotaire apostolique Paris
Gaume frères et J. Duprey, éditeurs, 3, RUE DE L ABBAYE
Rien n’est propre à matérialiser un peuple comme la profanation du dimanche Un peuple matérialisé est un peuple fini.
Ière lettre : Raison et plan de cette correspondance
10 février
I
Monsieur et cher ami [1],
Pour répondre à vos désirs, je vous envoie quelques considérations sur la grande question, dont vous faites depuis longtemps l’objet d’une étude approfondie. Rien n’est plus digne, en effet, des Méditations d’un homme vraiment politique : la loi sacrée du repos hebdomadaire, étant le fondement de la Religion, est la sauvegarde des États. Aussi, vous avez mille fois raison de dire que si, en nos jours d’aberration, quelque chose avait le droit d’étonner, c’est assurément l’oubli général dans lequel on laisse un point de cette importance. Sans autre préambule, j’arrive à ma préface. Je la crois nécessaire ; mais, rassurez-vous, elle ne sera pas longue.
II
Vous le savez, cinq témoignages immortels appuient tous les dogmes catholiques : la parole de Dieu, qui les révèle ; le sang des martyrs, qui les confirme ; la haine des méchants, qui les attaque ; l’amour des bons, qui les défend ; le bonheur, qu’ils laissent à leur suite. Telle est, dans les temps ordinaires, la démonstration victorieuse de la foi. Cependant il arrive des époques de vertige où l’homme, emporté par l’orgueil, dominé par les sens, non seulement ferme les yeux pour ne point voir, et les oreilles pour ne point entendre ; mais encore essaye de tous les moyens, afin d’obscurcir la vérité qui l’importune. Pour ces jours néfastes, Dieu, réserve, en faveur de son œuvre, un dernier témoignage.
Semblable à la foudre, qui déchire l’épais nuage dont les vastes flancs interceptent les rayons du soleil, ce dernier argument dissipe toues les ténèbres amoncelées sur les intelligences. La vérité est montrée à l’homme comme elle lui fut montrée au sommet du Sinaï, à la lueur des éclairs et au bruit du tonnerre ; ou, comme au Calvaire, dans l’épouvante de l’humanité et dans l’ébranlement de toute la nature. Ce dernier argument de la Providence, ce sont les REVOLUTIONS.
À la suite de ces formidables ouragans, le sol, bouleversé et profondément entr’ouvert, laisse voir à nu les bases cachées des sociétés humaines. On aperçoit alors celles des grandes assises dont l’ébranlement a déterminé la catastrophe ; on découvre la mine qui est venue l’atteindre ; on comprend ce qu’il aurait fallu faire pour l’éventer, ce qu’il faut faire pour prévenir le retour de ces coupables attaques.
III
Depuis plus trois siècles, la Providence donne aux nations de l’Europe cette démonstration suprême. Pas un de nos dogmes dont la nécessité sociale ne soit aujourd’hui prouvée par une catastrophe. « La société est un fait divin ; le Symbole avec tous ses articles, le Décalogue avec tous ses préceptes, sans en excepter aucun, sont les conditions vitales des nations civilisées. » Voilà ce que disent les montagnes de ruines amoncelées sur le sol européen du nord au midi. Voilà aussi, et je me trouve heureux de le constater, ce qu’un vague instinct commence à faire pressentir aux hommes naguère les plus indifférents, pour ne pas dire les plus hostiles à la Révélation. Y revenir ou mourir, et cela sans délai, tel est le point actuel de la question dans l’Europe entière.
Les faciles développements de cette vérité m’entraîneraient trop loin. Le but de notre correspondance est d’appeler l’attention sur une de ces lois chrétiennes qui, elle aussi, est démontrée par des catastrophes. J’oserai même dire qu’ici la démonstration est plus complète et plus éclatante. En effet, si, en parlant de la nécessité des lois et des vérités catholiques, on pouvait admettre du plus et du moins, il serait manifeste que cette loi, plus que les autres, est indispensable à la société : j’ai nommé la loi de la sanctification du dimanche.
IV
La désastreuse influence de la violation du repos hebdomadaire, que je ne puis m’empêcher d’exprimer de nouveau mon douloureux étonnement de l’oubli profond dans lequel est restée cette cause essentielle de la maladie qui nous dévore. Pendant ces dernières années, une longue et noble lutte a été soutenue, par les catholiques de l’Europe entière, en faveur des libertés de l’Église, et par les catholiques de France en faveur de la liberté particulière de l’enseignement. La question est vitale, en effet. L’éducation, c’est l’empire ; car l’éducation, c’est l’homme. Qui d’entre nous ne l’a pas compris ?
Mais si l’éducation religieuse est nécessaire pour former des enfants chrétiens, n’oublions pas que la sanctification du dimanche peut seule assurer la persévérance de l’homme. Qu’au sortir des écoles catholiques les jeunes générations entrent dans un monde indifférent et antichrétien, elles ne tarderont pas, soyez-en sûr, à devenir elles-mêmes indifférentes et antichrétiennes. Or, toute nation qui ne respecte pas le jour sacré du repos et de la prière est une nation indifférente et antichrétienne, dont le contact est meurtrier pour les générations naissantes. Dès lors, tout espoir de salut disparaît : la société se condamne elle-même à une ruine inévitable.
V
D’ailleurs, toute illusion est désormais impossible. Nous touchons de la main à la plus grande catastrophe de l’histoire. Qu’on ne compte, pour la prévenir, ni sur le verbe humain, ni sur les gros bataillons. Si nous voulons être nous-mêmes nos sauveurs, nous ne sauverons rien, pas même un débris de ces biens matériels auxquels nous avons sacrifié tous les autres. Dieu seul, agissant dans la plénitude de sa miséricorde, peut nous retirer de l’abîme dans lequel nous sommes déjà à moitié plongés. Mais qui peut toucher en notre faveur son cœur paternel ? Une seule chose : le retour à lui.
Placés dans une situation moins grave que la nôtre, les peuples malades ne connurent jamais d’autre voie de salut : Ninive est un type immortel, un type obligé. Qui sait si ce n’est pas pour nous rappeler vivement l’exemple de la cité pénitente, que la Providence vient de nous envoyer ses gigantesques monuments ? Mais par où commencera le retour à Dieu, sinon par le repentir ? Quel sera le premier acte social de ce repentir, sinon l’accomplissement d’un devoir qui conduit à la pratique de tous les autres ? c’est-à-dire la sanctification du dimanche, sans laquelle, nous le verrons bientôt, tout retour social au christianisme est impossible ou illusoire.
VI
Il est plus vrai qu’on ne le pense, et surtout qu’on ne le dit : la France périt par la profanation du dimanche. Malgré les avertissements de tous genres qui lui sont prodigués, consommera-t-elle sa ruine ?… Dieu seul connaît ce redoutable mystère. À nous, qui l’ignorons, notre devoir est de combattre de toutes nos forces, et jusqu’au dernier soupir, en faveur de cette société mourante. En dégageant notre responsabilité, les efforts que nous tentons, si Dieu daigne les bénir, auront pour résultat d’arracher le malade au trépas, ou d’amortir, à l’égard de plusieurs, le terrible choc des événements que tout le monde redoute.
Afin de montrer la vérité dans tout son éclat et de ne laisser ni excuse à l’ignorance, ni prétexte à l’indifférence, ni subterfuge au mauvais vouloir, je vais examiner la question capitale de la sanctification du dimanche sous toutes ses faces ; en d’autres termes, je vais la présenter dans tous ses points de contact avec les intérêts de l’homme et de la société. Ainsi, j’ose dire à tous, riches et pauvres, maîtres et ouvriers, acheteurs et vendeurs, habitants des villes et habitants des campagnes : si vous voulez conjurer les fléaux suspendus sur vos têtes et échapper à la barbarie qui vous envahit, le plus pressant de vos devoirs est de faire cesser parmi vous la scandaleuse, la désastreuse profanation du dimanche. Oui, vous le devez ; et, du jour où vous le voudrez, vous le pourrez.
1° Vous le devez, si vous tenez encore tant soit peu à la religion de vos pères qui, après tout, est l’unique source des avantages temporels que vous estimez exclusivement. En effet, la profanation du dimanche est la ruine de la religion.
2° Si vous ne tenez plus à votre religion, vous le devez encore, si vous tenez à la société humaine qui protége votre fortune, votre liberté, votre vie. En effet, la profanation du dimanche est la ruine de la société.
3° Si vous ne tenez plus à la société, vous le devez encore, si vous tenez à la famille, le seul bien commun qui nous reste aujourd’hui. En effet, la profanation du dimanche est la ruine de la famille.
4° Si vous ne tenez plus à la famille, vous le devez encore, si vous tenez à la liberté, pour laquelle vous professez un culte si ardent. En effet, la profanation du dimanche est la ruine de la liberté.
5° Si vous ne tenez plus à la liberté, vous le devez encore, si vous tenez à votre bien-être, objet de tous vos labeurs. En effet, la profanation du dimanche est la ruine du bien-être.
6° Si vous ne tenez plus à votre bien-être, vous le devez encore, si vous tenez à votre dignité d’homme, à cette dignité dont vous vous montrez si jaloux. En effet, la profanation du dimanche est la ruine de la dignité humaine.
7° Si vous ne tenez plus à votre dignité d’homme, vous le devez encore, si vous tenez à votre santé et à la santé de ce qui vous est cher. En effet, la profanation du dimanche est la ruine de la santé.
Profanation du dimanche veut donc dire :
Ruine de la religion ;
Ruine de la société ;
Ruine de la famille ;
Ruine de la liberté ;
Ruine du bien-être ;
Ruine de la dignité humaine ;
Ruine de la santé.
Chacune de ces ruines sera l’objet d’une ou de plusieurs lettres, selon l’importance des développements. Comme vous le désirez, monsieur et cher ami, notre correspondance finira par l’indication des moyens de remédier immédiatement au mal. Je dis immédiatement ; car ces moyens sont à la disposition de tout le monde et d’une application aussi sûre que facile.
La longueur de cette lettre ne me permet pas d’entrer en matière aujourd’hui : je le ferai dans peu de jours.
Agréez, etc.
Il n’y a pas de ruée sur le travail dominical
Posté par David dans Actualité politique le 14 mars 2010
Les nouvelles dérogations au repos dominical créées par les lois Chatel et Mallié sont pour l’instant utilisées prudemment.
D’après l’I.N.S.E.E, 30,5 % des salariés français travaillaient déjà le dimanche en 2008. Les nouvelles règles du travail dominical ont-elles changé la donne ? « Il n’y a pas eu de ruée », constate Jean-Denis Combrexelle, qui dirige la Direction Générale du Travail. Ainsi, alors que la loi Chatel du 3 janvier 2008 donne le droit aux commerces de meubles d’ouvrir tous les dimanches, les entreprises du secteur sont loin d’y recourir intégralement.
« Nos magasins ne sont ouverts tous les dimanches qu’en région parisienne, et seulement trois à huit dimanches par an en province », explique-t-on chez Ikea. Toutefois, prévient Joseph Thouvenel, de la C.F.T.C, syndicat en pointe sur le repos dominical, « le problème, c’est que cette loi ne prévoit pas pour les salariés de majoration salariale, alors que, quand l’ouverture était exceptionnelle, ces principes étaient garantis par la convention collective. C’est une régression ! »
Quant à la loi Mallié, promulguée le 11 août 2009, elle autorise les maires des trois grandes unités urbaines de Paris, Lille et Aix-Marseille à demander au préfet la création d’un « périmètre d’usage de consommation exceptionnel » (P.U.C.E), où l’ouverture est possible tous les dimanches. Pour l’instant, neuf de ces périmètres ont été créés. Et « il n’y en a pas cinquante autres en préparation », précise-t-on à la Direction Générale du Travail.
A Plan-de-Campagne, le tarif horaire est majoré de 100 % à 110 %
« On légalise les délinquants », ironise Joseph Thouvenel, qui assure que « le préfet a autorisé un P.U.C.E. à Thiais-Village (Val-de-Marne), car il a considéré qu’il y avait une habitude de consommation dominicale, puisque les magasins ouvraient illégalement. Mais il a refusé le P.U.C.E. de Belle Epine, voisine, mais respectueuse de la loi. »
Cependant, précise Richard Mallié, député U.M.P. des Bouches-du-Rhône, « ma loi prévoit que le préfet ne délivre la dérogation à l’entreprise que si celle-ci prévoit un repos compensateur, un paiement double et le principe du volontariat ». Si le volontariat est difficile à établir, le paiement double est, semble-t il, appliqué.
À Plan-de-campagne, un P.U.C.E. près de Marseille, où le premier accord postérieur à la loi Mallié a été signé en décembre, le tarif horaire est bien majoré de 100 % à 110 % selon l’ancienneté. Dans le P.U.C.E. d’Usines Center de Paris Nord II (Val-d’Oise), «grâce à ce doublement, le travail dominical représentera un gain mensuel de 250 à 300 € », selon Djamel Bellal, président de l’association des commerçants.
«Les ouvertures illégales de supérettes se sont multipliées»
Dans les 566 communes et les 41 zones classées touristiques, où, troisième nouveauté, le travail dominical est désormais permis non plus pour les seuls commerces de loisirs mais pour tous, aucune contrepartie n’est en revanche obligatoire. Du coup, « certaines entreprises, comme le centre de thalassothérapie de Carnac, en Bretagne, qui prévoyait jadis des avantages aux salariés du dimanche, ont dénoncé leur accord pour proposer moins », précise Joseph Thouvenel.
Le cas de Paris inquiète aussi les syndicalistes. En novembre, le gouvernement a en effet transmis à la mairie une proposition d’extension des zones touristiques parisiennes aboutissant à faire passer de 500 à 10 000 les magasins ouverts. « Ce serait une brèche énorme ! » commente Françoise Nicoletta, à F.O, syndicat qui a attaqué la loi Mallié devant l’Organisation Internationale du Travail. Mais, temporise Lyne Cohen-Solal, adjointe au commerce à la mairie de Paris, qui conduit les concertations, « nous ne sommes pas sûrs que nous allons proposer des modifications ».
En revanche, alors que, dernière nouveauté, la loi Mallié prolonge jusqu’à 13 H 00 (au lieu de midi auparavant) les dérogations au repos dominical des commerces alimentaires, « à Paris, dénonce Françoise Nicoletta, les ouvertures illégales de supérettes au-delà de 13 H 00 se sont multipliées ». « Pour l’instant, conclut-elle, le bilan des nouvelles dérogations est limité, mais, dans cinq ans, il risque d’être beaucoup plus lourd.»
Première conférence européenne sur la protection du caractère férié du Dimanche
Posté par David dans Actualité politique le 8 mars 2010
Une conférence pour relancer le débat sur la protection du dimanche au niveau européen se tiendra le mercredi 24 mars au Parlement européen à Bruxelles. Elle est organisée par les députés européens Thomas Mann (PPE, Allemagne), Patrizia Toia (S&D, Italie) et la Fondation Konrad Adenauer et elle est soutenue par des syndicats européens, des organisations de la société civile et les Eglises.
László Andor, le nouveau Commissaire européen chargé de l’Emploi et des Affaires sociales s’exprimera sur le sujet ainsi que de nombreux experts et députés européens.
Vous pouvez confirmer votre participation auprès du bureau de l’eurodéputé Thomas Mann jusqu’au 12 mars 2010 (cf. p. 2 de l’invitation).
N’hésitez pas à faire parvenir cette invitation à vos membres, collègues et amis !
Téléchargez :
- l’invitation (475 KB)
- le programme (91 KB)
Allemagne : document commun entre catholiques et orthodoxes sur le dimanche
Posté par David dans Actualité politique le 8 mars 2010
Lu sur Zenit.org :
Un document commun sur la signification du dimanche a été présenté, le 2 mars à Ratisbonne par la Commission conjointe de l’épiscopat allemand et de l’Eglise orthodoxe en Allemagne, a rapporté L’Osservatore Romano dans son édition du 5 mars.
Intitulé L’année ecclésiastique dans la tradition de l’Orient et de l’Occident – Le dimanche, jour de fête d’origine des chrétiens – le document évoque la manière dont le « Jour du Seigneur » s’est développé dans les deux Eglises sœurs, accentuant sur les points communs et les différences.
Cité par L’Osservatore Romano, Mgr Gerhard Ludwig Müller, évêque de Ratisbonne, affirme combien cette initiative peut « contribuer à encourager le respect et la compréhension réciproques ».
Première initiative citoyenne européenne : « Maman et Papa sont à nous le dimanche ! »
Posté par David dans Actualité politique le 28 février 2010
Lu sur federation-pro-europa-christiana.org, UNE INITIATIVE A SOUTENIR ET A DIFFUSER ! !
Le député européen allemand Martin Kastler vient de lancer, à Strasbourg, la première initiative citoyenne européenne.
Sous le slogan « Maman et Papa sont à nous le dimanche », la pétition démarrée par ce membre de la C.S.U. bavaroise demande que le Jour du Seigneur demeure non ouvrable au profit de la vie familiale.
En effet, le député Kastler ne mâche pas ses mots pour déplorer la dégradation du repos dominical : « Le dimanche non ouvrable fait partie de la culture européenne. Il nous donne du temps pour la famille, le repos, des rencontres, pour le volontariat et la religion. Combien plus pauvre serait une vie qui n’aurait que des jours de travail ! »
C’est l’article 11.4 de la version consolidée du Traité de l’Union européenne qui autorise désormais un million ou plus de citoyens de pays membres de l’UE à soumettre à la considération de la Commission européenne une proposition destinée à combler un vide légal dans l’application des traités institutionnels.
« Maman et Papa sont à nous le dimanche » vise à garantir un dimanche non ouvrable partout en Europe parce que cela fait partie de l’héritage culturel européen. Non seulement les enfants ont besoin d’un jour consacré à la famille, mais tout le monde, en fait, a besoin de temps libre pour se détendre et pour participer à la vie sociale et religieuse.
M. Kastler pense que ces enjeux méritent l’emploi du mécanisme de participation citoyenne introduit par le traité de Lisbonne : « Il s’agit d’une fenêtre d’opportunité, a-t-il déclaré, pour montrer publiquement que nous, les citoyens, voulons bien plus que de simples élections européennes ».
Le député est convaincu que « cette initiative fortifiera la démocratie directe dans l’UE ».
Nous lui souhaitons une belle réussite !
Travail dominical : prime à la délinquance
Posté par David dans Actualité politique le 28 février 2010
Lu sur Le Salon Beige, cet article de Michel Janva :
La loi du 10 août 2009 prévoit la possibilité de créer des périmètres d’usage de consommation exceptionnel (P.U.C.E). A l’intérieur de ces zones, délimitées par le préfet après une demande de la municipalité, un commerce de détail peut faire travailler ses salariés le dimanche à condition qu’ils soient d’accord et que leur rémunération soit majorée. De plus, dans les communes « d’intérêt touristique ou thermal » et dans les « zones touristiques d’affluence exceptionnelle » (définies là aussi par le préfet sur requête des maires), les établissements de vente au détail sont autorisés à ouvrir le dimanche ; mais contrairement aux P.U.C.E, les employeurs ne sont pas obligés d’accorder des compensations à leurs personnels.
Aujourd’hui, 11 P.U.C.E. ont été définis, mais leur nombre va progresser car des communes ont déposé ou s’apprêtent à déposer une demande. C’est, par exemple, le cas d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), où se trouve un magasin Leroy-Merlin ouvert tous les dimanches depuis des années. « Par pragmatisme », une majorité de conseillers municipaux ont voté la mise en place d’un P.U.C.E, quasiment limité à ce seul établissement, afin qu’il puisse rester ouvert le dimanche.
« Grâce à cette loi », ces magasins sont sortis de l’illégalité, ce qui fait dire à Joseph Thouvenel, de la C.F.T.C, qu’ils ont touché « une prime à la délinquance ».
Dimanche : les fausses routes morale et politique
Posté par David dans Actualité politique le 21 février 2010
Encore une excellent article de Hélène Bodenez de Liberté Politique :
Il faut l’admettre : les chrétiens de France se sont peu engagés dans le combat politique du dimanche chômé. Beaucoup sont tombés dans le panneau de la négociation. L’histoire dira s’il était sage de plaider le compromis, mais pour beaucoup, hélas, la défense du dimanche chômé est un sujet secondaire. Comment en est-on arrivé là ?
Les motifs de déception sur la motivation des catholiques de France ne manquent pas. On pense d’abord à ces « hommes sérieux » qui, au nom d’une idéologie éclairée, pensent qu’il y va de « l’éthique de la responsabilité » dans la remise en cause d’un même jour chômé pour tous. Ne les voit-on pas toiser ces pauvres défenseurs d’un monde ancien, englués qu’ils sont encore dans leur « éthique de conviction [1] », sans souci des conséquences de leurs actions ?
Schizophrénie
Fort heureusement, les tenants de « l’éthique de la responsabilité », conscients des effets de leurs actes, font tout ce qu’ils peuvent politiquement pour limiter les effets de leurs modestes certitudes !
À y regarder de plus près pourtant, les conséquences de la loi Mallié ne prouvent pas, loin s’en faut, qu’un grand sens des responsabilités se soit manifesté parmi ses partisans. Parlons plutôt de basse morale de situation : les difficultés rencontrées dans les mises en application révèlent plutôt un pataquès kafkaïen, et on est loin du surplus de consommation attendu pour relancer la croissance, n’en déplaise à Monsieur Attali !
Rien d’autre dans cette autojustification que la fameuse dialectique weberienne qui, justement, porte une lourde « responsabilité » dans la crise morale de la politique contemporaine. Rappelons que cette fallacieuse opposition entre conviction et responsabilité, qui n’est rien d’autre qu’une schizophrénie morale, a été fermement condamnée par l’Église, du concile Vatican II qui appelle à « l’unité de vie » des chrétiens, aux encycliques de Jean Paul II comme Evangelium vitae par exemple ou à la Note doctrinale du cardinal Ratzinger sur l’engagement politique des catholiques. Si le bien moral universel objectif est inscrit dans la conscience de l’homme, le responsable du bien commun ne peut pas désobéir à sa conscience dans l’exercice de ses responsabilités. Disons-le tout net : ce relativisme de conviction est précisément irresponsable.
Pratiquement, la question est de savoir si celui qui fait travailler le dimanche se rend coupable d’un manquement à la morale commune : la réponse est clairement oui puisqu’il transgresse l’interdit de travail permanent posé par le code d’éthique universel que sont les Dix Commandements. Allons plus loin : à la question de savoir si à certaines conditions, on peut travailler le dimanche, certains cas possibles ont été depuis longtemps explorés par l’Eglise « experte en humanité », comme celui par exemple de travailler pour obéir à un supérieur.
N’est-il pas dès lors aggravant que les « supérieurs » de ce monde, qui entre autres votent les lois, obligent [2] les « subordonnés » à travailler le dimanche ? Ne sont-ils pas doublement coupables ? et d’autant plus coupables s’ils sont chrétiens et qu’ils relèguent à tort dans la sphère de l’éthique de conviction l’obéissance à leur conscience ? Les patrons dits chrétiens ou les éditeurs chrétiens qui relaient le poison de la schizophrénie morale commettent là des actes graves.
Sociologie
L’autre motif de déception n’est pas moral mais théologique et spirituel : un livre écrit par un prêtre.
Là encore, nous avons toutes les apparences de grand sérieux avec cette somme de type universitaire à forte teneur sociologique, cinq cents pages pour un titre qui en dit long : Le Dimanche en déroute … Les pratiques dominicales dans le catholicisme français au début du IIIe millénaire (Médiaspaul), préfacé par Mgr Albert Rouet.
À la fin de l’ouvrage, l’auteur avoue que son « travail a nettement montré les limites de l’option du “tout eucharistique” » (sic) (p. 441). Après des propositions de schémas de liturgies dominicales, notamment sans eucharistie tout en gardant le « souci de la dimension du mémorial », l’auteur annonce un angle de pastorale pratique : « Sortir de la logique du “tout eucharistique” ou rien. »
Quoi de plus triste que ce livre qui avalise l’enterrement du dimanche, pire, qui cherche de quoi vivre cette mort au lieu de voir les vraies causes du problème. Étrange que ce soit les fossoyeurs du dimanche depuis tant d’années qui viennent ensuite donner des leçons jargonnantes. Sont-ils les mieux placés pour en parler ? On n’est pas loin de l’apostasie dont parlait Jean-Paul II en ce qui concerne l’Eglise qui est en Europe.
Pourquoi ne pas rappeler à ces oublieux chrétiens, comme le fait par exemple Jean-François Froger avec son Maître du Shabbat (Ed. grégoriennes), que l’interdit de travailler ce jour-là, qui n’est pas réduit au seul « interdit du commerce », révèle un statut du corps, corps destiné à la résurrection et que pour le prévenir de ne pas s’aliéner à l’usage du monde créé, le commandement auquel l’homme doit se soumettre est prophétique ? que l’eucharistie, sens du dimanche, irruption du monde à venir dans notre temps humain, est la raison du dimanche ? qu’il faut tout mettre en œuvre au contraire pour entrer dans l’option du « tout eucharistique », l’option de la nouvelle manne donnée le dimanche ?
Un petit roman comme celui de Gaspard-Marie Janvier, Le Dernier dimanche (Mille et une nuits), rappelant ces évidences, fait plus de bien que ces cinq cents lourdes pages aux allures faussement ecclésiales, compagnes de la déroute du dimanche.
[1] Avec de surcroît l’idée que la conviction n’est pas extérieure à soi, comme l’est par exemple la notion de valeur.
[2] Car tout le monde l’admet, le volontariat n’existera pas.
L’Europe se penche à nouveau sur le repos dominical
Posté par David dans Actualité politique le 14 février 2010
Quand Hélène Bodenez de Liberté Politique nous redonne espoir :
» Un an tout juste après l’échec d’une tentative parlementaire européenne de protéger le dimanche chômé, les évêques de la COMECE relance le débat.
Février 2009 : une déclaration écrite lancée par cinq eurodéputés demandait la protection du « dimanche férié comme pilier essentiel du modèle social européen et composante de l’héritage culturel de l’Europe ». Parallèlement, une autre déclaration était déposée sur le bien être des animaux domestiques et des chiens errants… Les deux déclarations écrites, d’une importance inégale, on en conviendra ! furent déclarées caduques en mai, n’ayant pas reçu la majorité absolue des signatures. Mais contre toute attente, c’est la deuxième déclaration qui obtint le plus de signatures (trente de plus que la première).
10 février 2010 : le quotidien La Croix fait état d’une rencontre officielle des responsables européens avec des représentants religieux. Parmi les sujets abordés, et que les évêques catholiques réunis au sein de la COMECE veulent suivre tout particulièrement, le travail du dimanche et la protection animale.
On voit que nos deux sujets, sans lien, continuent d’être abordés de manière parallèle. Sur ces deux points au moins, l’Eglise catholique n’a pas dit son dernier mot et voudrait être entendue lors de l’élaboration du texte de la nouvelle commission sur le temps de travail et que soit reconnu le dimanche comme le jour par principe de repos hebdomadaire.
Certes, on s’attend que les sempiternels arguments de « la concurrence loyale » empêchée par la fermetures des magasins le dimanche et qui favoriseraient le commerce en ligne soient avancés. Loyale, cette concurrence ? En France, ce serait plutôt l’inverse depuis la loi Mallié votée en août 2009. Avec la très difficile mise en application de la loi, pas de réelle consommation supplémentaire, mais sans doute déplacement de la consommation vers les grandes surfaces et la grande distribution. Ce n’est pas à proprement parler cela qu’on peut appeler loyauté.
Cette fois-ci, il n’y aura donc pas d’acte manqué, espérons-le, et l’Eglise profitera sans nul doute d’appuis syndicaux forts comme un épisode récent en Allemagne l’a montré.
L’autre sujet brûlant concerne la protection animale : il s’agit de limiter les tests scientifiques sur les animaux. L’Eglise ne cache pas sa préoccupation : cette réduction en vue du bien être des animaux, ne conduira-t-elle pas à vouloir poursuivre l’expérimentation sur des fœtus, embryons et cellules souches humaines ? La COMECE redoute à juste titre que l’on ne tende alors à « gommer la différence fondamentale entre l’homme et l’animal ».
Espérons que le « dialogue approfondi» que les évêques catholiques espèrent avec les institutions européennes ne soit pas un vain mot. Un succès dans ce domaine ne serait pas sans retombées intéressantes envers une institution qui n’attire plus la confiance, stigmatisée même par tant de déceptions. »
