La chronique de JT
Posté par David dans Actualité religieuse le 25 janvier 2010
La chronique économique et sociale de Joseph Thouvenel.
Vu sur le site de la CFTC. (cliquer sur le lien pour entendre la chronique)

La semaine dernière, tirant un bilan de quelques événements de 2009 pour nous inciter à l’action en 2010, je vous disais que malgré l’attachement d’une forte majorité de Français au repos dominical, le législateur, profitant de l’assoupissement estival, avait voté une foi favorisant le travail le dimanche.
Et pourtant, cette opposition de nos compatriotes, nous avions pu la mesurer à l’occasion du sondage, Radio Notre Dame, CFTC, Famille Chrétienne et RCF que nous avions commandée à l’IPSOS. Quels sont les principaux enseignements de ce sondage ?
1) Une très forte majorité de salariés ne veut pas travailler régulièrement le dimanche : 64 %. Cette proportion monte à 68,1 % en Ile de France.
2) Ce sont ceux qui ne sont pas encore, ou plus, dans la vie active qui sont, tout en restant minoritaires, les moins opposés au travail du dimanche.
Les 15-19 ans 35,7 % se disant d’accord pour travailler le dimanche
Les 60-69 ans sont 34,9 % à se dire d’accord pour travailler le dimanche.
Alors que les 35-44 ans ne sont que 17,2 %.
En gros, vous n’êtes pas encore sur le marché du travail ou vous êtes à la retraite et vous avez la plus forte minorité pour le travail du dimanche.
Vous êtes en activité avec charge de famille, vous dites « je suis contre ».
3) 84 % des français considèrent comme primordial ou important pour la vie familiale, associative, culturelle ou religieuse, que le dimanche reste le jour de repos commun à la plupart des salariés.
76,9 % de ceux qui travaillent le dimanche considère également comme primordial ou important, que le dimanche reste le jour de repos commun à la plupart des salariés.
C’est-à-dire que même ceux qui travaillent dans les services publics, dans les services de santé, ceux qui font fonctionner l’économie le dimanche, nous disent il faut préserver ce temps.
4) 63 % des français ne croient pas au volontariat pour travailler le dimanche.
Plus on est proche des postes de décideur dans l’entreprise, moins on y croit. 85,3 % des cadres supérieurs pensent que les salariés n’auront pas la possibilité de refuser de travailler le dimanche si l’employeur leur demande.
C’est-à-dire, plus je suis proche de celui qui va prendre la décision de dire à des gens : vous devez venir travailler le dimanche, moins je crois au volontariat.
Alors pourquoi cet acharnement, ce torrent de mensonges, cette pression sur les médias ?
- Promesse du Président Sarkozy ?
Mais la promesse était que ceux qui travailleraient le dimanche, seraient volontaires et payés doubles. Ce qui n’est pas inscrit dans la loi, à l’exception marginale de 3 zones géographiques.
- Volonté de régulariser des situations de fait, nous a-t-on dit.
Cela pose le problème moral de changer la loi pour régulariser des délinquants économiques qui ont vécus au détriment de leurs concurrents, qui eux ont respectés les textes.
Les conséquences sont par exemple sur une commune comme Thiais dans le Val de Marne, de voir la loi Mallié autoriser un centre commercial à ouvrir le dimanche au motif qu’il ouvrait déjà avant la loi, et ce en toute illégalité et malgré les condamnations devant les tribunaux. Un autre situé à quelques centaines de mètres du premier n’a pas ce droit, motif : il respectait la loi précédente.
Accorder des avantages aux délinquants, voici une novation de l’année législative 2009. Nous sommes bien loin de la tolérance zéro, prônée par certains.
Allez ensuite expliquer aux jeunes de Thiais qu’il faut respecter la loi qui formalise le contrat social permettant à tous de vivre en bonne intelligence. Ils vous répondront « oui, tu as raison mon frère, sauf que quand il y a du business, c’est ça la loi ».
RAVAGEUR !
Alors, pourquoi un si mauvais texte a-t-il été voté au risque de voir exploser la majorité présidentielle ?
La réponse ne serait –elle pas dans l’acharnement d’une petite minorité agissante à voir s’imposer des valeurs uniquement matérielles. L’Homme étant, pour elle, issu d’un accident cosmique dû au hasard. Nous ne sommes qu’un empilement d’atomes en mouvement, la religion n’étant que calembredaine pour bambins ou vieilles femmes.
Simple question à ces puissants raisonneurs : Et le cosmos, il sort d’où ?
Mgr Brincard enfonce le clou le 15 août
Posté par David dans Paroles de Pasteurs le 1 septembre 2009
Extrait de l’allocution à l’évêché du Puy pour la fête de l’Assomption de la Très sainte Vierge Marie :
…
Une nouvelle loi élargit les possibilités de travailler le dimanche. Je ne suis pas le seul dans l’épiscopat à m’en inquiéter sérieusement. En défendant le principe intangible du repos dominical, principe souffrant des exceptions mais non point des dérogations, l’Eglise catholique souligne que le Jour du Seigneur est aussi « le jour de l’homme » (Jean-Paul II, Lettre apostolique Dies Domini, chap. 4), un jour favorisant donc la cohésion sociale tout en demeurant le signe nécessaire que « l’homme ne vit pas seulement de pain » (Lc 4).
Le Dimanche « nous met à l’abri des tentations »
Posté par David dans Paroles de Pasteurs le 17 août 2009
Propos de Mgr Brincard, évêque du Puy-en-Velay lu sur le salon beige :
« Je crains que la loi telle qu’elle a été votée ne favorise l’évolution des mentalités, évolution consacrant un peu plus le triomphe de l’argent devenu Dieu. Le dimanche est un jour de joie et de solidarité. De joie car c’est le temps d’un repos physique mais aussi d’un repos du cœur. C’est donc le jour où la famille se retrouve, où on visite sa famille et ses proches ou ceux qui sont seuls et dans la peine. Pour cela, il faut du temps. Le dimanche, enfin, c’est le jour du Seigneur et c’est le jour de l’Homme. Je pense que ce jour nous met à l’abri des tentations auxquelles on cédera inévitablement si on ne met pas des garde-fous. »
Travail dominical : la Ligue des Droits de l’Homme intervient
Posté par David dans Actualité politique le 13 août 2009
La Ligue des Droits de l’Homme (L.D.H) a réagi à la validation de loi sur le travail dominical par le Conseil constitutionnel :
Pour la L.D.H, la loi « introduit une inégalité entre les salariés selon le lieu de leur travail, diminuant ainsi les garanties d’égalité pourtant affirmées par le préambule de la Constitution ». « La L.D.H. constate que le Conseil constitutionnel valide ainsi, et à l’inverse du discours officiel, la possibilité de travailler plus et dans de moins bonnes conditions pour gagner moins », poursuit le communiqué.
Travail dominical : censure constitutionnelle du statut particulier de Paris
Posté par David dans Actualité religieuse le 6 août 2009
A.F.P :
Le Conseil constitutionnel a censuré aujourd’hui le statut particulier prévu pour Paris dans la loi sur le travail du dimanche, car elle privait le maire de la capitale du pouvoir, dévolu aux maires d’autres communes, de proposer des extensions d’ouvertures.
Les sages du Palais Royal ont jugé constitutionnels tous les autres articles du texte dont ils avaient été saisis le 27 juillet par les parlementaires de gauche.
L’opposition avait dénoncé des « inégalités de traitement » entre salariés et entre territoires dans ce texte sur l’extension des ouvertures dominicales d’activités, voulu absolument par le président Nicolas Sarközy.
Proposition de loi du député U.M.P. Richard Mallié, le texte avait, après plusieurs moutures et beaucoup de contretemps, été adopté définitivement le 23 juillet.
Il vise à légaliser des ouvertures dominicales pratiquées illégalement dans une quinzaine de zones commerciales autour de Paris, Lille et Marseille (les Puce), mais pas Lyon où de nombreux élus y sont hostiles.
Il élargit aussi les possibilités de dérogations aux zones et communes « d’intérêt touristique » ou thermales.
Soit, selon le gouvernement, 500 communes, l’opposition parlant pour sa part de 6000 communes concernées.
La loi définissait un régime particulier pour la ville de Paris. Le maire de celle-ci n’avait en effet pas le pouvoir de proposer le classement de sa commune ou de zones de celle-ci.
Ce droit lui est donc redonné par les sages présidé par Jean-Louis Debré.
« Aucune différence de situation ne justifie » que le pouvoir de proposition de classement en zones touristiques autorisant des ouvertures dominicales « ne soit pas confié au maire de Paris, comme dans l’ensemble des autres communes », a jugé le haut conseil.
Le repos dominical du Président de la République
Posté par David dans Actualité politique le 30 juillet 2009
Que des faits malheureux puissent avoir valeur d’avertissement, cela est certain. Et nous verrons, sans nous en réjouir, une certaine ironie à ce que le Président de la République soit obligé à un « repos relatif » la semaine où le Sénat, après l’Assemblée, a remis en cause le principe séculaire de la France qui se repose le dimanche.
Force est de constater, sans irrespect aucun, que c’est pendant un jogging « dominical » que le malaise est survenu, et que c’est encore par la force des choses que le Chef de l’État a dû se reposer « un dimanche » non pas à la campagne mais à l’hôpital, et pas un autre jour… Ainsi donc du dimanche d’un Président empêché et obligé, malgré lui, de respecter ce jour à part dans la semaine.
On voudra bien se souvenir alors en souriant de la clairvoyance d’Alain Finkielkraut lorsque le philosophe batailleur avait adressé à Nicolas Sarközy une supplique comique lors d’un passage à la télévision[1] : il n’avait ni plus ni moins osé demander au nouveau Président d’arrêter son jogging. Cela ne le faisait pas voir, à son sens, sous un jour assez digne et il lui proposait alors plutôt « la merveille de la promenade » :
« L’Occident dans ce qu’il a de beau est né de la promenade : Aristote se promenait, c’est un péripatéticien ; les chemins qui ne mènent nulle part de Heidegger ; Rimbaud vagabondait. La promenade, c’est une expérience sensible, spirituelle. »
Développant son propos, l’auteur de Nous autres, modernes (Ellipses, 2005) avait fustigé alors la culture du corps qui découle du jogging :
« Le jogging, c’est la gestion du corps, (la gestion du corps, tout le monde a le droit !) mais ce n’est pas la peine de le montrer et quand on le montre c’est le triomphe définitif, si vous voulez, du calcul de l’affairement […] sur quelque chose qui aurait à voir avec la conversation, la méditation, la longueur de temps. […] je n’ai pas envie voir un Président de la République qui joggue tous les jours… »
En réalité, c’était toute la problématique du dimanche, en arrière plan, qui se dessinait déjà, non ? Dimanche – Autres jours de la semaine/ Travail – Repos / Jogging – Promenade… Et Finkielkraut, d’avoir raison, une fois de plus…
[1] Extrait de Mots Croisés, France 2, lundi 21 mai 2007, 23 H 10 min
Le sens du temps gratuit
Posté par David dans Actualité politique le 28 juillet 2009
Extrait de l’éditorial de Paula Boyer, rédactrice en chef du Pèlerin d’aujourd’hui :
Finalement, l’obstination a prévalu. La loi péniblement mais définitivement votée la semaine dernière, accorde des possibilités de dérogations plus nombreuses au principe du repos dominical. Pourtant, l’idée, issue des promesses de campagne de Nicolas Sarközy au temps du « travailler plus pour gagner plus », avait rallié contre elle, non seulement les partis de gauche et les syndicats, mais les Eglises, les associations familiales et nombre d’élus de la majorité. En vain. Nicolas Sarközy est passé outre.
Toutes les réticences ont cependant contribué à retarder le vote, et à édulcorer le projet initial. Au reste, l’affaire n’est pas encore définitivement entendue : le Conseil constitutionnel, saisi par les socialistes, pourrait recaler plusieurs dispositions. Faut-il pousser un soupir de soulagement puisque le repos dominical reste la règle générale ? Sans doute. Faut-il être tout à fait rassuré ? Non. Certes, les optimistes diront que cette loi se contente de régler les cas litigieux de la région parisienne et de Plan de Campagne. Malheureusement, ce texte porte aussi en lui le germe d’une banalisation de l’ouverture des magasins le dimanche.
Était-ce l’urgence dans une France en crise ? Il est paradoxal de faire une concession supplémentaire à la marchandisation de la société quand une grave récession née de la crise financière pointe plutôt la nécessité de remédier aux dérives du capitalisme mondialisé, de l’argent facile, de la frénésie consumériste. Ce dont notre société a besoin, c’est de retrouver le sens du temps gratuit, du lien social et familial, de la spiritualité, de la convivialité, de la joie de vivre. C’est aussi d’aller vers un mode de développement plus sobre, plus respectueux de la planète et des êtres humains.
Travail dominical : dépôt du recours de l’opposition au Conseil constitutionnel
Posté par David dans Actualité politique le 27 juillet 2009
A.F.P :
Les députés et sénateurs P.S, P.C.F, P.R.G, M.R.C. et Verts ont déposé lundi un recours devant le Conseil constitutionnel pour qu’il censure la proposition de loi sur le travail le dimanche votée par le Parlement en milieu de semaine dernière, ont-ils indiqué dans un communiqué.
« Le principal grief vise les inégalités de traitement que va générer ce texte entre les salariés et entre les territoires », ajoute le communiqué.
« Nous avons l’honneur de vous déférer, en application du second alinéa de l’article 61 de la Constitution, l’ensemble de la loi réaffirmant le principe du repos dominical et visant à adapter les dérogations à ce principe dans les communes et zones touristiques et thermales ainsi que dans certaines grandes agglomérations pour les salariés volontaires, telle qu’adoptée par le Parlement », écrivent les parlementaires au Conseil constitutionnel.
Selon eux, la loi est « viciée d’un quadruple point de vue au moins: la violation des 10e et 11e alinéas du préambule de la Constitution de 1946 qui garantissent le droit au repos du travailleur et le droit de mener une vie familiale normale », « la méconnaissance du principe de clarté et de l’objectif de valeur constitutionnelle d’intelligibilité et d’accessibilité de la loi », « la violation du principe d’égalité » et « la libre administration des collectivités territoriales ».
Le Parlement a entériné dans la nuit de mercredi à jeudi, mais de justesse, après un ultime vote du Sénat, le texte U.M.P. sur l’extension du travail dominical, voulu coûte que coûte par Nicolas Sarközy.
La proposition de loi U.M.P. a été votée par 165 voix contre 159. C’est la plus faible majorité recueillie par un texte au Sénat depuis la rentrée parlementaire.
L’opposition pointe notamment l’inégalité entre salariés travaillant le dimanche, selon la zone géographique où travaillent leur employeur, grande zone commerciale ou zone et communes touristiques.
Selon elle, « le fait qu’à Paris, (…) ce soit le préfet qui décide seul, sans proposition du Conseil municipal ou sans proposition de son maire, voire sans que ni l’un ni l’autre ne soit consulté, contrairement à toutes les autres communes de France, crée une dérogation au principe d’égalité qui n’est justifiée par aucun critère objectif en rapport avec l’objet de la loi et par conséquent est contraire au principe d’égalité devant la loi ».
« De tous ces chefs », « la censure est certaine », assurent les parlementaires.
Pour les députés et sénateurs de l’opposition, « l’invalidation de la loi est d’autant plus nécessaire que ses promoteurs, conscients de l’impossibilité de remettre en cause de façon directe le principe du droit au repos dominical, ont dès lors tenté de contourner cet obstacle au prix d’un texte d’une imprécision et d’une complexité constituant au final une malfaçon législative majeure qui ne peut devenir droit positif ».