» Au septième jour, Dieu chôma après tout l’ouvrage qu’il avait fait » (Gn 2, 2): les hommes aussi, créés à son image, doivent jouir d’un repos et d’un temps libre suffisants qui leur permettent de s’occuper de leur vie familiale, culturelle, sociale et religieuse. C’est à cela que contribue l’institution du jour du Seigneur. Le dimanche et les autres jours de fête de précepte, les croyants » s’abstiendront de se livrer à des travaux ou à des activités qui empêchent le culte dû à Dieu, la joie propre au Jour du Seigneur, la pratique des œuvres de miséricorde et la détente convenable de l’esprit et du corps « . Des nécessités familiales ou des exigences d’utilité sociale peuvent légitimement exempter du repos dominical, mais elles ne doivent pas créer des habitudes dommageables à la religion, à la vie de famille et à la santé.

§ 284 du Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise
#1 by michel on 16 janvier 2008 - 2:17
Selon la signification théologique du dimanche, la messe, en renouvelant le sacrifice rédempteur du Christ, et le sacrement de l’Eucharistie, en réalisant dès ici-bas notre union au Christ par la communion sacramentelle ou spirituelle, constitue dès lors le cœur du culte rendu à Dieu le jour qu’il s’est réservé. L’Eglise n’a cessé de proclamer avec une force croissante cette obligation d’adorer Dieu le dimanche par l’assistance à la messe. Dès les temps apostoliques (« Ne désertez pas votre propre assemblée » (Epître aux Hébreux, 10, 25), puis à travers des Conciles particuliers au 1er millénaire, et enfin dans le Code de droit canon depuis 1917.
Pendant trois siècles, la sanctification du dimanche s’est faite au prix de nombreux sacrifices puisque le caractère chômé du dimanche n’existait dans aucune région de l’Empire romain avant un édit de 321 donné par Constantin, 1er empereur chrétien.
Depuis cet édit, l’Eglise a toujours rappelé aux princes et chefs d’Etat leur obligation d’assurer le respect du dimanche. Le nouveau catéchisme de Jean-Paul II rappelle cette obligation : « Les chrétiens ont à faire reconnaître les dimanches et jours fériés de l’Eglise comme des jours fériés légaux » (§ 2188).
La France n’a malheureusement pas toujours répondu aux demandes de l’Eglise. Depuis le XVIIIe siècle, s’est développé tout un courant favorable au travail le dimanche. Le caractère chômé du dimanche n’est aujourd’hui garanti que par la loi du 13 jullet 1906, d’esprit laïciste, votée par les mêmes députés qui votèrent la Séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Au XVIIIe siècle, les “Philosophes” développent un argumentaire économique en faveur du travail du dimanche. L’article “Dimanche” de l’Encyclopédie explique que le dimanche doit être travaillé pour l’enrichissement de tous.
1793-1805 : calendrier républicain instituant décadi contre le dimanche.
1802-1814 : dimanche chômé garanti seulement pour les fonctionnaires.
1814 : les Bourbons rétablissent le caractère chômé du dimanche ; une ordonnance et une loi prévoient des sanctions contre ceux qui font travailler le dimanche.
1830-1880 : depuis Louis-Philippe d’Orléans, les sanctions prévues par les lois de 1814 ne sont plus exécutées. Dans les régions les plus industrialisées, la pratique dominicale recule rapidement au point de faire place à une culture contestataire du “Saint-Lundi” préféré au dimanche dans certains milieux ouvriers. Les zones rurales sont moins touchées.
1880 : abolition des lois de 1814. Le dimanche peut être travaillé comme tout autre jour, l’employeur est juge d’accorder ou non un jour de repos hebdomadaire et libre de fixer ce jour.
1880-1906 : fort mouvement de contestation de la loi de 1880. Les efforts des députés catholiques sociaux échouent pour rétablir la loi de 1814. Leur défense du caractère familial du dimanche trouve cependant des échos à gauche. Des arguments hygiénistes et économiques vantent les bienfaits strictement naturels d’un repos hebdomadaire (temps pour refaire ses forces physiques, entretien de la santé par les promenades dominicales…). Quelques assouplissements de la loi de 1880 sont alors obtenus en faveur des femmes et des mineurs. Ce n’est qu’après la séparation de l’Eglise et de l’Etat qui leur donnait une sorte de caution anticléricale auprès de leurs électeurs que les députés concèdent un jour de repos fixé au dimanche pour tout le pays. L’idée d’accorder un jour de repos hebdomadaire librement fixé par les employeurs ou élus locaux est abandonnée pour simplifier le travail de l’Inspection du travail, le dimanche n’est accepté que parce que c’est le jour le plus communément accordé pour les femmes et mineurs et par les entreprises qui donnent déjà un jour de repos. La déchristianisation est déjà suffisamment avancée pour que le dimanche ne revêtent plus pour certains qu’un caractère de jour pour la fête ou la famille. La loi de 1906 n’est vraiment appliquée qu’après la guerre.
Depuis la fin des années 1980, se développe une pression des grandes surfaces (hors commerce de bouche dans un premier temps) puis de tout type de commerce pour obtenir une libéralisation ou suppression de la loi de 1906. Outre la rentabilité économique et l’augmentation des emplois, les arguments invoqués reprennent l’argument familial de 1906 en le détournant : cela répondrait à une demande des consommateurs pour faire leurs courses de loisirs et leurs activités culturelles en famille le dimanche. Un rapport du Conseil économique et social en 1989 a cependant détruit chacun de ces arguments : l’abolition de la loi de 1906 entrainerait la destruction des commerces de proximité, l’affaiblissement financier des fournisseurs, le développement du consumérisme et l’exclusion familiale et sociale des employés du dimanche.
#2 by AlexM on 16 août 2008 - 17:05
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