Travailler le dimanche :
nouvelles richesses ? nouvelles pauvretés !

Bienheureux le créateur qui, après six jours de labeur, s’arrête, et pose un regard bienveillant sur son travail ainsi que sur ceux qui y ont participé !
Héritiers de ce don, nous avons cette double mission : » soumettre et dominer la création » et en même temps nous émerveiller de la beauté de cet héritage et de ce qu’il nous permet de produire et développer :
» Le repos permet aux hommes d’évoquer et de revivre les œuvres de Dieu, de la Création à la Rédemption, de se reconnaître eux-mêmes comme son œuvre (cf. Ep 2,10) et de rendre grâce pour leur vie et leur subsistance, à lui qui en est l’Auteur « Aujourd’hui, sauf exceptions, notre vie est structurée avec ce temps de ressourcement qu’est le dimanche. Temps, de repos, de calme, de retrouvaille, d’échange, de richesses humaines, de prière, de don, d’accueil, de ressourcement familial. Ce jour nous permet d’être alors que toute la semaine nous faisons. Ce grand temps de ressourcement, nous permet de passer du FAIRE à l’ÊTRE : être fort de ce que l’on a fait et s’en émerveiller ; comme le créateur nous y invite. La famille se nourrit et se renforce dans ces temps de repos : quand la course après le temps s’arrête, la réciprocité de l’émerveillement entre parents et enfants est là et fait tomber les tensions, permet l’échange affectif et la complicité, conforte l’attention des uns pour les autres, modifie les rapports pour passer du face à face au côte à côte.La perte de sens du travail bien fait et utile, conjuguée à la perte des repères familiaux, pour le grand bien d’une croissance uniquement financière à préserver, nous ont souvent laissé démunis devant des situations de détresse vécues par l’un ou l’autre de nos frères et sœurs.Quelle est la finalité du travail du dimanche, si ce n’est de multiplier les actes de consommation pour stimuler la croissance ?Le travail du dimanche nous fait revenir un siècle en arrière dans la maturité sociale de nos organisations, et la controverse est grande concernant son efficacité économique.Notre bon sens a été étouffé pour laisser place, aux effets de levier, aux économies d’échelle, et autres formules qui nous dépassent, et qui ne font que participer à nier les désordres de notre économie ultralibérale devenue omnipotente.La doctrine sociale de l’Eglise offre aux baptisés, et aux personnes attentives au message pontifical, des chemins de découverte d’un homme nouveau, conscients des » nouvelles pauvretés, à l’aube du troisième millénaire « Comment trouverons-nous des temps d’échanges dans la paix et la correction fraternelle, si le rassemblement dominical est voué au commerce ?Quand alors, pourrons nous construire, dans cette culture essentielle de l’échange et du débat, des solutions vivables, viables et équitables pour l’ébauche d’un développement humain durable où chacun participera au bien de tous ?B. Harmel tiré du site de la cathédrale d’Angoulêmecitations du « Compendium de la doctrine sociale de l’Église » §258 p149 ; Conseil pontifical Justice et Paix, Cerf décembre 2005