Archive pour mars 2008
L’avènement des loisirs (1850-1960).
Extrait du livre L’avènement des loisirs (1850-1960) d’Alain Corbin.
Le repos dominical n’a pas cent ans! Ses défenseurs étaient de deux bords, l’Eglise et les réformateurs sociaux soucieux de l’hygiène publique.
Entre le début des années 1860 et 1906, date de la loi qui institue en France le repos hebdomadaire, celui-ci – bien souvent sous forme de repos dominical – est revendiqué de plus en plus fermement. Il s’accorde aux nouvelles conceptions de la fatigue et à l’attention grandissante portée à la dignité du travailleur. Les acteurs de ce combat viennent de divers horizons. En France, notamment, le clergé catholique lutte avec acharnement, depuis l’aube du premier Empire, en faveur du respect du jour du Seigneur. Lire la suite »
Accroître le pouvoir d’achat des salariés ?
Posté par Rémy dans Actualité politique le 18 mars 2008
Le gouvernement a également envisagé pour cela de généraliser l’ouverture des commerces le dimanche.
Extraits d’un article du Monde de Francine Aizicovici paru dans l’édition du 19 mars 2008 :
Mais cette mesure risque de « détruire plus d’emplois dans le petit commerce que cela n’en créera dans les grandes enseignes où la productivité est supérieure », estime M. Eric Heyer, directeur adjoint au département analyse et prévision de l’Office français des conjonctures économiques (OFCE ).
Reste que pour l’heure, « rien n’est prévu » concernant la généralisation du travail du dimanche, dit-on au ministère du travail. [...] Rien ne sera mis en place « avant le mois de mai ».
Espérons que les pouvoirs publics sauront considérer l’enjeu à long terme pour la société qu’implique cette question. Il nous reste moins de deux mois pour faire valoir nos positions : signez la pétition !
L’importance de garder le dimanche comme jour de loisir.
Posté par Rémy dans Actualité politique, Actualité religieuse, Réflexions le 14 mars 2008

Dans une émission, Radio Notre-Dame revient sur les débats actuels du travail dominical avec le psychanalyste Jacques Arènes.
Vous pouvez écouter son intervention sur le site de Radio Vatican.
La consécration de saint Dominique Savio.
Dominique Savio fait sa première communion à 7 ans en 1849, et il écrit ses résolutions:
1) Je me confesserai très souvent et je communierai toutes les fois que mon confesseur me le permettra.
2) Je veux sanctifier les jours de fête.
3) Mes amis seront Jésus et Marie.
4) La mort mais pas de péchés.
Don Bosco passant dans la région en octobre 1854, on lui parle de Dominique et il est « stupéfait de découvrir l’oeuvre que la grâce divine avait déjà accomplie en un garçon si jeune. »
Le 8 décembre 1854, quand le Pape Pie IX proclame le dogme de l’Immaculé Conception, Dominique se consacre à la Sainte Vierge et renouvelle les promesses de sa première communion : « Marie je vous donne mon coeur; faites qu’il soit toujours vôtre. Jésus et Marie, soyez toujours mes amis, mais de grâce, faites-moi mourir plutôt que d’avoir le malheur de commettre un seul péché. » Sa vie est alors tellement transformée qu’à partir de ce jour, Don Bosco se met à noter ses faits et gestes pour ne pas les oublier.
Il tombe malade en 1857 et subit 10 saignées en 4 jours, avec un courage au-dessus de son âge. Le 9 mars, il agonise : « Adieu, mon cher papa, adieu ! Monsieur le Curé voulait encore me dire autre chose, et je n’arrive plus à me le rappeler… Oh! que c’est beau ce que je vois… ». A ces mots et toujours en souriant, le visage lumineux, il expire les mains jointes et croisées sur la poitrine, sans le moindre mouvement.
tiré du site Une minute avec Marie.
Repos et jours fériés : que dit la loi ?
Posté par Rémy dans Droit du travail le 10 mars 2008
Tout salarié bénéficie de jours de repos hebdomadaire et de jours de repos exceptionnels. Le repos est une obligation prévue par la loi et est soumise à des règles rigoureuses, quant à leur durée, notamment. Les jours de repos peuvent aussi entraîner des rémunérations différentes pour les salariés qui travaillent pendant ces journées.
Dimanche et travail
La loi prévoit que le salarié doit bénéficier d’une période de 24 heures de repos par semaine. Par ailleurs, ce repos doit être donné le dimanche (articles L. 221-4 et L. 221-5 du Code du travail). Cependant, la loi prévoit des dérogations à ce principe et permet, dans certaines hypothèses, le travail le dimanche.
Travail le dimanche : Quel est le principe ?
Le principe est que l’ensemble des salariés bénéficie d’un jours de repos hebdomadaire fixé le dimanche. Il existe cependant plusieurs types de dérogations.
Dans quelles entreprises le travail du dimanche est-il autorisé ?
Une entreprise peut être concernée par le travail du dimanche, si elle relève des secteurs d’activités où la loi l’autorise, ou si un accord permet le travail en continu pour des raisons économiques, ou encore si elle bénéficie d’une autorisation préfectorale particulière.
Peut-on faire travailler des mineurs le dimanche, la nuit ou les jours fériés ?
Au nom de la protection de la santé et de l’éducation, la loi interdit formellement le travail des mineurs le dimanche, la nuit ou les jours fériés. Cependant, le législateur admet limitativement quelques exceptions dans des secteurs d’activités spécifiques et sous le contrôle de l’inspecteur du travail.
Pour plus de renseignements, rendez-vous sur Juritravail.
Un raisonnement clair et net.
Posté par Rémy dans Blogeurs chrétiens, Réflexions le 5 mars 2008

Le dimanche est devenu, notamment dans le commerce, le terrain d’une concurrence de plus en plus vive pour la conquête des parts de marché.
Or cette journée est un enjeu important de la société de demain.
Le repos pris en commun et la trêve de l’économie sont, non le signe du refus d’évoluer dans une société en crise, mais la reconnaissance de la primauté de la personne humaine.
Comme les jours fériés, la spécificité du dimanche, jour chômé en commun, répond, en effet, à des exigences profondes de la vie familiale, culturelle, associative et spirituelle.
L’activité dominicale se justifie quand il s’agit de services aux personnes ne pouvant être différés.
Face aux pressions diverses, la puissance publique a le devoir de protéger et de soutenir les entreprises qui respectent la qualité de vie de leurs salariés en se gardant d’ouvrir le dimanche.
La règle fixant au dimanche le repos hebdomadaire a été prise dans l’intérêt des travailleurs, hommes ou femmes, et constitue un avantage social.
Son application n’est dès lors pas de nature à entraîner une discrimination directe ou indirecte au détriment des uns ou des autres.
Le droit au travail le dimanche ne doit pas primer sur le droit au dimanche lui-même.
Au-delà de la question juridique, c’est une question qui concerne chaque personne comme consommatrice.
Chaque fois que nous préférons faire nos courses en semaine, nous offrons un dimanche à une famille.
Ecrit par : michel | 02.03.2008
commentaire tiré du site Paroles en ligne
Paroles de Benoît XVI sur le dimanche.
Posté par Rémy dans Benoît XVI, Paroles de Pasteurs le 4 mars 2008
LORS D’UNE VISITE PASTORALE A BARI POUR LA CLÔTURE DU CONGRÈS EUCHARISTIQUE ITALIEN EN MAI 2005.
Très chers frères et soeurs, 
[...]
Ce Congrès eucharistique, qui arrive aujourd’hui à sa conclusion, a voulu présenter le dimanche comme la « Pâque hebdomadaire », expression de l’identité de la communauté chrétienne et centre de sa vie et de sa mission. Le thème choisi – « Sans le dimanche nous ne pouvons pas vivre » – nous ramène à l’an 304, lorsque l’empereur Dioclétien interdit aux chrétiens, sous peine de mort, de posséder les Ecritures, de se réunir le dimanche pour célébrer l’Eucharistie et de construire des lieux pour leurs assemblées. A Abitène, une petite ville situé dans l’actuelle Tunisie, 49 chrétiens furent surpris un dimanche alors que, réunis dans la maison d’Octave Félix, ils célébraient l’Eucharistie, bravant ainsi les interdictions impériales. Arrêtés, ils furent conduits à Carthage pour être interrogés par le Proconsul Anulinus. La réponse, parmi d’autres, qu’un certain Eméritus donna au Proconsul qui lui demandait pourquoi ils avaient transgressé l’ordre sévère de l’empereur, est significative. Il répondit: « Sine dominico non possumus » : sans nous réunir en assemblée le dimanche pour célébrer l’Eucharistie, nous ne pouvons pas vivre. Les forces nous manqueraient pour affronter les difficultés quotidiennes et ne pas succomber. Après d’atroces tortures, ces 49 martyrs d’Abitène furent mis à mort. Ils confirmèrent ainsi leur foi, à travers l’effusion de leur sang. Ils moururent, mais ils vainquirent: nous les rappelons à présent dans la gloire du Christ ressuscité.
Les martyrs d’Abitène représentent une expérience sur laquelle nous, chrétiens du XXI siècle, nous devons réfléchir. Pour nous non plus, il n’est pas facile de vivre en chrétiens, même s’il n’y a pas ces interdictions de l’empereur. Mais, d’un point de vue spirituel, le monde dans lequel nous nous trouvons, souvent marqué par une consommation effrénée, par l’indifférence religieuse, par un sécularisme fermé à la transcendance, peut apparaître comme un désert aussi aride que celui « grand et redoutable » ( Dt 8, 15) dont nous a parlé la première lecture, tirée du Livre du Deutéronome. Dieu vint à l’aide du peuple hébreu en difficulté dans ce désert avec le don de la manne, pour lui faire comprendre que « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais que l’homme vit de tout ce qui sort de la bouche de Yahvé » ( Dt 8, 3). Dans l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus nous a expliqué à quel pain Dieu, à travers le don de la manne, voulait préparer le peuple de la Nouvelle Alliance. Faisant allusion à l’Eucharistie, il a dit: « Voici le Pain descendu du ciel; il n’est pas comme celui qu’ont mangé les pères et ils sont morts; qui mange ce pain vivra à jamais » ( Jn 6, 58). le Fils de Dieu, s’étant fait chair, pouvait devenir Pain, et être ainsi la nourriture de son peuple, de nous qui sommes en marche en ce monde vers la terre promise du Ciel.
Nous avons besoin de ce Pain pour affronter les difficultés et la fatigue du voyage. Le Dimanche, Jour du Seigneur, est l’occasion propice pour puiser notre force en Lui, qui est le Seigneur de la vie.Le précepte de fête n’est donc pas un devoir imposé de l’extérieur, un fardeau qui pèse sur nos épaules. Au contraire, participer à la Célébration dominicale, se nourrir du Pain eucharistique et faire l’expérience de la communion des frères et des soeurs dans le Christ, est un besoin pour le chrétien, est une joie; ainsi, le chrétien peut trouver l’énergie nécessaire pour le chemin que nous devons parcourir chaque semaine. Un chemin, par ailleurs, qui n’est pas arbitraire: la route que Dieu nous indique dans sa Parole va dans la direction inscrite dans l’essence même de l’homme. La Parole de Dieu et la raison vont de pair. Suivre la Parole de Dieu, aller avec le Christ signifie pour l’homme se réaliser soi-même; l’égarer équivaut à s’égarer soi-même.
[...]
Chers amis venus à Bari de diverses régions d’Italie pour célébrer ce Congrès eucharistique, nous devons redécouvrir la joie du dimanche chrétien. Nous devons redécouvrir avec fierté le privilège de participer à l’Eucharistie, qui est le sacrement du monde renouvelé. La résurrection du Christ eut lieu le premier jour de la semaine, qui, dans l’Ecriture, était le jour de la création du monde. C’est précisément pour cette raison que le dimanche était considéré par la communauté chrétienne primitive comme le jour où un monde nouveau a commencé, celui où, grâce à la victoire du Christ sur la mort, la nouvelle création a commencé. En se rassemblant autour de la table eucharistique, la communauté se formait progressivement comme le nouveau peuple de Dieu. Saint Ignace d’Antioche définissait les chrétiens comme « ceux qui sont parvenus à la nouvelle espérance », et il les présentait comme des personnes « vivantes selon le dimanche » ( « iuxta dominicam viventes » ). Dans cette perspective, l’Evêque d’Antioche se demandait: « Comment pourrions-nous vivre sans Lui, que les prophètes aussi ont attendu? » ( Ep. ad Magnesios , 9, 1-2).
» Comment pourrions-nous vivre sans Lui? » . Nous entendons retentir dans ces paroles de saint Ignace l’affirmation des martyrs d’Abitène: « Sine dominico non possumus » . C’est précisément de là que jaillit notre prière : que nous aussi, chrétiens d’aujourd’hui, retrouvions la conscience de l’importance décisive de la Célébration dominicale et sachions tirer de la participation à l’Eucharistie l’élan nécessaire pour un nouvel engagement dans l’annonce au monde du Christ « notre paix » ( Ep 2, 14). Amen!
L’intégralité du message sur le site Eucharistie miséricorde.
L’ÉGLISE CATHOLIQUE S’ÉLÈVE CONTRE LE TRAVAIL DU DIMANCHE.
Posté par Rémy dans Actualité politique, Actualité religieuse, Paroles de Pasteurs le 3 mars 2008
Alors que le débat fait rage en France quant à la déréglementation du repos dominical, les évêques dénoncent la banalisation de ce jour.
S‘il n’est pas inédit que la Conférence des Évêques de France intervienne dans le débat social, il est plus rare que son expression touche à des sujets sociaux qui font polémique. D’autant plus lorsque les dossiers opposent d’une manière aussi vive les forces de droite et de gauche. C’est pourtant le cas à propos du travail du dimanche et la déréglementation totale que semble vouloir engager la majorité présidentielle du président Nicolas Sarkozy, en particulier dans le secteur du commerce.
Dans un document préparé par les Évêques de Rouen, du Havre et du psychanalyste Jacques Arènes pour le compte du Conseil pour les questions familiales et sociales de la Conférence des Évêques de France, il apparaît que l’Église catholique française argumente en faveur du maintien du repos dominical. Non seulement en raison de la « signification chrétienne du dimanche », mais aussi car il est porteur de « précieux loisirs ».
Dans un long développement d’ordre théologique, anthropologique et social, les Évêques de France soulignent la nécessité que « chacun dispose du temps pour se reposer, vivre en famille (…) avoir une vie sociale et bénéficier des diverses propositions culturelles, sportives, etc., qui lui sont offertes ». Selon eux, « le dimanche laisse à chacun le choix de son emploi du temps (…) : il est en cela un espace de liberté et de détente, au contraire de la semaine. Le dimanche permet de se donner un équilibre de vie souvent mis à mal par le rythme de la semaine » insiste le document.
La Conférence des Evêques de France enfonce le clou en notant que « l’économie et le travail ne sont pas le dernier mot d’une vie sociale ».
En outre le document qui fait l’objet d’un numéro entier de la revue « Documents Episcopat » prévient des risques d’une telle réforme : « si le dimanche devient un jour comme les autres, on est en droit de penser que des pressions s’exerceront sur le personnel en particulier dans les conditions d’embauche, que les avantages salariaux consentis actuellement disparaîtront progressivement à moins que l’on ait recours à des emplois à temps partiel continuant à renforcer les situations de précarité de bien des familles ».
Plus largement, « élargir l’ouverture des magasins le dimanche reviendrait à banaliser ce jour et à faire passer les lois du commerce avant la dimension conviviale, familiale et spirituelle de l’existence. Ceci accentuerait l’atomisation de la société française » soulignent les Evêques.
Voilà une déclaration qui ne manquera pas d’alimenter le débat dans le Sud, notamment. Il est vrai qu’ici, la zone commerciale de Plan de Campagne, près de Marseille, la plus grande de France – fait figure de laboratoire à ciel ouvert dans les luttes relatives à l’ouverture ou non le dimanche.
PIERRE BASTIEN
tiré du journal La Marseillaise