Le dimanche
Nous remercions Monseigneur Carré, évêque d’Albi d’avoir eu l’amabilité de nous adresser l’éditorial de son bulletin diocésain consacré au dimanche.
Le dimanche est un jour différent des autres, surtout pour les chrétiens grâce à qui il a pris sa place dans notre société occidentale. Mais que savons-nous dire du dimanche ?
Il est d’abord le jour du Seigneur. Dès les origines, avant que des règles ne soient fixées, les chrétiens montraient qu’ils ne pouvaient pas passer ce jour de la semaine sans le marquer par la célébration de l’Eucharistie. On rapporte ainsi le beau témoignage d’un groupe de chrétiens d’Afrique du Nord arrêtés et menacés de mort qui déclaraient : “ sans le dimanche, nous ne pouvons pas vivre ! ”. Nous aussi, chrétiens, sans nous réunir en assemblée le dimanche pour célébrer l’Eucharistie, nous ne pouvons pas vivre.
En effet, le dimanche est par excellence le jour où l’on célèbre la résurrection du Christ. Pour vivre vraiment en chrétien, il faut prendre le temps de se tourner vers le Christ, d’écouter sa Parole et de se nourrir du Pain de Vie. En un mot, le dimanche est un jour consacré à Dieu. Ce n’est pas un jour que nous donnons à Dieu, c’est Dieu qui nous donne ce jour et nous invite à le passer en union avec lui et nos frères chrétiens.
Mais pouvons-nous prendre le temps nécessaire dans un monde où tant de sollicitations s’offrent à nous ? On voit bien que, de plus en plus, le dimanche fait partie du temps libre. Il peut être dédié au repos, mais aussi au divertissement, aux occupations personnelles de toute sorte. La célébration religieuse du dimanche se trouve en concurrence avec de multiples autres possibilités. Les chrétiens sont appelés à faire des choix et il est important de les aider à résister à la force d’un courant dominant.
C’est en particulier le cas en ce qui concerne le travail du dimanche. Le repos dominical est contesté essentiellement pour des motifs économiques. Une tendance forte pousse à multiplier les occasions de consommation au détriment surtout des plus faibles. Il faut rappeler que le repos dominical a été un progrès social ! Il est important, face à cette question tout particulièrement, de veiller à la cohérence des actes et des paroles en résistant aux sollicitations d’aller faire des achats le dimanche.
En conclusion, je crois qu’il nous faut chercher à être plus inventifs pour que nos dimanches soient joyeux, fraternels. Un temps consacré à Dieu et disponible pour les autres. La manière dont nous vivons le dimanche met en évidence la dimension chrétienne du temps. Veillons à ne pas nous laisser enfermer dans le monde économique ou la seule consommation. Nous valons bien davantage !
† Pierre-Marie CARRÉ,
Archevêque d’Albi.