foret.jpgParadoxalement, mais en toute fidélité avec la Bible, le repos est aussi un bonheur du travail. Ce n’est pas son contraire, c’est sa continuité, sa prise de recul, sa réflexion, sa contemplation, sa reprise de souffle, son intériorisation. L’activisme et l’affairisme modernes ont transgressé le repos, d’autres l’ont trop identifié aux loisirs, alors qu’il est apaisement, retour à soi, face-à-face du créateur avec lui-même.

Mais le travail n’est pas que bonheur, valeur ou vertu : il est contrainte et conflit et il porte la marque d’un mal originaire. La théologie et les encycliques soulignent cette ambivalence humaine du travail. Le travail nous libère de la sottise manichéenne : tout n’est pas blanc, tout n’est pas noir, et la notion de péché originel est une bonne école de la complexité du monde contemporain.

C’est pourquoi le travail, bien que fondamental, ne saurait avoir la première place, sauf à bien y intégrer la notion de repos où peut prendre essor l’appel à d’autres formes d’activités spirituelles. Le théologien n’est pas seul à relativiser le travail après tant d’années où la bourgeoisie voltairienne et le prolétariat marxiste en avaient fait le centre opérétionnel de l’individu et de l’histoire. Une enquête de l’insee de 1997 révèle en effet que, pour la majorité, le travail n’est pas le plus important pour être heureux et qu’il pèse trop sur la vie hors travail.

tiré des Conclusions des Semaines sociales de France 2000 

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