À propos de l’origine du dimanche et de l’apport de St Thomas d’Aquin sur la conception du travail du dimanche.
Le repos dominical a un fondement théologique. Il se trouve d’abord dans la tradition du sabbat qui fait écho au repos de Dieu le septième jour de la création du monde. Les évangiles rappellentensuite que le sabbat est fait pour l’homme et non l’inverse (Marc 2,27- Matthieu 12 1-3). Le dimanche, jour de la résurrection du Christ devient enfin pour les chrétiens le nouveau sabbat, celui de la Nouvelle Alliance, le huitième jour.
Historiquement, 321 et 538 sont deux dates fondamentales. En 321, un édit de Constantin fait du dimanche un jour férié, c’est-à-dire un jour de paix. Concrètement, par cet édit, sont bannis du dimanche les litiges, les procès, le commerce et le travail important pour les esclaves. C’est l’interruption du travail quotidien, le fondement théologique est ainsi transposé en droit. En 538, le Concile d’Orléans donne à l’Eglise sa première législation sur le repos dominical. Elle se répandra petit à petit tout au long du VIème siècle. C’est ainsi la transposition sociétale qui suit la traduction juridique de l’Edit.
Saint Thomas, 1225-1274, résume dans la « Somme Théologique » la signification du précepte dominical en rappelant que le repos dominical est avant tout ordonné au culte et qu’est exclue toute œuvre servile et tout travail aliénant la liberté.
Les œuvres permises le dimanche sont : tous les travaux que la nécessité impose ou encore qui ne peuvent être omis sans un grave dommage, les travaux que la nécessité du devoir de charité commande ou que des circonstances exceptionnelles n’ont pas permis de prévoir, les travaux autorisés par la coutume locale comme les marchés et achats publics à date fixe. C’est donc une traduction pleinement humaine du dimanche.
Aujourd’hui, après 1500 ans, la question du travail du dimanche est reprise par certains gouvernements. Ne comprenant plus la signification spirituelle et sociale du repos dominical, ils risquent, en permettant de plus en plus le travail ce jour-là, de détruire un fondement social de 1500 ans. C’est pourquoi il est important de « faire mémoire » de l’Edit de Constantin, des dispositions du concile d’Orléans et de Saint Thomas d’Aquin.
Certes, la société a oublié l’origine du principe du dimanche. Mais avec son projet de loi, le gouvernement risque, si on le laisse faire, d’altérer le fondement juridique qui aboutira à une déshumanisation de la société dans son ensemble.