Archive pour janvier 2009

Jusqu’où se donner dans son travail ?

croire.jpgLu sur croire.com :

Avec les technologies de communication, le travail, si l’on n’y prend pas garde, peut envahir toute la vie privée. Comment ne pas tomber dans ce piège ? Quelles règles de vie, quelles limites poser ? La réponse du P. Bernard Bougon, avec « Croire aujourd’hui ».

C’est l’été. Hervé, cadre de banque, profite de quinze jours de vacances. Un matin, il s’élance, avec une de ses filles, sur une via ferrata (parcours d’escalade tout préparé) particulièrement longue. C’est elle qui raconte : « Au milieu du parcours, sonnerie ! Papa a fait un rapide rétablissement et cramponné d’une main, cent mètres au-dessus du vide, il a sorti son « blackberry ». C’était un de ses clients avec qui il a eu une longue conversation…». Elle ajoute, avec malice : « J’imagine le « blackberry » lui échappant des mains et s’écrasant en bas sur les rochers… ». Écoutant ce récit, Hervé commente sobrement : « C’était important ! ». En aparté, l’épouse de Hervé s’écrie : « Depuis qu’il a cet appareil, c’est infernal ! » De son côté, à l’occasion d’un temps de relecture, Guy, marié et père de trois enfants, fait amende honorable : « Pour me faciliter le management de trente-cinq collaborateurs, mon entreprise m’a “offert” un blackberry. Un signe extérieur de richesse et de pouvoir ! Mais, très vite, le temps du travail allait insidieusement empiéter sur le temps familial, parfois jusque sous la couette ! En guise de livre de chevet, je commençais à répondre à des courriels. Je n’entendais plus les paroles que ma femme m’adressait, comme s’il s’agissait de courriels que je ne recevais plus : “Destinataire absent” ! Sans m’en rendre compte, je jugeais de mon efficacité au nombre de messages traités, je voulais répondre à tout. Je traitais des courriels avant d’éteindre la lumière ou pour occuper quelques insomnies. Un soir, ma femme me demanda : “Tu fais quoi ? ” Ce fut un choc. L’urgence évoquée en réponse était fausse. Ce soir-là, la tête sur l’oreiller, alors qu’elle commençait à s’endormir, je me suis demandé si je vivais avec mon entreprise ou avec celle que j’avais choisie ! Avec qui allais-je dorénavant m’endormir ? Mon « blackberry » ou mon épouse ? ».

Sous le masque de l’urgence

De bien des manières, et pas seulement en raison du développement des outils de communication ou de celui des relations internationales de travail, les personnes sont à la fois poussées à et tentées de se consacrer toujours un peu plus à leur profession. Les justifications s’avancent sous le masque de l’urgence ou de la nécessité. Mais des raisons subjectives, complexes et plus cachées, comme le laisse entendre Guy, contribuent à cette « servitude volontaire ». La foi juive, où le strict respect du repos du sabbat interdit tout ce qui pourrait ressembler à un travail, offre un garde-fou hebdomadaire a minima. En revanche, le commandement de l’Eglise sur le repos dominical, aujourd’hui largement battu en brèche dans notre organisation sociale, n’a jamais eu la même force d’obligation que la loi juive sur le sabbat. Peut-être est-ce dû au changement de point de vue apporté par le Christ Jésus rappelant, dans les évangiles, que les exigences de la solidarité humaine et de la charité fraternelle l’emportent sur celles du sabbat (cf. Marc 2, 23-28), ou qu’à l’image du Père il travaille sans cesse (Jean 5, 17), nous invitant en quelque façon à nous inspirer, nous aussi, de cette parole. Alors, jusqu’où se donner dans son travail ?… Il n’y a pas de limite au don de soi. Bien souvent, les jeunes professionnels sont les premiers à l’éprouver car premières victimes d’injonctions managériales du genre : « Toutes vos forces, tout votre temps, toutes vos pensées iront à notre réussite et à notre travail. Tant pis pour le reste… »

Des repères disponibles

Interprétant l’Evangile, la pensée sociale de l’Eglise nous propose des repères. Rappelons-les succinctement. Tout d’abord, un principe de base : « Tout sur terre doit être ordonné à l’homme comme à son centre et à son sommet », énonce le second concile du Vatican (Gaudium et Spes, § 12), puisant dans la Bible » sa conception de l’homme. Selon cette dernière, l’homme est un être créé par Dieu et sauvé par Jésus-Christ dont la raison d’être ultime est de louer, respecter et servir son Créateur. Et le travail, vocation générale de tout homme, l’associe à l’oeuvre du Créateur (Genèse 2, 4-15). La pensée sociale de l’Eglise approfondit cette notion de travail : il est cette activité où l’homme (ou la femme) se procure le pain quotidien permettant de faire vivre une famille, contribue au progrès des sciences et des techniques, et surtout participe à l’élévation culturelle et morale de la société dans laquelle il vit en communauté avec ses frères (Laborem exercens, introduction). «Plus que jamais aujourd’hui, travailler, c’est travailler avec les autres et pour les autres : c’est faire quelque chose pour quelqu’un » (Jean Paul II, Centesimus annus, 31-32). Le travail constitue donc une dimension fondamentale de l’existence de l’homme sur la terre, mais est soumis à quelques principes de discernement. Nous les résumons ainsi :
– Le but du travail est l’homme lui-même (Compendium n° 272). Aucun travail ne saurait être le but d’une vie, ni ne doit enfermer la personne dans l’inquiétude ou l’angoisse (Matthieu 6, 25.31-34).
– Le repos est un droit, affirmait Jean Paul II (Laborem exercens 19). Plus encore, les hommes doivent jouir d’un repos et d’un temps libre suffisants pour pouvoir s’occuper de leur vie familiale, culturelle, sociale et religieuse. Les autorités publiques ont le devoir de veiller à ce que les citoyens n’en soient pas privés, et les employeurs ont la même obligation vis-à-vis de leurs employés (Compendium n° 284-285).
Ces principes de discernement assez clairs laissent chacun décider en conscience des équilibres nécessaires. Suivons à nouveau Guy dans sa relecture de vie.

Une conversion exigeante

Peu après, rapporte Guy, alors que je conseillais un dirigeant d’entreprise dont, en apparence, le temps consacré à sa famille se réduisait comme une peau de chagrin, cette question m’a échappé : “Qui est votre premier client ? ”. Il m’a répondu avec le nom d’un de ses clients, ne s’attendant pas à ma seconde question tout aussi spontanée : “Et votre épouse ? ”. Mais agir en priorité pour “son premier client” s’appliquait à moi aussi. Je repensais à mon « blackberry », devenu mon premier client ! Etait-il possible de me sevrer ? J’ai compris qu’il fallait me dégager d’un premier piège : celui de recevoir mon numéro de portable personnel sur mon « blackberry ». J’ai donc choisi d’avoir un autre téléphone portable personnel. J’ai aussi réorganisé ma boîte courrier pour ne répondre qu’aux seuls courriels qui m’étaient directement destinés. Mais il me fallait aller plus loin et remettre en cause ma gestion du temps. Car je ne définissais plus à l’avance les moments que je consacrais à telle tâche ou à telle personne. Il me semble qu’aujourd’hui plus que hier, les plages horaires sont un enjeu de discernement individuel et en couple. Pour moi, au travail comme à la maison, une rééducation s’imposait. Etait-il possible, au bureau, de n’ouvrir ma boîte courriel que dix minutes le matin pour identifier les urgences, puis de travailler “hors connexion” jusqu’à midi ? Et pourquoi ne pas faire de même certains après-midi et ne répondre aux courriels qu’entre 17 heures et 19 heures ? » Au bout d’un an, ayant mis en oeuvre et tenu ces décisions, Guy constate que la place consacrée à la réflexion a repris le pas sur l’efficacité du traitement de l’information. Il ajoute : « Je considère aujourd’hui que les temps d’échange avec ma femme sur nos activités professionnelles font partie du temps de travail. Nous nous retrouvons régulièrement à déjeuner avec notre premier client ! Par chance, nous sommes chacun le premier client de l’autre, et nous partageons l’addition ! » Les décisions pratiques prises par Guy sont les siennes. D’autres auront à en prendre de différentes, en fonction de leurs priorités et des équilibres à trouver : vie familiale à fonder ou à assurer, santé psychique et morale, vie amicale à entretenir, développement de ses violons d’Ingres, vie de foi à nourrir… Mais, même si ces choix ne relèvent que de nos consciences, nous n’aurons pas la force de les tenir face aux pressions contraires. C’est pourquoi, il faut savoir les mûrir et les partager avec d’autres. Moins que jamais, on ne saurait être chrétien seul. C’est ainsi que se construit, au long des jours, une vie spirituelle chrétienne.

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La traite de nos concitoyens pour faire du fric.

Lu sur le Salon Beige :

Mgr de GerminyMonseigneur Maurice de Germiny, évêque de Blois, invité de Plus FM vendredi matin, a évoqué entre autres sujets celui du travail le dimanche. Il ne mâche pas ses mots :
« Nous sommes dans la rue de la Grande Truanderie, pourquoi ce débat qui devient insensé ? Les députés se battent comme des chiffonniers à l’Assemblée Nationale. De tous temps, il y a eu des métiers où le dimanche n’est pas un jour chômé, à commencer par nous mêmes, ministres du Culte. La vie humaine est rythmée par le travail et le repos, on a besoin de ce temps pour recréer des liens sociaux et bien sûr pour célébrer le jour du Seigneur. Le travail le dimanche tel qu’il est envisagé par certains est une forme d’esclavagisme… On a parlé de la traite des Noirs, on peut parler de la traite de nos concitoyens pour faire du fric !« 

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Seulement un report …

Lu sur Liberté politique :

arbre1.jpgD’après les agences (AFP, Reuters, 6 janvier), la proposition n’apparaît plus à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale du 15 janvier comme cela était prévu, et serait “reportée sine die”. Plusieurs journaux s’en sont félicité, prenant le parti de croire sans précaution à l’enterrement de la libéralisation du travail dominical.

Or Le Monde du 6 janvier a publié la réaction plus que contrariée de Nicolas Sarkozy à la lecture des dépêches : “Qu’est-ce que ça veut dire sine die ?” La réaction de “froide fureur” du chef de l’État, selon les dires du quotidien du soir, montre s’il en était besoin qu’il n’y aura pas d’abandon, mais report.

Un différé donc, c’est bien ainsi qu’en parle Bernard Accoyer, déplorant “l’emploi de mauvais mots” (“il s’agit de dérogations, pas d’un problème de société”).

C’est ce qu’a confirmé également le député Jean-Frédéric Poisson le 6 janvier, invité à débattre dans le cadre des questions d’actualité au collège des Bernardins avec Jean Périllat, ancien président de l’Union du grand commerce en centre ville. Le député UMP des Yvelines voit dans ce report une volonté de calmer les esprits autour d’une proposition de loi à peu près redéfinie autour de la « réaffirmation des principes du repos dominical » et que la réécriture actuelle conduira probablement à voter.

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Bruno Gollnisch : « L’affaire du travail du dimanche va dans le sens du triomphe du matérialisme »

bruno-gollnisch.jpg Lu sur le salon beige :

Invité du libre journal de Michel de Rostolan sur les ondes de radio Courtoisie, Bruno Gollnisch a déclaré :
« Le travail du dimanche facultatif va devenir un travail du dimanche obligatoire. Lire la suite »

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Petit problème.

Petit problème posé par C.B., et reçu par mail. Avec nos remerciements !

probleme.jpgLe travaille du dimanche permettra de revoir les programmes scolaires. Lire la suite »

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L’examen du texte encore reporté !

Lu sur le site du Point :

Nouveau rebondissement dans le projet de loi contesté sur le travail dominical. L’examen de ce texte, initialement inscrit le 15 janvier au menu des députés, a été reporté sine die, selon l’ordre du jour de l’Assemblée nationale communiqué mardi et fixé par le gouvernement jusqu’au 25 janvier. Lire la suite »

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Alsace: arrêté suspendu au nom du droit local.

logo_alsace_fr.gifLe tribunal administratif (TA) de Strasbourg a suspendu un arrêté préfectoral qui autorisait l’ouverture des commerces mosellans les dimanches 4 et 11 janvier, en pleine période de soldes. Lire la suite »

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Les 4 vérités du dimanche.

Lu sur 4 Vérités : 4-verites.gif

 Christophe Machard est dirigeant d’une petite entreprise spécialisée dans l’environnement et président du club d’entrepreneurs Roissy Entreprises, qui regroupe plusieurs centaines de sociétés implantées dans la zone d’activité qui entoure Roissy.

Un Président d’association de chef d’entreprises s’exprimant contre l’ouverture des magasins le dimanche, c’est une surprise ?

Non ce n’est pas une surprise. De nombreuses entreprises sont défavorables à l’ouverture le dimanche. D’abord, les clients n’auront pas plus de pouvoir d’achat en 2009. Certains anticipent même des pertes de revenus, ils vont donc essayer d’épargner. Il n’y aura donc aucun effet positif sur la consommation des ménages. En revanche, une ouverture des magasins le dimanche représente un vrai danger pour l’économie, celui d’une distorsion de la concurrence.

En d’autres termes, vous pensez que les plus grands magasins vont prendre la clientèle des petits ?

Évidemment ! C’est déjà le cas depuis longtemps : la France se vide de commerces de proximité pour tout concentrer sur la grande distribution. Les petits commerces qui ne pourront pas ouvrir le dimanche vont perdre des parts de marché, certains de leurs clients, et la France va encore perdre des commerces et des entreprises. C’est dramatique pour ceux qui vont se retrouver en faillite, mais aussi pour les clients qui devront faire toujours plus de kilomètres pour trouver des commerces.

Mais beaucoup de Français souhaitent une plus grande ouverture des magasins, notamment dans les grandes villes…

Oui, bien sûr, là où il y a du pouvoir d’achat, de nombreux consommateurs n’ont pas le temps de satisfaire leurs besoins de consommation ou se retrouvent le samedi dans des magasins bondés. Mais la solution, ce n’est pas le dimanche, c’est l’ouverture plus tardive le soir, comme en Espagne. De nombreux clients, dont ceux à fort pouvoir d’achat, ont besoin de consommer en sortant du travail, parfois jusqu’à 21 heures. Voilà ce qui permettrait de soutenir la consommation, de suivre les évolutions de mode de vie urbain.

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