Archive pour février 2009

Initiative européenne pour le dimanche.

Lu sur Liberté politique :

pe3.jpgLe 7 mai 2009 est le jour où la déclaration écrite de cinq députés européens [1] en faveur du repos dominical, déposée le 2 février dernier, aura recueilli la signature de la majorité des parlementaires,  pour pouvoir être adoptée par le Parlement européen. L’initiative est saluée par le secrétariat de la Commission des épiscopats de la communauté européenne, la Comece, mais aussi l’Église Protestante d’Allemagne (EKD) et Church of England. [...]

Les cinq députés veulent  obliger le Parlement européen à une position claire en faveur d’une Europe sociale. La déclaration écrite demande que soit protégé le « dimanche férié comme pilier essentiel du modèle social européen et composante de l’héritage culturel de l’Europe ».

Dans un communiqué, le secrétariat de la Comece s’est félicité de cette initiative poursuit :

« La crise économique et financière a fait mieux comprendre à quel point tous les aspects de la vie ne peuvent être marchandés. La consommation effrénée n’est ni un modèle de développement économique durable, ni un modèle de développement humain durable. Nous savons que les hommes et les femmes qui travaillent le dimanche sont discriminés dans leurs relations sociales. Il est prouvé que leur vie familiale, leur épanouissement personnel et même leur santé sont affectés.

Composante de l’héritage culturel de l’Europe, issu d’une longue tradition et d’une grande valeur, le dimanche férié est un facteur décisif de réconciliation entre travail et vie familiale. Il conserve une signification essentielle dans les relations familiales, dans la vie sociale et culturelle. Il est un des rares temps à préserver pour permettre aux enfants et aux parents de se retrouver. Même la législation européenne le considère comme jour de repos hebdomadaire pour les enfants et les adolescents.

C’est pourquoi le respect du repos dominical est à la base du modèle social européen.Or, ces dernières années, la protection du dimanche a été réduite dans de nombreux États membres, à la faveur d’une vision politique trop consumériste. Les salariés sont ainsi confrontés au morcellement de leur vie privée, les entreprises voient les consommateurs se détourner des PME qui ne peuvent assurer des heures d’ouvertures sans interruption. C’est pourquoi la déclaration écrite [déposée par les cinq députés] invite les États membres et les institutions de l’UE “à protéger le dimanche, comme jour de repos hebdomadaire, dans les futures législations nationales et européennes qui concernent le temps de travail, afin d’améliorer la protection de la santé des travailleurs et la réconciliation entre travail et vie familiale ».

[...]

[1] Anna Záborská, Slovaquie, et Martin Kastler, Allemagne, groupe du Parti populaire européen (Démocrates-chrétiens) et des Démocrates européens, Jean Louis Cottigny, France, Groupe socialiste au Parlement européen, Patrizia Toia, Italie, Groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, Konrad Szyma?ski, Pologne, Groupe Union pour l’Europe des Nations

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La C.F.T.C. dans les starting block

Touche pas mon dimanche (CFTC)

Touche pas mon dimanche (CFTC)

Un appel à nous mobiliser nous a été adressé par la C.F.T.C

:

La proposition de loi sur le travail du dimanche n’est malheureusement pas définitivement enterrée. Elle peut ressurgir d’un jour à l’autre !

Sur ce sujet, qui constitue un réel choix de civilisation, la C.F.T.C. a toujours été en pointe. Aussi, la vigilance doit être de mise et nous devons nous tenir prêts à nous mobiliser si besoin.

Si cette proposition de loi devait ressurgir à l’Assemblée Nationale, il nous faudra réaliser une mobilisation forte et extrêmement réactive. Pour ce faire, nous vous demandons de nous adresser vos coordonnées : contact@cftc-paris.fr Ce courriel est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir (courriels et téléphone) afin que nous puissions vous contacter rapidement si nécessaire.

Nous avons déjà fait ajourner ce projet néfaste, restons plus que jamais mobilisés.

HAUT LES COEURS !

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Europe : initiative au Parlement pour protéger le dimanche comme jour férié

etoiles-de-nd-de-sion.jpgLu sur Zenit.org :

Des députés européens proposent l’adoption d’une déclaration écrite « sur la protection du dimanche férié comme pilier essentiel du modèle social européen et composante de l’héritage culturel de l’Europe ».

L’initiative est saluée par le secrétariat de la commission des épiscopats de la Communauté européenne (COM.E.C.E), l’Eglise Protestante d’Allemagne et la « Church of England », indique ce communiqué de la COM.E.C.E. Son adoption serait une prise de position claire du Parlement européen en faveur d’une Europe sociale. Il s’agit maintenant que cette déclaration écrite, qui a été déposée le 2 février 2009 par cinq députés européens issus des groupes PPE, PSE, ADLE et UEN, recueille la majorité de signatures nécessaire à son adoption.

La crise économique et financière a fait mieux comprendre à quel point tous les aspects de la vie ne peuvent être marchandés. La consommation effrénée n’est ni un modèle de développement économique durable, ni un modèle de développement humain durable. Nous savons que les hommes et les femmes qui travaillent le dimanche sont discriminés dans leurs relations sociales. Il est prouvé que leur vie familiale, leur épanouissement personnel et même leur santé sont affectés.

Composante de l’héritage culturel de l’Europe, issu d’une longue tradition et d’une grande valeur, le dimanche férié est un facteur décisif de réconciliation entre travail et vie familiale. Il conserve une signification essentielle dans les relations familiales, dans la vie sociale et culturelle. Il est un des rares temps à préserver pour permettre aux enfants et aux parents de se retrouver. Même la législation européenne le considère comme jour de repos hebdomadaire pour les enfants et les adolescents (1). C’est pourquoi le respect du repos dominical est à la base du modèle social européen.

Or, ces dernières années, la protection du dimanche a été réduite dans de nombreux Etats membres, à la faveur d’une vision politique trop consumériste. Les salariés sont ainsi confrontés au morcellement de leur vie privée, les entreprises voient les consommateurs se détourner des P.M.E. qui ne peuvent assurer des heures d’ouvertures sans interruption. C’est pourquoi la déclaration écrite invite les Etats membres et les institutions de l’U.E. « à protéger le dimanche, comme jour de repos hebdomadaire, dans les futures législations nationales et européennes qui concernent le temps de travail, afin d’améliorer la protection de la santé des travailleurs et la réconciliation entre travail et vie familiale.

La déclaration écrite doit maintenant recueillir la signature de la majorité de (394) députés européens avant le 7 mai 2009 pour pouvoir être adoptée par le Parlement européen.

(1) Voir l’article 10 de la Directive 94/33/CE du Conseil, du 22 juin 1994, relative à la protection des jeunes au travail, JO L 216, p. 12-20
L’article 116 du règlement du Parlement européen, stipule qu’une déclaration écrite est un texte d’une longueur maximum de deux cents mots présenté par au maximum cinq députés européens, soumis pendant trois mois à l’ensemble des députés. Si la déclaration recueille une majorité de signatures, elle devient un acte officiel du Parlement et est alors transmise aux destinataires qu’elle mentionne.

Un commentaire

Travailler le dimanche….

notre-dame-de-pentecote.jpgEditorial du père Michel ANGLARES lu dans la lettre hebdomadaire ( 4-11 février 2009) Dessine-moi une espérance n°369 de la maison d’Eglise Notre-Dame de Pentecôte située à la Défense :

Les besoins de la société et des individus requièrent l’exercice d’un certain nombre de professions, de jour comme de nuit, jours ouvrables comme jours fériés. Pour autant faut-il généraliser le travail dominical même et surtout s’il doit concerner essentiellement les activités commerciales ?

Trois objections se dressent à l’encontre de cette perspective. En premier lieu, le lien social est suffisamment délité dans notre société pour ne pas aggraver cette déficience dont beaucoup de nos contemporains se plaignent. Avoir un jour où nous pouvons nous rencontrer en famille, entre amis, se détendre ensemble, prier ensemble… est indispensable à l’équilibre de chacun et à celui des collectivités. Certaines personnes
« haïssent le dimanche » car elles s’ennuient ferme ce jour-là et ressentent davantage la solitude. Raison de plus pour elles et celles qui les entourent de développer une vraie convivialité à travers des activités ludiques, associatives, sportives ou autres…
Un jour de congé hebdomadaire qui soit le même pour tous offre la possibilité de développer des relations gratuites et amicales plus difficiles à établir dans la vie professionnelle et qui le seraient également si les jours de repos s’étalaient dans toute la semaine.

En second lieu, l’ouverture des commerces le dimanche revient à vouer une fois de plus un culte au dieu « argent ». Faire de ce dernier une idole à laquelle tout est sacrifié nous a conduits dans l’impasse actuelle qui s’appelle la crise financière et économique. N’avons-nous donc aucune leçon à en tirer ? Pour des étudiants, des personnes aux revenus limités, travailler un jour férié est évidemment intéressant. Est-il impossible d’imaginer d’autres moyens de rémunération, une distribution moins inégale de l’argent, permettant à ces personnes de pouvoir goûter un vrai repos hebdomadaire doublé de rencontres amicales ?

Enfin, selon le législateur, le travail dominical serait réservé aux seuls volontaires. Qui peut y croire ? La machine une fois lancée, les impératifs commerciaux et la peur du chômage aidant, qui aura la liberté de refuser les pressions de l’employeur pour venir travailler les jours fériés ?

Le préfet des Hauts-de-Seine vient de signer un document faisant de la Défense un site touristique. De ce fait, des commerces vont pouvoir ouvrir leurs portes le week-end. La principale raison avancée, fort louable, est d’animer ce lieu relativement déserté le dimanche. Cependant, ne peut-on faire venir du monde sur ce site par des propositions culturelles et ludiques plus attrayantes ?

Pour les chrétiens, le dimanche reste « le jour du Seigneur », celui où le Christ nous invite à participer à son eucharistie, à faire tous ensemble « corps avec Lui », à approfondir la foi, l’espérance et l’amour pour transformer le monde présent et annoncer de cette façon le monde à venir. Les circonstances de la vie peuvent empêcher les uns ou les autres de répondre ce jour-là au rendez-vous du Seigneur. Il n’en restera pas moins un jour privilégié pour permettre d’aviver notre communion avec Dieu, les uns avec les autres, et avec toute l’humanité.

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Contre le matérialisme, préserver le repos dominical !

joseph.jpgArticle de Joseph Thouvenel, secrétaire général adjoint de la C.F.T.C, paru dans le revue Permanences de décembre 2008 :

Si la C.F.T.C.  » se réclame et s’inspire de la morale sociale chrétienne « 1, elle est un syndicat laïque, nullement lié par les préceptes du catéchisme de l’Eglise catholique. Ne pas être lié ne veut pas dire être opposé ou indifférent, quand ce catéchisme affirme que le dimanche  » jour du Seigneur est le jour de l’assemblée liturgique par excellence, le jour de la famille chrétienne, le jour de la joie et du repos du travail « 2. La conception du dimanche défendu par la C.F.T.C. est en harmonie avec celle de l’Eglise.

Pour nous le repos dominical est ce temps dans la semaine où la vie économique est mise entre parenthèses pour favoriser la vie familiale, associative, personnelle, religieuse. Ce temps, qui est traditionnellement, en Occident, celui du dimanche, est régulièrement attaqué par les partisans du matérialisme marchand, cette forme contemporaine d’adoration du veau d’or. Ce que la C.F.T.C. et beaucoup d’autres défendent avec le repos dominical, ce n’est pas un simple et nécessaire temps de repos, c’est une civilisation au sens premier du terme, c’est-à-dire faire passer une collectivité à un état social plus évolué, plus humain.

Déjà au XVIIe siècle, certains beaux esprits prônaient le travail sept jours sur sept afin, disaient-ils, « d’enrichir la société ». La révolution leur donna raison en abolissant le repos dominical, réduisant par la même l’homme à un rôle d’animal économique. Au XXIe siècle leurs héritiers voudraient nous faire croire que la France irait mieux si l’on pouvait pousser le caddie tous les jours.

En 1906, la chambre laïque de la séparation de l’Eglise et de l’Etat fixa dans la loi le principe du repos dominical. Principe non figé, puisqu’en un peu plus d’un siècle, nombre d’exceptions de bon sens sont venues confirmer la règle.

Aujourd’hui, l’enjeu c’est l’ouverture des grandes surfaces le dimanche, les partisans de la déréglementation s’appuyant principalement sur l’idée de liberté et du fait accompli.

Pour la C.F.T.C, il n’y a pas de véritable liberté sans la diversité, or la généralisation de l’ouverture des grandes surfaces le dimanche, c’est la destruction du commerce de proximité, les grandes surfaces « cannibalisant » les parts de marché.

Adieu les marchés traditionnels du dimanche matin quand la grande distribution pourra ouvrir le jour du Seigneur. Adieu aussi la diversité des sources d’approvisionnement ; l’exemple de l’édition devrait nous alerter : au fur et à mesure que disparaissent nos libraires de quartier, les maisons d’édition indépendantes s’éteignent.

L’artisan ou le petit commerçant peuvent-ils ouvrir sans interruption, sept jours sur sept ? N’ont-ils pas droit, eux aussi, à une vie de famille, à une vraie vie sociale ? Comment peuvent-ils résister à la formidable pression « marketing » des grandes surfaces ? Comme cette publicité diffusée dans le Val d’Oise, promettant moins 50% sur les jouets achetés le dimanche – et uniquement le dimanche – dans les magasins Leclerc. Qu’en sera-t-il de la libre concurrence, quand il n’y aura plus de concurrence ?

Faudra-t-il un nouvel impôt pour payer les minibus qui devront amener les personnes âgées faire leurs emplettes dans les centres commerciaux, quand nos centres-villes, nos bourgs et nos villages seront complètement désertifiés ?

Socialement, comme le déclarait Renaud Dutreil quand il était ministre des P.M.E, l’ouverture des commerces le dimanche entraînerait « la destruction de centaines de milliers d’emplois », destruction non compensée par des créations de postes dans la grande distribution.

Quant à la liberté de choix du salarié, elle est imaginaire. Le demandeur d’emploi a-t-il le choix si on lui propose un contrat de travail avec une clause stipulant qu’à la demande, il devra travailler le dimanche ? Le salarié du commerce a-t-il le choix quand il sait que son refus aura pour conséquence de mettre en péril son emploi ou de se retrouver le plus mal placé pour la prise de congés et les augmentations de salaire ?

Le gros des troupes de la grande distribution est constitué de mères de famille, employées à temps partiel (salaire net moyen mensuel : 750 €). Dans ces conditions, a-t-on la liberté de dire oui ou non pour travailler le dimanche ?

Il est à noter que ceux qui ont légalement le droit de travailler le dimanche et des moyens financiers qui les autorisent à exercer librement ce droit, font très largement le choix du repos dominical. Combien de cabinets médicaux sont ouverts le septième jour, en dehors des périodes de garde obligatoire ?

Enfin, le fait que de grandes enseignes ouvrent illégalement depuis des années, démontrerait que cela est « une évolution sociétale inéluctable ». Mais c’est la volonté, le courage ou la lâcheté des hommes qui fait la société et non un hypothétique sens de l’Histoire. Quant à cette légitimation de la violation de la loi, elle est irrecevable. Le grand groupe qui ne respecte pas la règle commune au prétexte que cela permet de faire du chiffre, n’est pas plus justifiable que le « pickpocket » qui, lui, vole aussi pour faire du chiffre.

Des sondages indiquent qu’un grand nombre de nos concitoyens serait favorable à l’ouverture de commerces le dimanche. Mais, outre que personne ne s’oppose à l’achat du croissant le dimanche matin avant de faire son marché, la vraie question est « voulez-vous personnellement travailler le dimanche ? » et là, une écrasante majorité répond non ! Doit-on souhaiter aux autres ce que l’on ne désire pas pour soi-même ?

L’équilibre entre Bien Commun et pulsion individuelle mérite que l’on réfrène des mécanismes économiques aveugles ou des désirs de consommation immédiate, pour laisser s’épanouir la vie familiale, les liens sociaux et la vie spirituelle. Le respect du repos dominical permet de briser l’enchaînement qui réduit l’homme à sa dimension matérielle. Voulons-nous préserver cette liberté essentielle ?

(1) Article 1 des statuts de la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (C.F.T.C)
(2) § 1193 du Catéchisme de l’Eglise Catholique

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