Archive pour mars 2009

Le travail le dimanche : une question anodine ?

vieux-colombierTelle sera la question abordée par Joseph THOUVENEL invité du Cercle du Vieux Colombier.

Secrétaire adjoint de la C.F.T.C, en charge des questions économiques et européennes ; également président de la C.F.T.C. Paris, membre du Comité Intersyndical de l’Epargne Salariale et membre du Comité Exécutif de la Confédération Européenne des Syndicats.

Entre 1975 et 1982, Joseph Thouvenel a travaillé successivement comme manoeuvre en horticulture, gardien de nuit, coursier, chef d’équipe puis chef de secteur au sein d’une société de nettoyage. De 1982 à 1999, il travaille en tant que commis en bourse, puis devient membre du Conseil des Marchés Financiers (C.M.F.) en 1992.

Mardi 7 avril 2009 à 19h45

Salle Saint Etienne, sous l’église de la Madeleine
PLACE DE LA MADELEINE    75008 PARIS – M° Madeleine
Accès du côté gauche de l’église, face au magasin « Hédiard »

P.A.F : adhérents : 2 € – non-adhérents : 5 €

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Avant le 8 mai, soutenons les députés qui veulent sauver le dimanche

cloche-de-liberte-politique.jpgNous reproduisons intégralement l’appel de Liberté politique.com à soutenir les eurodéputés qui défendent le repos dominical :

La déclaration écrite courageuse des cinq députés européens [1] en faveur du repos dominical pourra-t-elle venir à bout du vent contraire de la Directive européenne clairement opposée du 19 décembre 2008 ? Avant qu’il ne soit trop tard, soutenons les députés qui les ont rejoints en sollicitant ceux qui ne se sont pas manifestés.
Avant le 8 mai… et trois mois avant les élections européennes, nos lettres aux députés pourront aider aussi les candidats sortants à réfléchir.

On se souvient qu’à la veille de Noël, pour des raisons de procédure, les trois députés européens du groupe du Parti populaire européen (démocrates-chrétiens) et des Démocrates européens, Marie Panayotopoulos-Cassiotou (Grèce), Thomas Mann (Allemagne) et Hubert Pirker (Autriche) n’avaient pas pu s’exprimer sur les deux amendements qu’ils avaient proposés. Ces amendements avaient pourtant été signés par plus de quarante députés et soutenus par les représentations des Églises, des alliances pour la protection du dimanche et des syndicats de nombreux États membres.

Un acte manqué

Empêchés de débattre d’une question primordiale pour les citoyens européens, le secrétaire général de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (Comece), le polonais Piotr Mazurkiewicz, avait déclaré :
« Le dimanche comme jour de repos hebdomadaire privilégié ne sera pas mentionné dans la future Directive sur le temps de travail, alors même que l’objectif affiché de cette Directive est de permettre la réconciliation entre travail et vie familiale. C’est une incohérence et un acte manqué lorsqu’on sait à quel point les citoyens européens attendent aujourd’hui une Europe sociale qui protège les travailleurs et leurs familles. »

Une telle issue n’étonne guère. Rien de plus logique au sein d’une Europe qui avait déjà renié ses origines chrétiennes dans son projet de Constitution ! Mais rien de plus inattendu pourtant que le point 4 de ladite Directive européenne qui mendie aux autres religions leur jour de repos : les États membres y sont invités à reconnaître que « dans une société pluriculturelle, il y a également des communautés religieuses qui peuvent avoir une préférence pour un autre jour de la semaine ». Le tour est formidable : comment déboulonner au mieux un dimanche d’origine chrétienne sous le fallacieux prétexte du respect des religions, manipulation grossière d’un laïcisme relativiste. Personne n’est dupe évidemment.

La vérité n’exclut personne

À ceux qui voudraient mettre sur le même plan le christianisme fondateur de l’Europe et les religions arrivantes n’ayant toujours pas fait d’ailleurs leur aggiornamento humaniste, qu’on nous permette de leur opposer ici les propos tranquilles de l’historien Max Gallo dans sa toute récente interview paru dans Le Point :
« C’était une erreur que de vouloir supprimer dans le traité de 2005, sous la pression de la France, la référence aux origines chrétiennes. Ou l’on ne parle pas des origines historiques de l’Europe et on laisse la question ouverte en disant qu’elle est une civilisation. Ou l’on en parle et il faut être dans la vérité historique. Et la vérité historique est que l’Europe est une création liée au catholicisme. En disant cela, on n’exclut personne. »

Cinquante-huit députés ne s’en sont d’ailleurs pas laissé compter, en rejoignant les cinq auteurs de la déclaration en faveur du respect du dimanche [2].

Ayons à cœur de les soutenir, sans perdre de vue la date butoir du 7 mai. Il s’agit de convaincre vite plus de trois cent cinquante députés européens. Écrivons-leur massivement et de quelque manière que ce soit (lettre type ci-dessous). Fax, email, lettre feront l’affaire. Soutenus par leurs élus, ils n’hésiteront plus à les représenter au plus près. Nous serons leur force.

D’une certaine façon naturelle et allant de soi, la mobilisation des chrétiens, en première ligne sur cette question du dimanche, doit être indéfectible. Soyons surtout convaincus que ce qui est bon pour un chrétien est bon pour tout homme, que le dimanche est un trésor social à partager.

[1] Les cinq auteurs de la déclaration en faveur du respect du dimanche : Anna Záborská, Slovaquie, et Martin Kastler, Allemagne, groupe du Parti populaire européen (Démocrates-chrétiens) et des Démocrates européens, Jean Louis Cottigny, France, Groupe socialiste au Parlement européen, Patrizia Toia, Italie, Groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, Konrad Szyma?ski, Pologne, Groupe Union pour l’Europe des Nations.

[2] Liste des députés favorables au respect du dimanche : Agnoletto, Vittorio; Angelilli, Roberta; Arif, Kader; Aylward, Liam; Becsey, Zsolt László; Bono, Guy; Braghetto, Iles; Cocilovo, Luigi; Cottigny, Jean Louis; Deß, Albert; Dumitriu, Constantin; Falbr, Richard; Fernandes, Emanuel Jardim; Fiore, Roberto; Gál, Kinga; Gardini, Elisabetta; Giertych, Maciej Marian; Janowski, Mieczys?aw Edmund; Kastler, Martin; Ku?miuk, Zbigniew Krzysztof; Lang, Carl; Lefrançois, Roselyne; Leinen, Jo; Libicki, Marcin; Louis, Patrick; Lyubcheva, Marusya Ivanova; Mann, Thomas; Masiel, Jan Tadeusz; Mavrommatis, Manolis; Mayer, Hans-Peter; Meijer, Erik; Méndez de Vigo, Íñigo; Mitchell, Gay; Mölzer, Andreas; Muscardini, Cristiana; Olbrycht, Jan; Oviir, Siiri; Panayotopoulos-Cassiotou, Marie; Peterle, Alojz; P?ks, Rihards; Podka?ski, Zdzis?aw Zbigniew; Posselt, Bernd; Pribetich, Pierre; Ribeiro e Castro, José; Roithová, Zuzana; Romagnoli, Luca; Salafranca Sánchez-Neyra, José Ignacio; Stoyanov, Dimitar; Strož, Daniel; Szyma?ski, Konrad; Toia, Patrizia; Tomaszewska, Ewa; Tomczak, Witold; Vaugrenard, Yannick; Visser, Cornelis; Záborská, Anna; Zaleski, Zbigniew.

Lettre type à reprendre ou à personnaliser

Madame, Monsieur le député,

En plein débat sur le choix du jour de repos, je tiens à vous exprimer mon vœu que le dimanche soit protégé et reste le jour férié en Europe.

Le dimanche est le noyau d’un ordre social historique. Il est considéré depuis longtemps en Europe comme le jour d’un mieux-vivre pour tout homme : temps privilégié des relations humaines, de la famille, de la vie spirituelle, du sport même… La liste est longue d’un temps fécond qui rend l’homme un peu plus homme. Demander à protéger le dimanche férié comme je vous le demande instamment ici revient à vous demander de protéger toujours davantage la dignité de la personne humaine.

Je ne peux m’expliquer la mise en danger du dimanche qui crée du lien dans des pays qui constatent pourtant chaque jour sa désagrégation dangereuse.

Je vous demande par conséquent de soutenir par votre signature la déclaration écrite 0009/2009 sur la protection du dimanche férié en tant que pilier essentiel du modèle social européen et élément du patrimoine culturel européen, déposée par les députés Anna Záborská, Martin Kastler, Jean Louis Cottigny, Patrizia Toia et Konrad Szyma?ski.

Vous remerciant par avance de la considération que vous donnerez à ma demande

Signature :

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DÉCLARATION ÉCRITE : le texte intégral.

Anna Záborskádéposée au Parlement européen par Anna Záborská, Martin Kastler, Jean-Louis Cottigny, Patricia Toia, Konrad Szymanski sur la protection du dimanche férié en tant que pilier essentiel du modèle social européen et élément du patrimoine culturel européen :

Le Parlement européen,

A. considérant que le dimanche férié est un pilier essentiel du modèle social européen et un élément du patrimoine culturel européen,

B. considérant qu’une enquête menée par la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (EUROFOUND) révèle que la probabilité de maladie et d’absentéisme dans les entreprises qui travaillent le samedi et le dimanche est 1,3 fois plus
élevée que dans les entreprises qui ne requièrent pas de leurs employés qu’ils travaillent les week-end
,

C. considérant que, selon la législation européenne, le dimanche est le jour de repos hebdomadaire pour les enfants et les adolescents,

D. considérant que, depuis leur création, les institutions, les organes et les agences de l’UE ne travaillent pas le dimanche et n’en ont pas l’intention dans le futur, malgré la diversité des origines religieuses, culturelles et ethniques des fonctionnaires et des décideurs européens,

1. invite les États membres et les institutions de l’UE à conserver le dimanche comme jour de repos hebdomadaire dans toute législation nationale et européenne à venir sur le temps de travail, afin d’améliorer la protection de la santé des travailleurs et de concilier vie
professionnelle et vie de famille
;

2. charge son Président de transmettre la présente déclaration, accompagnée du nom des signataires, au Conseil, à la Commission ainsi qu’aux commissions parlementaires chargées des affaires sociales des parlements nationaux.

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RESTONS VIGILANTS !

la-defense.jpgTravail du dimanche : compromis ou baroud d’honneur ?

« Interrogeant nombre de concitoyens, l’on se rend d’ailleurs assez vite compte que tout le monde croit à l’embellie, à commencer par les chrétiens anesthésiés, tout le monde est persuadé que le projet est remisé, enterré même. »

Mais en fait, « la proposition de loi Mallié sur le travail du dimanche  a été maintenu autour d’un compromis et le report de l’examen du texte. »

Extraits :

« En pointe dans la résistance à la proposition Mallié, le député Jean-Frédéric Poisson a cru bon de faire une mise au point :

« L’arbitrage qui a été rendu en fin de compte permet d’envisager la suite du débat parlementaire, car il a commencé — certes une heure et quart avant Noël — mais il a commencé. Maintenant nous sommes en situation de dire : “Finalement le texte qui est présenté à l’Assemblée nationale est satisfaisant.” Les garde-fous y sont à peu près tous ; je dis “à peu près tous ” parce qu’il n’y a pas de loi qui soit préservée contre ses propres évolutions. Le système actuel nous paraît satisfaisant et le texte tel qu’il est actuellement, je le défendrai et je le voterai. »

Si la mise au point est intéressante, comment interpréter qu’au même moment, et conformément au projet de loi actuel qui ouvre un boulevard aux « zones touristiques » et aux « zones frontalières », le quartier d’affaires de La Défense soit classé « zone touristique » généralisant l’ouverture de ses magasins le dimanche ? Cela ne sonne-t-il pas comme un camouflet ?

Complexe, la question du travail le dimanche a montré qu’il fallait évidemment composer, mais si l’on est obligé de dire sa reconnaissance à Jean-Frédéric Poisson et au député des Côtes d’Armor, Marc Le Fur, qui ont bien manœuvré dans le premier temps de l’examen de la proposition Mallié, on peut se demander si leur initiative n’est pas malheureusement qu’un baroud d’honneur.

À ce stade du débat, les questions de conscience se posent aiguës une fois de plus : jusqu’où va la responsabilité politique des chrétiens qui doivent dire non quand il le faut ? [...] Le repos du dimanche, est-ce du non-négociable ? Est-il moralement acceptable de consentir à un compromis imparfait, à moitié rassurant avec ses garde-fous bien fragiles ?

Rien n’est joué loin de là : on approche au contraire avec le mois de mars de la zone de toutes les turbulences. Nous ne perdrons pas de vue non plus la date clé du 7 mai date à laquelle les députés européens auront ou non avalisé la déclaration écrite de cinq des leurs en faveur du dimanche férié, « pilier essentiel du modèle social européen et composante de l’héritage culturel de l’Europe ».

Ne nous faisons pas trop d’illusions : le Président de la République veut cette loi, et ses féaux, Xavier Bertrand, Patrick Devedjian et Jean-François Copé, continuent plus déterminés que jamais leur offensive vers une France toujours plus mondialo-compatible, et au fond moins française. Se trouvera-t-il encore des députés pour leur résister ? »

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