RESTONS VIGILANTS !


la-defense.jpgTravail du dimanche : compromis ou baroud d’honneur ?

« Interrogeant nombre de concitoyens, l’on se rend d’ailleurs assez vite compte que tout le monde croit à l’embellie, à commencer par les chrétiens anesthésiés, tout le monde est persuadé que le projet est remisé, enterré même. »

Mais en fait, « la proposition de loi Mallié sur le travail du dimanche  a été maintenu autour d’un compromis et le report de l’examen du texte. »

Extraits :

« En pointe dans la résistance à la proposition Mallié, le député Jean-Frédéric Poisson a cru bon de faire une mise au point :

« L’arbitrage qui a été rendu en fin de compte permet d’envisager la suite du débat parlementaire, car il a commencé — certes une heure et quart avant Noël — mais il a commencé. Maintenant nous sommes en situation de dire : “Finalement le texte qui est présenté à l’Assemblée nationale est satisfaisant.” Les garde-fous y sont à peu près tous ; je dis “à peu près tous ” parce qu’il n’y a pas de loi qui soit préservée contre ses propres évolutions. Le système actuel nous paraît satisfaisant et le texte tel qu’il est actuellement, je le défendrai et je le voterai. »

Si la mise au point est intéressante, comment interpréter qu’au même moment, et conformément au projet de loi actuel qui ouvre un boulevard aux « zones touristiques » et aux « zones frontalières », le quartier d’affaires de La Défense soit classé « zone touristique » généralisant l’ouverture de ses magasins le dimanche ? Cela ne sonne-t-il pas comme un camouflet ?

Complexe, la question du travail le dimanche a montré qu’il fallait évidemment composer, mais si l’on est obligé de dire sa reconnaissance à Jean-Frédéric Poisson et au député des Côtes d’Armor, Marc Le Fur, qui ont bien manœuvré dans le premier temps de l’examen de la proposition Mallié, on peut se demander si leur initiative n’est pas malheureusement qu’un baroud d’honneur.

À ce stade du débat, les questions de conscience se posent aiguës une fois de plus : jusqu’où va la responsabilité politique des chrétiens qui doivent dire non quand il le faut ? [...] Le repos du dimanche, est-ce du non-négociable ? Est-il moralement acceptable de consentir à un compromis imparfait, à moitié rassurant avec ses garde-fous bien fragiles ?

Rien n’est joué loin de là : on approche au contraire avec le mois de mars de la zone de toutes les turbulences. Nous ne perdrons pas de vue non plus la date clé du 7 mai date à laquelle les députés européens auront ou non avalisé la déclaration écrite de cinq des leurs en faveur du dimanche férié, « pilier essentiel du modèle social européen et composante de l’héritage culturel de l’Europe ».

Ne nous faisons pas trop d’illusions : le Président de la République veut cette loi, et ses féaux, Xavier Bertrand, Patrick Devedjian et Jean-François Copé, continuent plus déterminés que jamais leur offensive vers une France toujours plus mondialo-compatible, et au fond moins française. Se trouvera-t-il encore des députés pour leur résister ? »

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