Archive pour 7 juillet 2009

Le droit d’accomplir librement ses devoirs religieux

Jean-Paul IIQuelques heures après la  parution de la nouvelle encyclique sociale du Saint-Père, rappelons-nous les mots de Jean-Paul II défendant l’importance de certains droits de la condition ouvrière :

« A ces droits, Léon XIII en ajoute un autre (…) que je désire rappeler, étant donné son importance : le droit d’accomplir librement ses devoirs religieux. Le Pape le proclame clairement dans le contexte des autres droits et devoirs des ouvriers, malgré le climat général où, déjà de son temps, on considérait que certaines questions appartenaient exclusivement au domaine de la vie privée. Il affirme la nécessité du repos dominical, afin de rappeler à l’homme la pensée des biens célestes et du culte que l’on doit à la majesté divine. De ce droit, qui s’enracine dans un commandement fondamental, personne ne peut priver l’homme : « Il n’est permis à personne de violer impunément cette dignité de l’homme que Dieu lui-même traite avec un grand respect ». Par conséquent, l’Etat doit assurer à l’ouvrier l’exercice de cette liberté. »

Centesimus Annus, 1er mai 1991

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Travailler plus ou travailler autrement ?

François SoulageEditorial de François Soulage, président national du Secours Catholique, dans le mensuel Messages de juillet/août :

Le monde dans lequel nous vivons est paradoxal.

Jour après jour on annonce des plans sociaux avec des licenciements massifs, et des résultats d’entreprises meilleurs que prévu. Les marchés boursiers redressent la tête, mais le crédit est toujours aussi difficile à obtenir. Le chômage se développe mais les salariés qui ont un emploi sont incités à faire des heures supplémentaires. Dans ce contexte, le travail du dimanche revient comme moyen de relancer la consommation et le pouvoir d’achat. Le Cardinal Barbarin, dans ce numéro, reprend l’essentiel des arguments de ceux qui pensent que le dimanche doit être préservé comme un « bien essentiel pour la vie familiale et les rapports sociaux« .

Nous voyons dans les permanences du Secours Catholique trop de femmes seules, de familles désunies, d’enfants en détresse pour ne pas réagir fortement à toute mesure qui conduit à affaiblir la cohésion des familles, à rendre plus difficile encore la situation des femmes en charge d’enfants qui ne peuvent pas, le plus souvent, refuser de travailler ce jour-là alors qu’elles ont déjà souvent une situation précaire. Il est vrai que le dimanche est mieux payé que les autres jours. Il est donc tentant d’accepter de travailler. Mais cette logique infernale suppose que les autres jours ne seraient pas assez rémunérés.

Plutôt que d’inciter les personnes à travailler plus, ne peut-on aussi réfléchir aux moyens de mieux répartir les richesses, et donc d’augmenter les plus faibles rémunérations ? C’est d’ailleurs ce qu’admet implicitement le R.S.A. lorsqu’il complète les revenus des travailleurs pauvres.

Pour que notre société fonctionne, il y a déjà beaucoup de salariés qui travaillent en horaires décalés, la nuit, le dimanche et les jours fériés pour permettre à la polulation de se déplacer, de faire les achats alimentaires nécessaires, assurer le fonctionnement des services publics, ou qui travaillent en 3×8 pour que les usines ne s’arrêtent pas. N’est-ce pas suffisant ? Ne faudrait-il pas plutôt travailler à l’amélioration des conditions de travail et cesser ainsi d’accroître encore la destruction des rythmes sociaux au nom de la relance de la consommation ?

Ne peut-on trouver d’autres solutions pour améliorer la situation financière des plus démunis, qui ainsi sont encore exposés à une plus grande fragilité ? Est-on sûr que cela est bien le modèle de société auquel, aufond d’eux-mêmes, aspirent nos concitoyens ?

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La Conférence des évêques de France défend le repos dominical

Mgr Bernard PodvinLu sur Le Salon Beige, de Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France :

« L’Eglise catholique n’a pas attendu des projets de loi pour dire son attachement profond au dimanche, au nom de l’équilibre d’une société, du ressourcement de l’homme. Le dimanche est un don à ne pas gaspiller. Dans une société marchande et mobile, il ne faut pas ôter aux hommes ces occasions rares de reprendre souffle. Nous sommes extrêmement vigilants face au débat en cours, notamment en ce qui concerne la définition des zones touristiques. Nous ne voudrions pas qu’il y ait là un engrenage. Un véritable dialogue social doit être mené avec tous les partenaires concernés. Nous regrettons que cette question soit trop souvent considérée sous le seul angle économique. Les enjeux du dimanche sont plus profonds. »

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