Archive pour 8 juillet 2009

Le repos dominical et la santé au Travail

Jean-Paul IIEn la fête de la Croix glorieuse, la grande œuvre du Fils, Jean-Paul II publia en 1981 son encyclique sur le travail humain, Laborem exercens, où il développait les « diverses prestations sociales qui ont pour but d’assurer la vie et la santé des travailleurs et de leurs familles ». C’est à ce titre que le pape slave parle du « droit au repos ». « Il s’agit avant tout ici du repos hebdomadaire régulier, comprenant au moins le dimanche ». Le pape affirme que ce repos fait partie de « ces droits principaux » qui sont l’indice d’une juste définition des rapports entre le travailleur et l’employeur. L’ancien casseur de pierres était très attentif à « des méthodes de travail qui ne portent pas préjudice à la santé physique des travailleurs. »

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Travail dominical : un texte de loi antisocial ?

Mgr Marc AILLETCommuniqué de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne-Lescar et Oloron, à propos de la proposition de loi concernant le travail du dimanche, lu sur www.evangelium-vitae.org :

Certains y verront peut-être un signe de la Providence : le jour même de la publication tant attendue de la première encyclique sociale du pape Benoît XVI, Caritas in veritate, sur le développement humain intégral, qui propose des critères de réflexion susceptibles d’éclairer et d’inspirer les choix politiques en matière économique et sociale, l’Assemblée nationale entame l’examen d’une nouvelle proposition de loi relative aux dérogations au principe du repos dominical, que le gouvernement a souhaité faire inscrire à l’ordre du jour des travaux du Parlement réuni en session extraordinaire…

Cette proposition de loi réaffirme le principe du repos dominical, mais dans le même temps, elle entend légaliser le travail le dimanche dans certaines grandes agglomérations et les zones commerciales frontalières, et l’autoriser de plein droit dans les « zones touristiques ».

Dans ces « zones touristiques », tous les commerces auraient la possibilité d’ouvrir le dimanche, sans compensation ni contrepartie financière pour les salariés concernés. Or, un très grand nombre de communes sont susceptibles d’être déclarées « zones touristiques » à plus ou moins brève échéance. Il en résulterait une banalisation puis une généralisation du travail le dimanche, comme l’ont d’ailleurs relevé la plupart des centrales syndicales ainsi que maints observateurs et des parlementaires de toutes sensibilités politiques.

Ce n’est pas la première fois qu’en France, le législateur affirme solennellement un principe, qu’il vide en fait de son contenu en autorisant des dérogations qui sont telles que la règle (en l’occurrence, le respect du repos dominical) ne tarde pas à devenir l’exception…

Fidèles à l’enseignement social de l’Eglise ainsi qu’à l’héritage des « catholiques sociaux » qui furent si souvent à l’origine des grandes lois sociales du XIXème et du début du XXème siècles, nous ne pouvons accepter une telle régression sociale, hélas caractéristique du « consumérisme » et du « primat de l’économie » qui tend à s’imposer au détriment de la personne humaine, de sa dignité et de ses droits. Comme le souligne précisément Benoît XVI dans Caritas in veritate, « l’activité économique ne peut résoudre tous les problèmes sociaux par la simple extension de la logique marchande. Celle-là doit viser la recherche du bien commun, que la communauté politique d’abord doit aussi prendre en charge » et le marché « ne doit donc pas devenir, le lieu de la domination du fort sur le faible » (cf. n° 36).

Si le dimanche revêt en définitive une importance primordiale pour les chrétiens du monde entier qui célèbrent et sanctifient le jour du Seigneur, c’est aussi pour l’ensemble de nos concitoyens qu’il importe de défendre le principe d’un jour de repos qui soit le même pour tous, repos dominical si nécessaire à l’harmonie de la vie familiale et de la vie sociale.

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Le repos du dimanche est nécessaire à l’homme

Véronique BesseLe député Véronique Besse a défendu hier le repos dominical à l’Assemblée Nationale. Extraits lus sur le Salon Beige :

« Cette quatrième version souffre d’ailleurs d’un paradoxe que les Français ont tout de suite perçu : c’est-à-dire que tout en réaffirmant le principe du repos dominical, elle vide ce repos dominical de toute sa substance. En réalité, cette proposition de loi va venir rayer d’un trait de plume près de 17 siècles d’histoire de notre civilisation européenne. Depuis le règne de l’empereur romain Constantin au IVème siècle, le jour du dimanche est en effet considéré en Europe comme un jour de repos. Remis en cause à plusieurs reprises, ce principe du repos dominical fut réaffirmé en France en 1906 dans l’intérêt des salariés et de leurs familles. Vous le savez, traditionnellement, le dimanche est consacré aux activités familiales. C’est également un jour privilégié pour l’éducation des enfants. Le dimanche est particulièrement propice à la transmission des valeurs familiales et des valeurs de notre société. [...]

Nous ne devons pas nous tromper de débat. Le travail du dimanche n’est pas un tabou. Contrairement à ce que l’on a pu entendre, il ne l’a même jamais été. Les Français n’y sont tout simplement pas favorables. Cette proposition de loi que nous examinons aujourd’hui est surtout l’occasion, pour nous, de nous interroger sur les fondements de notre société. Cette proposition de loi sur le travail du dimanche pose la question de ce que nous voulons, pour notre avenir. Le repos du dimanche n’est pas qu’un simple héritage de l’histoire, il est nécessaire à l’homme. Tout d’abord parce que c’est un jour qui rythme l’ensemble de la société sur un même tempo. Au moment même où l’individualisme se développe et devient une véritable menace pour notre société, conserver de manière pérenne une journée de repos commune, y compris dans les zones touristiques, c’est-à-dire principalement les grandes agglomérations, est une nécessité. »

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Le travail dominical, contraire à la « politique de civilisation »

Dominique SouchetExtrait de l’intervention du député Dominique Souchet, hier à l’Assemblée nationale lu sur www.chretiente.info :

« Le gouvernement avait sagement renoncé à légiférer sur l’extension du travail dominical, notamment après s’être heurté à la résistance courageuse d’un groupe consistant de députés de la majorité en phase avec la majorité de l’opinion. Mais non : avec une obstination, un acharnement, un entêtement surprenants, alors que personne ne lui demande rien, ni les Français, ni même les grandes chaînes commerciales (il suffit d’écouter Michel-Edouard Leclerc), le gouvernement revient à la charge en nous présentant, au coeur de l’été, une nouvelle version prétendue « light » de la proposition du mois de décembre, une proposition, un projet de loi, on ne sait plus très bien, dont le titre est tellement contourné et la sémantique si finement retravaillée qu’ils éveillent comme mécaniquement le soupçon.

La contradiction semble criante entre l’objectif d’une politique qui se présente comme une « politique de civilisation » et ce qui apparaît comme le détricotage d’un repère essentiel permettant précisément de distinguer une société civilisée d’un simple agglomérat d’individus. Lors du récent Congrès à Versailles, le Président de la République a particulièrement insisté sur l’importance qu’il attachait au modèle social français. Il serait, et nous partageons cet avis, notre meilleur bouclier face à la crise. Mais le repos dominical et ce qu’il permet ne sont-ils pas précisément un des éléments constitutifs du modèle français ?

[...] Ce n’est en aucun cas une réponse crédible à la crise économique, ni un mode de vie décent à proposer. [...] La raison qui a présidé à l’élaboration de cette proposition de loi est d’ « accroître l’activité » pour « libérer la croissance ». Pourtant, aucune étude économique ne présente des évaluation probantes. Au mieux, les nouvelles dispositions permettront donc un transfert d’activité, c’est-à-dire un transfert d’emploi et un transfert d’achat sur des jours habituellement non-ouvrables. Car ouvrir plus longtemps ne fait pas consommer plus. [...] En définitive, cette proposition de loi me paraît inadaptée aux besoins actuels de notre pays. [...] Au total, ce que nous redoutons, c’est la mise en place d’un enchaînement, d’une contagion, d’un engrenage, c’est un effet domino, un effet boule de neige à partir d’une brèche législative porteuse d’un élargissement potentiellement sans fin de dérogations. Cet élargissement progressif pourrait bien, au terme du processus, aboutir à transformer en exception la règle elle-même que la proposition de loi est censé réaffirmer : celle du repos dominical. »

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