Archive pour 22 juillet 2009
Un roman à lire cet été : Le Dernier Dimanche de Gaspard-Marie Janvier !
Posté par David dans Réflexions le 22 juillet 2009
Le Dernier Dimanche de Gaspard-Marie JANVIER
éd. Mille et une nuits (2009)
Extrait p.61 :
1er dimanche de Pâques (8 avril)
Il est descendu aux Enfers et ressuscité
Avant que la perspective d’un dernier dimanche n’entre dans les programmes électoraux, je n’avais jamais pris conscience qu’il y eût un premier dimanche, moins encore qu’il pût y en avoir un dernier, et que la longue série semainière structurant mon quotidien profane depuis le jour de ma naissance s’inaugurait le jour de la résurrection du Christ, voici deux mille ans.
Sainte Marie-Madeleine, apôtre du Dimanche
Posté par David dans Actualité religieuse le 22 juillet 2009
Merci à Hélène Bodenez pour son commentaire à propos des lectures des messes de ces jours-ci :
Alors que le débat revenait à l’Assemblée Nationale en concomitance des deux dates d’apparition de Notre-Dame du Dimanche les 8 juin et 8 juillet derniers, on ne peut qu’être saisi par l’actualité des lectures des messes de ces jours-ci alors que le texte de proposition de loi Mallié attaquant le principe du repos dominical est examiné au Sénat.
Parole de Dieu vivante, ces lectures nous rappellent hier 21 juillet la libération du joug des Egyptiens, la libération du peuple hébreu conduit par Moïse et à qui Dieu avait dit : »Toi, lève ton bâton, étends le bras contre la mer, fends-la en deux, et que les fils d’Israël pénètrent dans la mer à pied sec. Et moi, je vais endurcir le cœur des Égyptiens : ils pénétreront derrière eux dans la mer ; je triompherai, pour ma gloire, de Pharaon et de toute son armée, de ses chars et de ses guerriers. Les Egyptiens sauront que je suis le Seigneur, quand j’aurai triomphé, pour ma gloire, de Pharaon, de ses chars et de ses guerriers. » Cette première libération était la figure de la grande libération qu’opèrerait le Christ avec sa résurrection d’entre les morts.
Aujourd’hui 22 juillet, nous fêtons sainte Marie-Madeleine, apôtre du dimanche si l’on peut dire, « apôtres des apôtres » comme la nomme saint Romanos le Mélode. Le texte retenu par l’Eglise dans sa liturgie de fête est précisément le texte de la Résurrection qui a eu lieu le premier jour de la semaine appelé depuis Jour du Seigneur.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,1-2.11-18.
Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu’il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Le matin de Pâques, Marie-Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a mis. » Marie Madeleine restait là dehors, à pleurer devant le tombeau. Elle se penche vers l’intérieur, tout en larmes, et, à l’endroit où le corps de Jésus avait été déposé, elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds.
Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé le Seigneur mon Maître, et je ne sais pas où on l’a mis. » Tout en disant cela, elle se retourne et aperçoit Jésus qui était là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui demande : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le gardien, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et moi, j’irai le reprendre. »
Jésus lui dit alors : « Marie ! » Elle se tourne vers lui et lui dit : « Rabbouni ! » ce qui veut dire : « Maître » dans la langue des Juifs. Jésus reprend : « Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur, et voilà ce qu’il m’a dit. »
« Je préfère les amateurs de vie spirituelle aux théologiens du marché ! »
Posté par David dans Actualité politique le 22 juillet 2009
Remarquable intervention du sénateur U.M.P. de Maine-et-Loire (Pays de la Loire) André LARDEUX, hier lors de la discussion générale au Sénat :
La France est un pays formidable, où le vice vaut souvent mieux que la vertu, où le premier est mieux récompensé que la seconde. On bafoue la loi en ouvrant des magasins le dimanche, puis on modifie la loi pour éviter la sanction du juge. C’est la loi de la jungle… Je ne crois pas que le législateur s’honorerait à voter un texte qui récompense la délinquance économique – et qui, même amélioré, exprime toujours la même philosophie, sinon il n’aurait pas de sens. La proposition ouvre la porte à la généralisation du travail le dimanche.
Il suffira de multiplier les cas particuliers ou, comme maintenant, de violer la loi. Je voterai résolument contre ce texte, d’autant que le Sénat a interdiction de le modifier. C’est une question de principe. Ce qui est en jeu, c’est notre conception de la vie en société. Il y a ici un changement sociétal qui ne veut pas dire son nom.
Faut-il, au prétexte d’être moderne, tout regarder par le petit bout de la lorgnette économique ? Étendre le travail le dimanche a des avantages hypothétiques et des inconvénients certains. Les termes de l’échange sont déséquilibrés. Et ce n’est pas parce que sept millions de Français travaillent régulièrement ou occasionnellement le dimanche qu’il faut en rajouter ! Je suis hostile à cette proposition qui n’est pas de bon sens et qui méconnaît la dignité des personnes.
Le dimanche n’est pas un jour comme les autres : j’ai au moins dix raisons pour l’affirmer.
Première raison : C’est un acquis social apprécié depuis cent ans. La loi de 1906 sur le repos dominical mettait fin à des décennies de régression sociale.
Deuxième raison : Le dimanche est le jour de la famille, le jour où deux ou trois générations se retrouvent : comme rapporteur de la branche famille, j’y suis sensible. Et les parents de jeunes enfants devront-ils payer double ce jour-là leur assistante maternelle ? Les aides de la C.A.F. devront-elles doubler aussi ? Chacun désormais vivra à son rythme, les familles seront un peu plus déstabilisées. Déjà tant de parents et d’enfants passent peu de temps ensemble !
Troisième raison : Le régime actuel favorise le jeu, le sport, la vie en société ; hors la présence des parents, les activités sportives ou culturelles sont plus difficiles à organiser et nombre d’enfants en seront donc exclus. Beau progrès !
Quatrième raison : Le travail le dimanche est un leurre économique, le gâteau divisé en sept n’est pas plus gros que divisé en six. Ouvrir plus longtemps n’augmente pas les achats des clients, sauf si les concurrents sont, eux, fermés… Les budgets des consommateurs ne sont pas extensibles, surtout en ce moment. En Allemagne, l’assouplissement des règles pour le commerce de détail en 2003 n’a pas modifié d’un iota les taux de l’épargne et de la consommation. Les créations d’emplois sont incertaines, les destructions garanties. Les petits commerces seront définitivement écrasés par la grande distribution.
Cinquième raison : Le travail le dimanche est un piège pour les salariés. La banalisation du travail le dimanche aboutira à une déréglementation totale. Celui qui ne voudra pas travailler le dimanche sera prioritaire en cas de licenciement. Il subira de très fortes pressions. La sur-rémunération est alléchante : mais elle sera instaurée au détriment des autres salariés. Il est curieux du reste que l’on puisse payer double le salarié le dimanche, alors que la grande distribution refuse la moindre augmentation sur le reste de la semaine !
Il est donc hypocrite de nous dire que ce serait une réponse aux difficultés des travailleurs pauvres. Ce sera une bonne base de revendication salariale pour ceux qui travaillent déjà le dimanche pour nécessité de service public !
On nous dit que travailler le dimanche est le souhait des femmes seules avec enfants ; j’entends que l’on vise les plus pauvres. On nous parle aussi des jeunes célibataires, oubliant qu’ils se marieront un jour et auront des enfants. On nous dit encore que des étudiants financeraient ainsi leurs études, comme si le commerce ne fonctionnait qu’avec des étudiants. Et d’ailleurs est-ce ainsi qu’on réglera le problème du financement des études ?
L’argument de la sur-rémunération risque d’être mis à mal par la Cour de cassation, selon qui un salarié qui travaille « habituellement » le dimanche ne peut prétendre à une majoration de salaire.
Sixième raison : il ne faut pas tomber dans l’addiction à la consommation. N’en faisons pas une nouvelle idole : elle doit participer à l’épanouissement de l’homme, non à son assujettissement. Avons-nous besoin d’acheter sept jours sur sept, au risque, pour les plus pauvres, du surendettement ? La consommation doit-elle être l’horizon indépassable de notre société ? Il n’y a pas besoin d’être un pousseur de chariot pour être un bon citoyen !
Des temps de repos sont indispensables ; la société doit s’autoriser un relâchement de la cadence de travail et octroyer à ses membres un temps libre de l’économique. Passer du temps sur un terrain de sport ou dans la nature serait plus profitable que de déambuler dans une galerie marchande. Doit-on, pour gagner honnêtement son pain, renoncer à la qualité de la vie ? On ne peut impunément remplacer « je pense donc je suis » par « je bouge donc j’existe ». Il semble d’ailleurs que les probabilités de maladie soient plus grandes de 30 % dans les entreprises où les salariés travaillent le samedi et le dimanche. On peut enfin s’interroger sur le bilan carbone du travail dominical.
Huitième raison : Le repos dominical est un repère pour l’homme, inscrit dans toutes ses dimensions, de l’horloge biologique à la spiritualité. Qu’est une société sans rythme commun ? Une jungle abandonnée à l’individualisme. La culture du gain doit-elle passer avant celle de la personne ? En faisant de celle-ci un moyen, on ne regarde pas si les âmes se perdent mais si les affaires se font. L’argent dévore les individus et réifie les salariés. C’est un appauvrissement spirituel sans enrichissement économique. Le Président de la République n’a pas dit autre chose au Latran quand il a dénoncé la frénésie de consommation ni quand, recevant le pape à l’Elysée, il a déclaré que la croissance économique n’avait pas de sens si elle était sa propre finalité.
Neuvième raison : le repos dominical fait partie de nos racines ; le mettre en cause, c’est amoindrir la cohérence de notre société.
Enfin, et c’est ma dernière et dixième raison, en tant que catholique, je ne peux pas ne pas évoquer le caractère sacré de ce jour, jour différent, jour du repos prescrit par Dieu. Je préfère les amateurs de vie spirituelle aux théologiens du marché ! Le chrétien se fait le promoteur de ce qui ne sert à rien, de ce que l’on croit à tort inutile, il montre les limites d’un monde où tout s’achète et se vend, il souligne le sens du gratuit et la culture du don. Certains objecteront qu’en permettant la messe le samedi soir le concile aurait ouvert la brèche puisque le jour liturgique va de minuit à minuit. Il s’agit en fait d’une extension de la vigile en souvenir du sabbat juif.
L’extension du travail le dimanche n’est pas une affaire d’efficacité économique mais un choix de société. Aucun économiste ne peut dire que l’on aurait besoin d’ouvrir partout le dimanche. Le travail dominical n’est pas une liberté mais un leurre. Il y a mieux à proposer à nos concitoyens que « métro, boulot, conso ».