Archive pour 23 juillet 2009
Honneur à ceux qui ont voté contre !
Posté par David dans Actualité politique le 23 juillet 2009
Seconde intervention remarquable d’un sénateur U.M.P. hier au coeur de la bataille au Sénat, celle de Marie-Thérèse HERMANGE (Ile-de-France) :
M. Mallié et Mme Debré ont le souci de protéger les travailleurs mais l’article L. 31-32-3 du code du Travail n’a rien de rassurant. Je m’interroge sur le champ des dérogations. Comment admettre que Paris ne soit pas placé sous le régime de droit commun, que le préfet décide à la place du maire alors que l’on nous a demandé, dans la loi sur l’hôpital, de faire rentrer l’A.P-H.P. dans le droit commun ?
Le texte crée des inégalités territoriales, il déséquilibre l’ancrage territorial de certaines entreprises, il accentuera ici la désertification, là le caractère dortoir d’une cité, supprimant cette place de rencontre, cette agora qui, pour Rousseau, dans son Discours sur l’origine des langues fut la fontaine qui rassembla les communautés et sortit les hommes de leur isolement. D’autres l’appellent la paroisse. Dans les villes, l’éclatement du lien familial et social sera encore plus certain, car l’on n’aura pas créé une cité de l’hospitalité.
Je m’interroge aussi sur les modes de garde des enfants ; les collectivités locales seront sollicitées, comme les assistantes maternelles. Dispose-t-on d’éléments chiffrés, d’une étude d’impact ? Et si rien n’est prévu pour l’accueil des petits, pourra-t-on déplorer qu’ils soient livrés à eux-mêmes des journées entières pendant que leurs parents travaillent ? Faisons-nous acte de civilisation à leur égard ? Ces risques, c’est le rôle du politique de les soulever, de les nommer ; et cela n’a rien à voir avec une peur panique du changement.
Vous faites des dérogations le principe : le travail dominical n’a plus à se justifier, c’est le repos dominical qui doit prouver sa justification. Le dimanche, c’est le jour du rendez-vous avec l’Autre, pour les Chrétiens – le Christ appelle à un rendez-vous qui est le sommet de leur semaine. Et pour tous, c’est le jour du rendez-vous avec l’autre, les autres, les siens. Au XIXe siècle, ce n’est pas seulement le chrétien Ozanam qui défendit le repos dominical mais le socialiste athée Proudhon. Le dimanche, le temps n’est plus celui de l’horizontalité mais de la profondeur. M. About note que la proposition n’est « ni panacée, ni poison » ; mais la modification porte sur le symbolique. Je le dis au président de mon groupe, je suis perplexe car je n’aime pas déroger à la discipline de groupe : je ne l’ai fait que sur la fin de vie et sur la transposition d’une directive médicament qui faisait de l’embryon un médicament.
Merci tout de même à M. Mallié, il m’a fait redécouvrir le sens du dimanche. C’est la vocation originelle du dimanche que de mettre l’homme en relation avec autrui.