Extrait de l’éditorial de Paula Boyer, rédactrice en chef du Pèlerin d’aujourd’hui :
Finalement, l’obstination a prévalu. La loi péniblement mais définitivement votée la semaine dernière, accorde des possibilités de dérogations plus nombreuses au principe du repos dominical. Pourtant, l’idée, issue des promesses de campagne de Nicolas Sarközy au temps du « travailler plus pour gagner plus », avait rallié contre elle, non seulement les partis de gauche et les syndicats, mais les Eglises, les associations familiales et nombre d’élus de la majorité. En vain. Nicolas Sarközy est passé outre.
Toutes les réticences ont cependant contribué à retarder le vote, et à édulcorer le projet initial. Au reste, l’affaire n’est pas encore définitivement entendue : le Conseil constitutionnel, saisi par les socialistes, pourrait recaler plusieurs dispositions. Faut-il pousser un soupir de soulagement puisque le repos dominical reste la règle générale ? Sans doute. Faut-il être tout à fait rassuré ? Non. Certes, les optimistes diront que cette loi se contente de régler les cas litigieux de la région parisienne et de Plan de Campagne. Malheureusement, ce texte porte aussi en lui le germe d’une banalisation de l’ouverture des magasins le dimanche.
Était-ce l’urgence dans une France en crise ? Il est paradoxal de faire une concession supplémentaire à la marchandisation de la société quand une grave récession née de la crise financière pointe plutôt la nécessité de remédier aux dérives du capitalisme mondialisé, de l’argent facile, de la frénésie consumériste. Ce dont notre société a besoin, c’est de retrouver le sens du temps gratuit, du lien social et familial, de la spiritualité, de la convivialité, de la joie de vivre. C’est aussi d’aller vers un mode de développement plus sobre, plus respectueux de la planète et des êtres humains.