Archive pour février 2010
Première initiative citoyenne européenne : « Maman et Papa sont à nous le dimanche ! »
Posté par David dans Actualité politique le 28 février 2010
Lu sur federation-pro-europa-christiana.org, UNE INITIATIVE A SOUTENIR ET A DIFFUSER ! !
Le député européen allemand Martin Kastler vient de lancer, à Strasbourg, la première initiative citoyenne européenne.
Sous le slogan « Maman et Papa sont à nous le dimanche », la pétition démarrée par ce membre de la C.S.U. bavaroise demande que le Jour du Seigneur demeure non ouvrable au profit de la vie familiale.
En effet, le député Kastler ne mâche pas ses mots pour déplorer la dégradation du repos dominical : « Le dimanche non ouvrable fait partie de la culture européenne. Il nous donne du temps pour la famille, le repos, des rencontres, pour le volontariat et la religion. Combien plus pauvre serait une vie qui n’aurait que des jours de travail ! »
C’est l’article 11.4 de la version consolidée du Traité de l’Union européenne qui autorise désormais un million ou plus de citoyens de pays membres de l’UE à soumettre à la considération de la Commission européenne une proposition destinée à combler un vide légal dans l’application des traités institutionnels.
« Maman et Papa sont à nous le dimanche » vise à garantir un dimanche non ouvrable partout en Europe parce que cela fait partie de l’héritage culturel européen. Non seulement les enfants ont besoin d’un jour consacré à la famille, mais tout le monde, en fait, a besoin de temps libre pour se détendre et pour participer à la vie sociale et religieuse.
M. Kastler pense que ces enjeux méritent l’emploi du mécanisme de participation citoyenne introduit par le traité de Lisbonne : « Il s’agit d’une fenêtre d’opportunité, a-t-il déclaré, pour montrer publiquement que nous, les citoyens, voulons bien plus que de simples élections européennes ».
Le député est convaincu que « cette initiative fortifiera la démocratie directe dans l’UE ».
Nous lui souhaitons une belle réussite !
Travail dominical : prime à la délinquance
Posté par David dans Actualité politique le 28 février 2010
Lu sur Le Salon Beige, cet article de Michel Janva :
La loi du 10 août 2009 prévoit la possibilité de créer des périmètres d’usage de consommation exceptionnel (P.U.C.E). A l’intérieur de ces zones, délimitées par le préfet après une demande de la municipalité, un commerce de détail peut faire travailler ses salariés le dimanche à condition qu’ils soient d’accord et que leur rémunération soit majorée. De plus, dans les communes « d’intérêt touristique ou thermal » et dans les « zones touristiques d’affluence exceptionnelle » (définies là aussi par le préfet sur requête des maires), les établissements de vente au détail sont autorisés à ouvrir le dimanche ; mais contrairement aux P.U.C.E, les employeurs ne sont pas obligés d’accorder des compensations à leurs personnels.
Aujourd’hui, 11 P.U.C.E. ont été définis, mais leur nombre va progresser car des communes ont déposé ou s’apprêtent à déposer une demande. C’est, par exemple, le cas d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), où se trouve un magasin Leroy-Merlin ouvert tous les dimanches depuis des années. « Par pragmatisme », une majorité de conseillers municipaux ont voté la mise en place d’un P.U.C.E, quasiment limité à ce seul établissement, afin qu’il puisse rester ouvert le dimanche.
« Grâce à cette loi », ces magasins sont sortis de l’illégalité, ce qui fait dire à Joseph Thouvenel, de la C.F.T.C, qu’ils ont touché « une prime à la délinquance ».
Dimanche : les fausses routes morale et politique
Posté par David dans Actualité politique le 21 février 2010
Encore une excellent article de Hélène Bodenez de Liberté Politique :
Il faut l’admettre : les chrétiens de France se sont peu engagés dans le combat politique du dimanche chômé. Beaucoup sont tombés dans le panneau de la négociation. L’histoire dira s’il était sage de plaider le compromis, mais pour beaucoup, hélas, la défense du dimanche chômé est un sujet secondaire. Comment en est-on arrivé là ?
Les motifs de déception sur la motivation des catholiques de France ne manquent pas. On pense d’abord à ces « hommes sérieux » qui, au nom d’une idéologie éclairée, pensent qu’il y va de « l’éthique de la responsabilité » dans la remise en cause d’un même jour chômé pour tous. Ne les voit-on pas toiser ces pauvres défenseurs d’un monde ancien, englués qu’ils sont encore dans leur « éthique de conviction [1] », sans souci des conséquences de leurs actions ?
Schizophrénie
Fort heureusement, les tenants de « l’éthique de la responsabilité », conscients des effets de leurs actes, font tout ce qu’ils peuvent politiquement pour limiter les effets de leurs modestes certitudes !
À y regarder de plus près pourtant, les conséquences de la loi Mallié ne prouvent pas, loin s’en faut, qu’un grand sens des responsabilités se soit manifesté parmi ses partisans. Parlons plutôt de basse morale de situation : les difficultés rencontrées dans les mises en application révèlent plutôt un pataquès kafkaïen, et on est loin du surplus de consommation attendu pour relancer la croissance, n’en déplaise à Monsieur Attali !
Rien d’autre dans cette autojustification que la fameuse dialectique weberienne qui, justement, porte une lourde « responsabilité » dans la crise morale de la politique contemporaine. Rappelons que cette fallacieuse opposition entre conviction et responsabilité, qui n’est rien d’autre qu’une schizophrénie morale, a été fermement condamnée par l’Église, du concile Vatican II qui appelle à « l’unité de vie » des chrétiens, aux encycliques de Jean Paul II comme Evangelium vitae par exemple ou à la Note doctrinale du cardinal Ratzinger sur l’engagement politique des catholiques. Si le bien moral universel objectif est inscrit dans la conscience de l’homme, le responsable du bien commun ne peut pas désobéir à sa conscience dans l’exercice de ses responsabilités. Disons-le tout net : ce relativisme de conviction est précisément irresponsable.
Pratiquement, la question est de savoir si celui qui fait travailler le dimanche se rend coupable d’un manquement à la morale commune : la réponse est clairement oui puisqu’il transgresse l’interdit de travail permanent posé par le code d’éthique universel que sont les Dix Commandements. Allons plus loin : à la question de savoir si à certaines conditions, on peut travailler le dimanche, certains cas possibles ont été depuis longtemps explorés par l’Eglise « experte en humanité », comme celui par exemple de travailler pour obéir à un supérieur.
N’est-il pas dès lors aggravant que les « supérieurs » de ce monde, qui entre autres votent les lois, obligent [2] les « subordonnés » à travailler le dimanche ? Ne sont-ils pas doublement coupables ? et d’autant plus coupables s’ils sont chrétiens et qu’ils relèguent à tort dans la sphère de l’éthique de conviction l’obéissance à leur conscience ? Les patrons dits chrétiens ou les éditeurs chrétiens qui relaient le poison de la schizophrénie morale commettent là des actes graves.
Sociologie
L’autre motif de déception n’est pas moral mais théologique et spirituel : un livre écrit par un prêtre.
Là encore, nous avons toutes les apparences de grand sérieux avec cette somme de type universitaire à forte teneur sociologique, cinq cents pages pour un titre qui en dit long : Le Dimanche en déroute … Les pratiques dominicales dans le catholicisme français au début du IIIe millénaire (Médiaspaul), préfacé par Mgr Albert Rouet.
À la fin de l’ouvrage, l’auteur avoue que son « travail a nettement montré les limites de l’option du “tout eucharistique” » (sic) (p. 441). Après des propositions de schémas de liturgies dominicales, notamment sans eucharistie tout en gardant le « souci de la dimension du mémorial », l’auteur annonce un angle de pastorale pratique : « Sortir de la logique du “tout eucharistique” ou rien. »
Quoi de plus triste que ce livre qui avalise l’enterrement du dimanche, pire, qui cherche de quoi vivre cette mort au lieu de voir les vraies causes du problème. Étrange que ce soit les fossoyeurs du dimanche depuis tant d’années qui viennent ensuite donner des leçons jargonnantes. Sont-ils les mieux placés pour en parler ? On n’est pas loin de l’apostasie dont parlait Jean-Paul II en ce qui concerne l’Eglise qui est en Europe.
Pourquoi ne pas rappeler à ces oublieux chrétiens, comme le fait par exemple Jean-François Froger avec son Maître du Shabbat (Ed. grégoriennes), que l’interdit de travailler ce jour-là, qui n’est pas réduit au seul « interdit du commerce », révèle un statut du corps, corps destiné à la résurrection et que pour le prévenir de ne pas s’aliéner à l’usage du monde créé, le commandement auquel l’homme doit se soumettre est prophétique ? que l’eucharistie, sens du dimanche, irruption du monde à venir dans notre temps humain, est la raison du dimanche ? qu’il faut tout mettre en œuvre au contraire pour entrer dans l’option du « tout eucharistique », l’option de la nouvelle manne donnée le dimanche ?
Un petit roman comme celui de Gaspard-Marie Janvier, Le Dernier dimanche (Mille et une nuits), rappelant ces évidences, fait plus de bien que ces cinq cents lourdes pages aux allures faussement ecclésiales, compagnes de la déroute du dimanche.
[1] Avec de surcroît l’idée que la conviction n’est pas extérieure à soi, comme l’est par exemple la notion de valeur.
[2] Car tout le monde l’admet, le volontariat n’existera pas.
L’Europe se penche à nouveau sur le repos dominical
Posté par David dans Actualité politique le 14 février 2010
Quand Hélène Bodenez de Liberté Politique nous redonne espoir :
» Un an tout juste après l’échec d’une tentative parlementaire européenne de protéger le dimanche chômé, les évêques de la COMECE relance le débat.
Février 2009 : une déclaration écrite lancée par cinq eurodéputés demandait la protection du « dimanche férié comme pilier essentiel du modèle social européen et composante de l’héritage culturel de l’Europe ». Parallèlement, une autre déclaration était déposée sur le bien être des animaux domestiques et des chiens errants… Les deux déclarations écrites, d’une importance inégale, on en conviendra ! furent déclarées caduques en mai, n’ayant pas reçu la majorité absolue des signatures. Mais contre toute attente, c’est la deuxième déclaration qui obtint le plus de signatures (trente de plus que la première).
10 février 2010 : le quotidien La Croix fait état d’une rencontre officielle des responsables européens avec des représentants religieux. Parmi les sujets abordés, et que les évêques catholiques réunis au sein de la COMECE veulent suivre tout particulièrement, le travail du dimanche et la protection animale.
On voit que nos deux sujets, sans lien, continuent d’être abordés de manière parallèle. Sur ces deux points au moins, l’Eglise catholique n’a pas dit son dernier mot et voudrait être entendue lors de l’élaboration du texte de la nouvelle commission sur le temps de travail et que soit reconnu le dimanche comme le jour par principe de repos hebdomadaire.
Certes, on s’attend que les sempiternels arguments de « la concurrence loyale » empêchée par la fermetures des magasins le dimanche et qui favoriseraient le commerce en ligne soient avancés. Loyale, cette concurrence ? En France, ce serait plutôt l’inverse depuis la loi Mallié votée en août 2009. Avec la très difficile mise en application de la loi, pas de réelle consommation supplémentaire, mais sans doute déplacement de la consommation vers les grandes surfaces et la grande distribution. Ce n’est pas à proprement parler cela qu’on peut appeler loyauté.
Cette fois-ci, il n’y aura donc pas d’acte manqué, espérons-le, et l’Eglise profitera sans nul doute d’appuis syndicaux forts comme un épisode récent en Allemagne l’a montré.
L’autre sujet brûlant concerne la protection animale : il s’agit de limiter les tests scientifiques sur les animaux. L’Eglise ne cache pas sa préoccupation : cette réduction en vue du bien être des animaux, ne conduira-t-elle pas à vouloir poursuivre l’expérimentation sur des fœtus, embryons et cellules souches humaines ? La COMECE redoute à juste titre que l’on ne tende alors à « gommer la différence fondamentale entre l’homme et l’animal ».
Espérons que le « dialogue approfondi» que les évêques catholiques espèrent avec les institutions européennes ne soit pas un vain mot. Un succès dans ce domaine ne serait pas sans retombées intéressantes envers une institution qui n’attire plus la confiance, stigmatisée même par tant de déceptions. »