Archive pour 11 avril 2010

La profanation du Dimanche : 4ème lettre

IVe lettre : La profanation du dimanche, ruine de la société.

14 avril
Monsieur et cher ami,
I

Avec vous, comme avec tout homme habitué à réfléchir ; je pourrais m’en tenir à ce qui précède, et ma thèse entière n’en serait pas moins établie.

Quand il est prouvé que la base d’un édifice est détruite, n’est-il pas évident que toutes les parties de l’édifice sont condamnées à une ruine inévitable ? Toutefois, il est bon d’aller plus loin, afin de montrer aux plus aveugles l’influence directe, spéciale et fatalement irrésistible de la profanation du dimanche sur toutes les ruines, énumérées en tête de notre correspondance. Ainsi, comme je l’ai annoncé, profanation du dimanche veut dire ruine de la société.

II

Par cela même que la profanation du dimanche est la ruine de la religion, elle est aussi la ruine de la société ; car il n’y a pas de société sans religion. Cela pour deux raisons entre mille : la première, parce qu’il n’y a pas de société possible sans sacrifice de l’intérêt privé à l’intérêt public. La seconde, parce qu’il n’y a pas de société sans autorité.

D’abord, il n’y a pas de société possible sans sacrifice de l’intérêt privé à l’intérêt public. Prenez n’importe quelle agrégation d’hommes qui veulent vivre ensemble, un atelier, par exemple. Vous vous adressez au premier ouvrier qui se présente, et vous lui dites. « Ton intérêt privé, ta volonté personnelle, tes désirs, tes caprices, tes goûts sont la règle unique de tes actions ; tu n’es jamais obligé d’en faire le sacrifice au bien des autres. » Vous tenez le même langage au second, au troisième, à tous ; et vous ajoutez : « Voilà votre charte, vivez en société ».

Que vois-je ? L’heure du travail a sonné. Nul n’arrive. « Pourquoi es-tu en retard ? demandez-vous au plus diligent. » – « Parce que cela me plaît ; mon intérêt privé est la règle suprême de ma conduite ; je suis libre d’en faire ou de n’en pas faire le sacrifice. » Tous font la même réponse ; les uns travaillent, les autres jouent, et, le lendemain, l’atelier est fermé.

Je prends l’armée. On assiège une forteresse ; le général désigne un régiment pour monter à l’assaut. Le régiment demeure immobile. « Pourquoi ne marchez-vous pas ? – Notre intérêt personnel avant tout ; et notre intérêt personnel est de vivre. Pas si fous que d’aller joncher de nos cadavres les fossés de la place ! » Les autres régiments sont successivement commandés, tous font la même réponse. Le général brise son épée, et s’éloigne au plus vite ; l’armée n’existe plus.

Je prends enfin la société elle-même. Je vois un nombre infini de professions pénibles, peu lucratives, peu honorées. Or, il arrive qu’un jour toutes ces professions se disent entre elles : « Assez longtemps nous avons porté le poids du travail ; à d’autres la fatigue, à nous le repos. » Et toutes se mettent en grève. La charrue, dirigée par les mains intelligentes du laboureur, ne déchire plus le sein de la terre ; l’enclume ne retentit plus sous le marteau du forgeron ; le bois ne se façonne plus eu meubles de toute espèce sous les doigts de l’ébéniste ; le maçon renonce à son équerre, et le plâtrier à sa truelle.

Mes amis, pourquoi ne travaillez vous plus ? — À chacun son tour. — Mais, que prétendez-vous faire ? — Rien, si bon nous semble. Notre intérêt personnel avant tout : nous ne connaissons d’autre loi que celle-là. Tout au plus nous accepterons d’être représentants du peuple, préfets, magistrats, généraux, ambassadeurs et surtout rentiers. — C’est votre dernier mot ? — Vous l’avez dit. Mais sans travail, comment vivrez-vous ? — Nous partagerons.

Le lendemain j’entends le canon qui mitraille les insoumis et les partageux, apprenant aux uns et aux autres par des arguments irrésistibles, qu’il n’y a pas de société possible sans sacrifice de l’intérêt privé à l’intérêt public.

III

On le voit, monsieur et cher ami, la loi du dévouement est la grande loi de l’humanité. Mais le moyen d’obtenir ainsi de l’ouvrier, du soldat, du citoyen, quelle que soit d’ailleurs sa profusion, le sacrifice constant de son intérêt privé à l’intérêt public, sacrifice qui va quelquefois jusqu’à la ruine de la santé et à l’effusion du sang ? Il n’en est qu’un seul : la Religion. Pourquoi ? Parce que la Religion seule offre dans ses récompenses éternelles une compensation suffisante pour payer tous les sacrifices : comme les supplices éternels dont elle menace le méchant suffisent seuls pour enchaîner les passions terribles qui rugissent au fond du cœur de l’homme. Inutile de vouloir prouver par des raisonnements une vérité, que l’expérience des nations modernes élève au-dessus de toute contestation.

IV

Eh bien ! Que fait la profanation du dimanche ? Plus que toute autre doctrine, plus que tout autre scandale, elle empêche fatalement la Religion d’exercer sur le mondé cette influence victorieuse et indispensable à la société. D’une part, il est évident que la Religion ne saurait exercer cette influence à moins d’être connue et méditée. Mais j’ai prouvé qu’avec la profanation du dimanche, la Religion ne sera jamais ni connue ni méditée. D’autre part, il n’est pas moins évident que la Religion ne saurait avoir l’influence dont nous parlons, si chaque dimanche on vient donner un démenti public à ses enseignements sur la nécessité du sacrifice et du dévouement, en vue des récompenses et des châtiments futurs.

Or, que dit aux populations la profanation publique du dimanche ?

Le ciel, c’est le plaisir ; l’instrument du plaisir, c’est l’argent : gagner de l’argent à tout prix, c’est toute la Religion. Ainsi nous le croyons, nous les favoris de la fortune, propriétaires, négociants, industriels, nous les vrais saints de l’unique paradis. Peuple, vois-nous à l’œuvre. Pour nous pas de jours de repos. Nous travaillons et nous faisons travailler ; nous vendons et nous faisons vendre ; nous achetons et nous faisons acheter le dimanche comme les antres jours. Fais comme nous ; le temps est compté, hâte-toi. Un jour perdu par semaine te donne cinquante-deux chances de malheur par an. — Mais la Religion défend le travail du dimanche, sous peine de perdre le ciel et de mériter l’enfer ? — Le ciel ! L’enfer ! sont des contes de nourrice ; bons pour égayer ou effrayer les enfants.

Voilà, monsieur, ce que prêche littéralement tous les huit jours sur tous les points de la France, la profanation du dimanche. Et dans quel langage ? Dans le langage le plus populaire et le plus éloquent, le langage de l’exemple. Et par qui ? Par des hommes qui s’intitulent conservateurs, qui se disent le grand parti de l’ordre, comme si l’ordre n’était pas le respect des lois, et comme si la première loi à respecter n’était pas celle qui est la base de toutes les autres, la loi divine ! Si l’esprit d’aveuglement et de vertige est le précurseur de-la chute des nations, que penser de notre avenir ?

Quoi ! le culte de l’or poussé jusqu’au mépris public et national des préceptes et des dogmes du christianisme, toutes les espérances de l’homme concentrées sur la terre, le plaisir présenté comme but suprême de la vie ; connaissez-vous rien de plus incompatible avec l’esprit de sacrifice indispensable à la société ? Rien qui l’attaque plus directement ? Rien qui le tue plus infailliblement ? Telle est pourtant la profanation du dimanche. Avais-je tort de vous la signaler comme la ruine de la société ? Ai-je tort d’ajouter qu’il n’est pas de moyen plus sûr et plus prompt de matérialiser une nation et de la conduire au socialisme ?

Voyez, en effet, la conséquence que les classes ouvrières ont tirée de ce scandaleux sermon.

Avides de jouissances, et incapables de parvenir par le travail au paradis du plaisir, elles ont dit :

Puisque le ciel et l’enfer de la Religion ne sont que des mots, notre destinée s’accomplit donc ici-bas. Le travail est pénible, il est ingrat ; le temps est court. Pendant que nous travaillons, il en est qui se reposent ; ils jouissent, pendant que nous souffrons. Quoi de plus injuste que les uns aient tout et les autres, rien ? La justice est de partager, partageons !

Ainsi procède la logique des peuples. Qui osera dire qu’elle n’est pas rigoureuse, et niera cette proposition : Si la profanation du dimanche n’est pas la mère du socialisme, elle en est la nourrice ?

V

J’ai indiqué, en commençant ma lettre, une seconde raison pour laquelle la profanation du dimanche est la ruine de la société, savoir qu’il n’y a pas de société sans autorité. Il va de soi que si, dans un atelier, dans une famille, dans une nation, tout le monde veut être maître, il n’y a plus de société possible. Il faut une autorité, il la faut partout.

Mais qu’est-ce que l’autorité ? C’est le droit de commander, le droit d’être obéi. D’où vient à l’homme le droit de commander ? De lui-même ? Non ; car tous les hommes sont égaux par nature. De la société ? Non ; car la société, n’étant qu’une réunion d’hommes, n’a pas plus par elle-même le droit de commander qu’un seul homme.

Si la racine du droit était en elle, la règle du bien et du mal y serait aussi. Il faudrait admettre comme vrai le monstrueux sophisme de Rousseau, et dire que le peuple est la seule autorité qui n’a pas besoin d’avoir raison pour légitimer ses actes. Sans doute, la société peut parler au nom de la force, mais la force seule n’est pas l’autorité, c’est le despotisme. De qui viennent donc l’autorité et toute espèce d’autorité ? Elle vient de Dieu, et de Dieu seul : Non est potestas nisi a Deo [26].

Dans ce mot, un des plus importants de nos divines Écritures, est la raison du droit. Oui, toute espèce d’autorité vient de Dieu : autorité sacerdotale, autorité royale, autorité législative, autorité judiciaire ; autorité paternelle : Non est potestas nisi a Deo. Toutes les fois qu’un homme, quel que soit son nom, prêtre ou roi, chambre, sénat, tribunal, père ou garde champêtre, vient me commander, si je n’entends pas dans sa voix la voix de Dieu, je me révolte. Je crie au despotisme, et, s’il m’impose des fers, je n’aspire qu’au moment de m’en débarrasser et de les lui briser sur la tête.

Il est donc d’une évidence palpable que tous les hommes dépositaires d’une autorité quelconque, que tous les citoyens à qui l’autorité est aussi nécessaire que le pain, n’ont pas de devoir plus sacré que de faire respecter et, de respecter eux-mêmes l’autorité de Dieu ; autrement toutes les autres autorités perdent leur puissance, parce qu’elles perdent leur droit : et sans autorité la société est impossible.

VI

N’admirez-vous pas ici la naïveté de nos honnêtes gens, de nos bons représentants, de nos bons propriétaires, de nos bons bourgeois, de tous ceux qui, parmi nous, ont quelque chose à conserver ? Vous n’en rencontrez pas un qui ne se lamente sur l’esprit général d’insubordination, de révolte, de cupidité, de jalousie et de mépris pour toute autorité, et qui ne tremble pour l’avenir. Or, tout en exprimant ses doléances et ses alarmes, vous voyez ce même honnête homme saper par sa conduite le peu qui lui reste d’autorité, en sapant, aux yeux de ses domestiques, de ses enfants, de ses voisins et de ses amis, l’autorité de Dieu et de son Église. Conservateur de nom, comment ne s’aperçoit-il pas qu’il est révolutionnaire de fait, et révolutionnaire de la pire espèce ? Peut-on perdre le sens au point de ne plus comprendre que L’UNIQUE MOYEN D’OBTENIR LE RESPECT DE SES INFERIEURS, C’EST DE RESPECTER SOI-MEME SES SUPERIEURS ?

VII

Maintenant, monsieur et cher ami, je vous le demande, qu’est-ce que la profanation du dimanche publique, générale, habituelle, comme la France en offre le spectacle, tous les huit jours, depuis quatre-vingts ans ? N’est-ce pas le mépris public, général, habituel, national de l’autorité de Dieu, de l’autorité de Dieu dans un point fondamental, respecté religieusement par toutes les nations civilisées ? Et vous voulez que le peuple, auquel on donne chaque semaine cette leçon publique de mépris insolent pour l’autorité de Dieu, base de toutes les autres, vous voulez que ce peuple en respecte aucune ?

Que diriez-vous d’une armée dont les officiers de tout grade donneraient, chaque dimanche, l’exemple du mépris pour l’autorité du général en chef, refusant publiquement d’obéir à ses ordres, faisant eux-mêmes et laissant faire à leurs soldats positivement le contraire ? Vous diriez, et avec raison, que cette armée va tomber dans l’anarchie ; vous diriez que les officiers, en ébranlant l’autorité de leur chef ; ébranlent la leur ; vous diriez que si, au jour de la révolte, ils sont insultés et chassés honteusement, ils ne font que recueillir ce qu’ils ont semé.

VIII

 

Ce raisonnement s’applique de tout point à la profanation du dimanche, et il implique cette conséquence nécessaire, savoir : qu’en livrant chaque semaine au mépris des populations l’autorité de Dieu, la profanation du dimanche y livre toutes les autres, les ébranle toutes dans leur base, et conduit inévitablement à la ruine de la société, dont l’autorité est la condition indispensable. Telle est l’extrémité fatale à laquelle nous touchons.
Aujourd’hui plus d’autorité debout dans le respect des peuples : ni autorité pontificale, ni autorité royale, ni autorité législative, ni autorité paternelle. Une fois enhardi à porter le marteau sur la base de l’édifice, ce monde a tout abattu, et il continue de frapper ; et, à la place d’une hiérarchie régulière, on voit s’agiter vers un brutal niveau une multitude d’atomes humains, poussés par un désir effréné de jouissances, qu’aucune puissance humaine ne peut ni modérer ni satisfaire.

D’où vient cette anarchie formidable qui conduit le monde à la barbarie ? De l’adoration de la matière et du mépris de l’autorité ? Quel est tout ensemble l’excitateur le plus populaire et le signe le plus expressif de cette adoration et de ce mépris ? Je n’hésite pas un instant à répondre : c’est la profanation du dimanche ; car, jouir et mépriser, telle est sa signification.

Telle est aussi, je le sais, la signification de tout discours, de toute parole, de tout acte privé ou public contre la loi divine ; mais tout discours n’est pas lu, toute parole n’est pas entendue, tout acte privé n’est pas vu, tout acte public n’est pas permanent. Il en est autrement de la profanation française du dimanche. Tous la voient, tous la comprennent, et cela constamment ; car toutes les semaines elle élève la voix, et d’un bout de la France à l’autre, elle crie à tout le peuple : « Jouis et méprise ! »

Ce n’est pas tout : non seulement la profanation du dimanche ébranle directement la société, parce qu’elle est une révolte ouverte contre l’autorité, et une prime donnée à l’adoration de la matière ; mais encore parce qu’elle est la cause d’attaques innombrables contre toute espèce d’autorité. Le cabaret est la conséquence inévitable de la profanation du dimanche.

Qu’est-ce que le cabaret, au point de vue du respect de l’autorité et de la tranquillité publiques ? Le cabaret, c’est le club en permanence ; pas une autorité divine ou humaine qui n’y soit attaquée, moquée, chansonnée, jetée dans la fange de l’orgie [27]. Or, on compte en France 332000 cabarets. La profanation du dimanche remplit donc chaque lundi 332000 clubs sur tous les points de l’Empire, Avec cela, dites-moi si un peuple est gouvernable ? Sans attendre votre réponse, j’affirme qu’avec une pareille machine de guerre, il n’y a pas de société qui résiste.

IX

Je me demande maintenant si les hommes chargés de nous défendre savent bien ce que, pour une nation chrétienne, signifient ces deux mots : ruine de la société. À voir l’indifférence des uns et l’inintelligence des autres [28], il est permis d’en douter, et ce doute n’est pas ce qu’il y a de moins effrayant dans notre situation. Qu’attendre d’un malade que le médecin se contente de plaindre, ignorant ou la nature du mal ou la nature du remède nécessaire à la guérison ?

Eh bien, il faut le dire, le mal qui nous dévore est dans les âmes ! La Religion seule peut le guérir. La profanation du dimanche étant la ruine de la Religion entraîne la ruine de la société qui devient impérissable. Or, pour nous, la ruine de la société, ce n’est pas seulement le paganisme, c’est la Barbarie.

Comme celle des individus, la chute des nations se mesure à la grandeur des vérités et des grâces dont elles abusent : corruptio optimi pessima. Si, pour avoir abusé des lumières de la révélation primitive, le monde ancien dut tomber dans l’abjection du paganisme, le monde actuel, contempteur superbe des lumières de l’Évangile et du sang du Calvaire, doit tomber plus bas que le paganisme : il doit rouler jusqu’à la barbarie. Déjà cette barbarie, sans exemple dans l’histoire, envahit les idées. Il faut que les plus grandes intelligences de l’époque prennent sérieusement la défense des vérités et des droits les plus élémentaires de toute société ; droits et vérités qui furent toujours sacrés chez les peuples païens, qui le, sont encore chez les nations barbares et même chez les hordes sauvages : Dieu, la distinction du bien et du mal, la famille, la propriété, l’homme.

Or, quand la barbarie est dans les idées, son passage dans les mœurs et dans les faits n’est plus qu’une question de temps. Quand, du sommet des hauteurs où il s’est formé, le torrent impétueux est déjà descendu à mi-côte de la montagne, soyez-en sûrs, à moins d’un miracle, il sera bientôt dans la plaine. Voilà ce qui nous menace, ce qui nous arrivera, aussi infailliblement que la nuit au déclin du soleil, si on ne se hâte d’élever la seule digue capable de prévenir la dernière catastrophe. Cette digue, c’est la foi ; et ce qui doit être l’application immédiate, l’application sociale de la foi, c’est la sanctification du dimanche. L’Europe le comprend-elle ?

Agréez, etc.

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Richard Mallié se prend une veste par Joseph Thouvenel

Lu sur le site internet de la C.F.T.C :

Cette « petite » là a tout juste sept mois mais elle a déjà fait beaucoup de dégâts. Depuis l’adoption de la loi, le 11 août 2009, qui a introduit des dérogations au principe du repos dominical, les situations problématiques s’accumulent. Le 1er avril, son auteur Richard Mallié et Joseph Thouvenel, son principal détracteur, ont croisé le fer lors d’une rencontre-débat sur le sujet à Marseille.

Illustration par l’exemple d’une loi toujours contestable. A Thiais, dans le Val de Marne, c’est un centre commercial condamné par les tribunaux pour ouverture illégale, que le préfet autorise à ouvrir le dimanche car “il existait une habitude de consommation exceptionnelle”, alors qu’à quelques centaines de mètre de là, un autre centre n’a pas le droit d’ouvrir. Motif: pas d’habitude de consommation dominicale, puisque celui-ci respectait la loi en n’ouvrant pas le dimanche.

A Vannes, c’est le centre de thalassothérapie qui revoit l’accord d’entreprise à la baisse en s’appuyant sur la loi Mallié. A Ionax, ce sont trois salariés ayant des charges de famille, licenciés pour refus de travailler le dimanche.

Pour Joseph Thouvenel, autant de faits qui justifient que l’on continue à battre pour le dimanche férié et que l’on soutienne l’initiative de l’eurodéputé allemand, Thomas Mann, visant à réunir un million de signatures pour que le dimanche soit reconnu par l’Europe comme le jour de repos hebdomadaire obligatoire. Thomas Mann avait réuni le 24 mars au Parlement européen plus de 350 personnalités du monde politique, associatif et syndical (dont la C.F.T.C) pour lancer la campagne de signatures.

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Un tiers des députés européens aurait déjà signé une pétition en faveur du dimanche chômé

Lu sur federation-pro-europa-christiana.org :

Une pétition demandant à la Commission européenne d’inclure l’obligation de respecter le dimanche chômé dans une prochaine révision de la directive européenne sur le temps de travail aurait déjà été signée par un tiers des députés européens, selon EUobserver.

Cette révélation fait partie du compte rendu que le journal informatique indépendant fait de la conférence « Pour un dimanche sans travail » qui a eu lieu dans le bâtiment du Parlement européen la semaine dernière, organisée par le député européen allemand Thomas Mann (EPP/CDU), vice-président de la Commission de l’emploi et des affaires sociales.

Il semblerait que l’ampleur du soutien que les députés européens ont accordé à cette pétition n’est pas étrangère à une promesse faite par le commissaire européen pour les affaires sociales au cours de la conférence. En effet, M. Laszlo Andora a garanti que “la Commission examinera toutes les contributions à la directive sur le temps de travail en examen”.

Il se peut que la perspective d’un malaise entre la Commission européenne et les autorités religieuses chrétiennes et leurs ouailles ait pu aussi motiver cette promesse.

Effectivement, l’une des raisons invoquées pendant la conférence par les défenseurs du dimanche comme jour férié a été l’argument religieux.

“L’Etat et la société doivent offrir aux gens la possibilité de pratiquer leurs croyances. S’il s’agit d’une société juive, c’est le jour du sabbat ; s’il s’agit d’une société chrétienne, c’est le dimanche”, a martelé le député européen allemand Elmar Brok, du groupe PPE/CDU.

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