Archives de la catégorie Enseignement social de l’Eglise
Les supermarchés sont les nouvelles cathédrales, déplore le cardinal Antonelli
Posté par David dans Enseignement social de l'Eglise, Paroles de Pasteurs le 26 septembre 2010
Mgr Ennio cardinal Antonelli a souhaité que le dimanche soit célébré de manière à « illuminer le sens de la vie et du travail » et non pas à remplir les supermarchés qu’il a qualifiés de « nouvelles cathédrales ».
Le président du Conseil pontifical pour la famille s’est exprimé lors de la conférence de presse de présentation de la lettre de Benoît XVI pour la 7ième rencontre mondiale des familles qui se tiendra du 30 mai au 3 juin 2012 à Milan sur le thème « La famille : le travail et la fête ».
Tout en dénonçant la logique actuelle du profit qui tend à détruire les « relations humaines » et les « valeurs spirituelles », le cardinal Antonelli a regretté que le dimanche soit menacé par le « travail non-stop », que le week-end devienne l’occasion de s’évader « en discothèque, au stade, à la mer » ou qu’il soit consacré « à la consommation à travers la haute fréquentation des supermarchés, les nouvelles cathédrales des villes-marché ».
Il faut que « le jour férié soit célébré de manière à illuminer le sens de la vie et du travail, en renforçant la cohésion de la famille et son insertion dans une communauté plus grande, en ravivant le rapport avec la personne du Christ », a-t-il expliqué.
Un travail de libération
Posté par David dans Enseignement social de l'Eglise le 11 septembre 2010
Du Conseil pontifical Justice et Paix :
Durant son ministère terrestre, Jésus travaille inlassablement, accomplissant des oeuvres puissantes pour libérer l’homme de la maladie, de la souffrance et de la mort. Le sabbat, que l’Ancien Testament avait proposé comme jour de libération et qui, observé simplement pour la forme, était vidé de sa signification authentique, est réaffirmé par jésus dans sa valeur originelle : « Le sabbat a été fait^pour l’homme et non pas l’homme pour le sabbat ! » (Mc 2, 27). Par les guérisons accomplies en ce jour de repos (cf. Mt 12, 9-14 ; Mc 3, 1-6 ; Lc 6, 6-11 ; 13, 10-17 ; 14, 1-6), il veut démontrer que le sabbat est à lui, car il est vraiment le Fils de Dieu et que c’est le jour où l’on doit se consacrer à Dieu et aux autres. Libérer du mal, pratiquer la fraternité et le partage, c’est conférer au travail sa signification la plus noble, celle qui permet à l’humanité de s’acheminer vers le sabbat éternel, dans lequel le repos devient la fête à laquelle l’homme aspire intérieurement.
Le jour du soleil
Posté par David dans Enseignement social de l'Eglise le 18 avril 2010
Texte écrit par saint Justin de Rome vers 150 et tiré d’une Apologie pour les chrétiens :
Au jour que l’on appelle le « jour du soleil » [dimanche], tous, qu’ils demeurent en ville ou à la campagne, se réunissent en un même lieu ; on lit les écrits des Apôtres ou ceux des prophètes, aussi longtemps que c’est possible. Puis, quand le lecteur a fini, le président de l’assemblée prend la parole pour nous admonester et nous exhorter à imiter ces beaux enseignements.
Ensuite nous nous levons tous ensemble et nous adressons à Dieu des prières ; et, lorsque nous avons achevé la prière, on apporte du pain, ainsi que du vin et de l’eau, et le président, pareillement, fait monter prières et actions de grâces, de son mieux, et le peuple exprime son accord en proclamant l’Amen. Puis on fait pour chacun la distribution et le partage de l’eucharistie ; on envoie aussi leur part aux absents par l’intermédiaire des diacres.
Ceux qui ont du bien et qui le veulent donnent librement ce qu’ils veulent, chacun selon son gré ; ce qui est recueilli est mis en réserve auprès du président. C’est lui qui assure des secours aux orphelins, aux veuves, à ceux qui sont dans l’indigence du fait de la maladie ou de quelque autre cause, ainsi qu’aux prisonniers, aux hôtes étrangers ; en un mot, il prend soin de tous ceux qui sont dans le besoin.
C’est le jour du soleil que nous nous réunissons tous ensemble, parce que ce jour est le premier, celui où Dieu, en transformant la ténèbre et la matière, fit le monde, et celui où Jésus Christ notre Sauveur est ressuscité des morts.
La Conférence des évêques de France défend le repos dominical
Posté par David dans Enseignement social de l'Eglise, Paroles de Pasteurs le 7 juillet 2009
Lu sur Le Salon Beige, de Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France :
« L’Eglise catholique n’a pas attendu des projets de loi pour dire son attachement profond au dimanche, au nom de l’équilibre d’une société, du ressourcement de l’homme. Le dimanche est un don à ne pas gaspiller. Dans une société marchande et mobile, il ne faut pas ôter aux hommes ces occasions rares de reprendre souffle. Nous sommes extrêmement vigilants face au débat en cours, notamment en ce qui concerne la définition des zones touristiques. Nous ne voudrions pas qu’il y ait là un engrenage. Un véritable dialogue social doit être mené avec tous les partenaires concernés. Nous regrettons que cette question soit trop souvent considérée sous le seul angle économique. Les enjeux du dimanche sont plus profonds. »
Mgr Dufour : « Le repos dominical est un commandement d’amour divin »
Posté par David dans Actualité religieuse, Enseignement social de l'Eglise, Paroles de Pasteurs, Réflexions le 27 mai 2009
Mgr Dufour, coadjuteur de l’archidiocèse d’Aix et d’Arles répond aux questions de Famille Chrétienne :
Le gouvernement revient à la charge avec le travail du dimanche, qu’en pensez-vous ?
Cette initiative du gouvernement est regrettable. Je m’étais réjoui qu’il ait écouté les parlementaires qui avaient refusé de voter une généralisation du travail du dimanche. Que le gouvernement prenne des dispositions pour réglementer certaines situations particulières qui concernent les personnels de santé, c’est son devoir. Mais qu’il en fasse un symbole de libération des soi-disant « carcans de la société », comme l’a dit Nicolas Sarközy, c’est se tromper de combat ! Aujourd’hui, le vrai combat à mener, c’est de permettre aux personnes et aux familles d’avoir un temps collectif de repos. Certes, il faut donner du travail aux Français, mais pas à n’importe quel prix !
À partir de quelles garanties l’Eglise serait-elle d’accord avec une extension du travail du dimanche ?
D’abord, il faudrait impérativement que le principe du repos dominical soit réaffirmé pour tous. Et que cela soit formulé et acté dans une loi. Nous serons très vigilants là-dessus. Ensuite, on ne doit pas obliger quelqu’un à travailler ce jour-là. Le dimanche doit rester pour tous un jour de repos. Evidemment, une fois encore, certaines personnes doivent pouvoir travailler le dimanche, l’Eglise n’est pas jusqu’au-boutiste. Mais chaque dérogation doit être dictée par la nécessité qu’impose le respect du Bien Commun. Je ne suis pas sûr que ce soit le cas. Enfin, je pose la question : a-t-on besoin de légiférer pour réglementer ?
Est-ce qu’en conscience un chrétien peut adhérer à une telle proposition de loi ?
Je ne peux pas répondre par « oui » ou par « non » à cette question. Le chrétien demeure critique sur une proposition de loi qui est une menace pour le repos dominical. Cependant, si une loi humaine essaie de s’approcher le plus possible du Bien Commun, aucune loi n’est parfaite, aucune ne peut être érigée en absolu. Pour un chrétien, le repos dominical est un commandement d’amour divin. Le disciple du Christ, à moins d’y être obligé par son métier, doit veiller à ne pas travailler, ni faire ses courses le dimanche. Nous avons six jours pour travailler et nous occuper de nos affaires courantes. Redécouvrons le dimanche, ce septième jour qui est consacré à Dieu.
Saint Thomas d’Aquin et le dimanche.
Posté par Rémy dans Enseignement social de l'Eglise, Histoire le 12 décembre 2008
À propos de l’origine du dimanche et de l’apport de St Thomas d’Aquin sur la conception du travail du dimanche.
Le repos dominical a un fondement théologique. Il se trouve d’abord dans la tradition du sabbat qui fait écho au repos de Dieu le septième jour de la création du monde. Les évangiles rappellentensuite que le sabbat est fait pour l’homme et non l’inverse (Marc 2,27- Matthieu 12 1-3). Le dimanche, jour de la résurrection du Christ devient enfin pour les chrétiens le nouveau sabbat, celui de la Nouvelle Alliance, le huitième jour.
Historiquement, 321 et 538 sont deux dates fondamentales. En 321, un édit de Constantin fait du dimanche un jour férié, c’est-à-dire un jour de paix. Concrètement, par cet édit, sont bannis du dimanche les litiges, les procès, le commerce et le travail important pour les esclaves. C’est l’interruption du travail quotidien, le fondement théologique est ainsi transposé en droit. En 538, le Concile d’Orléans donne à l’Eglise sa première législation sur le repos dominical. Elle se répandra petit à petit tout au long du VIème siècle. C’est ainsi la transposition sociétale qui suit la traduction juridique de l’Edit.
Saint Thomas, 1225-1274, résume dans la « Somme Théologique » la signification du précepte dominical en rappelant que le repos dominical est avant tout ordonné au culte et qu’est exclue toute œuvre servile et tout travail aliénant la liberté.
Les œuvres permises le dimanche sont : tous les travaux que la nécessité impose ou encore qui ne peuvent être omis sans un grave dommage, les travaux que la nécessité du devoir de charité commande ou que des circonstances exceptionnelles n’ont pas permis de prévoir, les travaux autorisés par la coutume locale comme les marchés et achats publics à date fixe. C’est donc une traduction pleinement humaine du dimanche.
Aujourd’hui, après 1500 ans, la question du travail du dimanche est reprise par certains gouvernements. Ne comprenant plus la signification spirituelle et sociale du repos dominical, ils risquent, en permettant de plus en plus le travail ce jour-là, de détruire un fondement social de 1500 ans. C’est pourquoi il est important de « faire mémoire » de l’Edit de Constantin, des dispositions du concile d’Orléans et de Saint Thomas d’Aquin.
Certes, la société a oublié l’origine du principe du dimanche. Mais avec son projet de loi, le gouvernement risque, si on le laisse faire, d’altérer le fondement juridique qui aboutira à une déshumanisation de la société dans son ensemble.
Le jour de notre libération définitive.
Posté par Rémy dans Benoît XVI, Encycliques, Enseignement social de l'Eglise, Histoire le 21 mai 2008
Au commencement du quatrième siècle, le culte chrétien était encore interdit par les autorités impériales. Certains chrétiens d’Afrique du Nord, qui se sentaient poussés à célébrer le Jour du Seigneur, défièrent l’interdiction. Ils furent martyrisés alors qu’ils déclaraient qu’il ne leur était pas possible de vivre sans l’Eucharistie, nourriture du Seigneur: sine dominico non possumus. Lire la suite »
Le sens du repos et du travail.
Posté par Rémy dans Benoît XVI, Encycliques, Enseignement social de l'Eglise le 12 mai 2008
Il est particulièrement urgent, à notre époque, de rappeler que le Jour du Seigneur est aussi le jour du repos par rapport au travail. Nous souhaitons vivement que cela soit aussi reconnu comme tel par la société civile, de sorte qu’il soit possible d’être libre des activités du travail sans être pour autant pénalisé. Lire la suite »
