Archives de la catégorie Enseignement social de l'Eglise
La Conférence des évêques de France défend le repos dominical
Posté par David dans Enseignement social de l'Eglise, Paroles de Pasteurs le 7 juillet 2009
Lu sur Le Salon Beige, de Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France :
« L’Eglise catholique n’a pas attendu des projets de loi pour dire son attachement profond au dimanche, au nom de l’équilibre d’une société, du ressourcement de l’homme. Le dimanche est un don à ne pas gaspiller. Dans une société marchande et mobile, il ne faut pas ôter aux hommes ces occasions rares de reprendre souffle. Nous sommes extrêmement vigilants face au débat en cours, notamment en ce qui concerne la définition des zones touristiques. Nous ne voudrions pas qu’il y ait là un engrenage. Un véritable dialogue social doit être mené avec tous les partenaires concernés. Nous regrettons que cette question soit trop souvent considérée sous le seul angle économique. Les enjeux du dimanche sont plus profonds. »
Mgr Dufour : « Le repos dominical est un commandement d’amour divin »
Posté par David dans Actualité religieuse, Enseignement social de l'Eglise, Paroles de Pasteurs, Réflexions le 27 mai 2009
Mgr Dufour, coadjuteur de l’archidiocèse d’Aix et d’Arles répond aux questions de Famille Chrétienne :
Le gouvernement revient à la charge avec le travail du dimanche, qu’en pensez-vous ?
Cette initiative du gouvernement est regrettable. Je m’étais réjoui qu’il ait écouté les parlementaires qui avaient refusé de voter une généralisation du travail du dimanche. Que le gouvernement prenne des dispositions pour réglementer certaines situations particulières qui concernent les personnels de santé, c’est son devoir. Mais qu’il en fasse un symbole de libération des soi-disant « carcans de la société », comme l’a dit Nicolas Sarközy, c’est se tromper de combat ! Aujourd’hui, le vrai combat à mener, c’est de permettre aux personnes et aux familles d’avoir un temps collectif de repos. Certes, il faut donner du travail aux Français, mais pas à n’importe quel prix !
À partir de quelles garanties l’Eglise serait-elle d’accord avec une extension du travail du dimanche ?
D’abord, il faudrait impérativement que le principe du repos dominical soit réaffirmé pour tous. Et que cela soit formulé et acté dans une loi. Nous serons très vigilants là-dessus. Ensuite, on ne doit pas obliger quelqu’un à travailler ce jour-là. Le dimanche doit rester pour tous un jour de repos. Evidemment, une fois encore, certaines personnes doivent pouvoir travailler le dimanche, l’Eglise n’est pas jusqu’au-boutiste. Mais chaque dérogation doit être dictée par la nécessité qu’impose le respect du Bien Commun. Je ne suis pas sûr que ce soit le cas. Enfin, je pose la question : a-t-on besoin de légiférer pour réglementer ?
Est-ce qu’en conscience un chrétien peut adhérer à une telle proposition de loi ?
Je ne peux pas répondre par « oui » ou par « non » à cette question. Le chrétien demeure critique sur une proposition de loi qui est une menace pour le repos dominical. Cependant, si une loi humaine essaie de s’approcher le plus possible du Bien Commun, aucune loi n’est parfaite, aucune ne peut être érigée en absolu. Pour un chrétien, le repos dominical est un commandement d’amour divin. Le disciple du Christ, à moins d’y être obligé par son métier, doit veiller à ne pas travailler, ni faire ses courses le dimanche. Nous avons six jours pour travailler et nous occuper de nos affaires courantes. Redécouvrons le dimanche, ce septième jour qui est consacré à Dieu.
Saint Thomas d’Aquin et le dimanche.
Posté par Rémy dans Enseignement social de l'Eglise, Histoire le 12 décembre 2008
À propos de l’origine du dimanche et de l’apport de St Thomas d’Aquin sur la conception du travail du dimanche.
Le repos dominical a un fondement théologique. Il se trouve d’abord dans la tradition du sabbat qui fait écho au repos de Dieu le septième jour de la création du monde. Les évangiles rappellentensuite que le sabbat est fait pour l’homme et non l’inverse (Marc 2,27- Matthieu 12 1-3). Le dimanche, jour de la résurrection du Christ devient enfin pour les chrétiens le nouveau sabbat, celui de la Nouvelle Alliance, le huitième jour.
Historiquement, 321 et 538 sont deux dates fondamentales. En 321, un édit de Constantin fait du dimanche un jour férié, c’est-à-dire un jour de paix. Concrètement, par cet édit, sont bannis du dimanche les litiges, les procès, le commerce et le travail important pour les esclaves. C’est l’interruption du travail quotidien, le fondement théologique est ainsi transposé en droit. En 538, le Concile d’Orléans donne à l’Eglise sa première législation sur le repos dominical. Elle se répandra petit à petit tout au long du VIème siècle. C’est ainsi la transposition sociétale qui suit la traduction juridique de l’Edit.
Saint Thomas, 1225-1274, résume dans la « Somme Théologique » la signification du précepte dominical en rappelant que le repos dominical est avant tout ordonné au culte et qu’est exclue toute œuvre servile et tout travail aliénant la liberté.
Les œuvres permises le dimanche sont : tous les travaux que la nécessité impose ou encore qui ne peuvent être omis sans un grave dommage, les travaux que la nécessité du devoir de charité commande ou que des circonstances exceptionnelles n’ont pas permis de prévoir, les travaux autorisés par la coutume locale comme les marchés et achats publics à date fixe. C’est donc une traduction pleinement humaine du dimanche.
Aujourd’hui, après 1500 ans, la question du travail du dimanche est reprise par certains gouvernements. Ne comprenant plus la signification spirituelle et sociale du repos dominical, ils risquent, en permettant de plus en plus le travail ce jour-là, de détruire un fondement social de 1500 ans. C’est pourquoi il est important de « faire mémoire » de l’Edit de Constantin, des dispositions du concile d’Orléans et de Saint Thomas d’Aquin.
Certes, la société a oublié l’origine du principe du dimanche. Mais avec son projet de loi, le gouvernement risque, si on le laisse faire, d’altérer le fondement juridique qui aboutira à une déshumanisation de la société dans son ensemble.
Le jour de notre libération définitive.
Posté par Rémy dans Benoît XVI, Encycliques, Enseignement social de l'Eglise, Histoire le 21 mai 2008
Au commencement du quatrième siècle, le culte chrétien était encore interdit par les autorités impériales. Certains chrétiens d’Afrique du Nord, qui se sentaient poussés à célébrer le Jour du Seigneur, défièrent l’interdiction. Ils furent martyrisés alors qu’ils déclaraient qu’il ne leur était pas possible de vivre sans l’Eucharistie, nourriture du Seigneur: sine dominico non possumus. Lire la suite »
Le sens du repos et du travail.
Posté par Rémy dans Benoît XVI, Encycliques, Enseignement social de l'Eglise le 12 mai 2008
Il est particulièrement urgent, à notre époque, de rappeler que le Jour du Seigneur est aussi le jour du repos par rapport au travail. Nous souhaitons vivement que cela soit aussi reconnu comme tel par la société civile, de sorte qu’il soit possible d’être libre des activités du travail sans être pour autant pénalisé. Lire la suite »
Vivre le précepte dominical.
Posté par Rémy dans Benoît XVI, Encycliques, Enseignement social de l'Eglise le 11 mai 2008
Conscients de ce nouveau principe de vie que l’Eucharistie apporte au chrétien, les Pères synodaux ont rappelé l’importance pour tous les fidèles du précepte dominical comme source de liberté authentique, pour pouvoir vivre tous les autres jours selon ce qu’ils ont célébré le « Jour du Seigneur ». Lire la suite »
La Conférence des Evêques de France.
Posté par Rémy dans Actualité religieuse, Enseignement social de l'Eglise le 27 février 2008
La Conférence des Evêques de France, par le biais de son Conseil pour les questions familiales et sociales, a fait paraître un document d’analyse et de réflexion à propos des projets de libéralisation du travail du dimanche.
LE RESPECT DU REPOS DU DIMANCHE
Face aux menaces qui pèsent sur le repos du dimanche, le Conseil pour les questions familiales et sociales de la Conférence des Evêques de France rappelle son importance pour des raisons :
Des raisons théologiques :
- Le Jour du Seigneur, premier jour de la semaine, l’Eglise célèbre la résurrection du Christ et vit le repos demandé par Dieu dès la création du monde. Aussi est-elle très attachée à ce que le sens qu’elle reconnaît au dimanche puisse se traduire dans la pratique des chrétiens.
- Certes des chrétiens ont vécu et vivent encore aujourd’hui dans des sociétés où le dimanche n’est pas un jour férié. Mais faire coïncider le Jour du Seigneur et le repos hebdomadaire témoigne d’une réelle cohérence, et traduit, en France, une fidélité aux origines chrétiennes de notre société.
Des raisons anthropologiques :
- Il est nécessaire que, libéré des contraintes du travail, chacun dispose de temps pour se reposer, vivre en famille, rencontrer les autres, avoir une vie sociale et bénéficier des diverses propositions culturelles, sportives, etc. qui lui sont offertes. Le dimanche laisse à chacun le choix de son emploi du temps, de ce qu’il fait ou ne fait pas, de qui il voit ou ne voit pas ; il est en cela un espace de liberté et de détente, au contraire de la semaine.
- Le dimanche permet de se donner un équilibre de vie souvent mis à mal par le rythme de la semaine.
Des raisons sociales :
- L’économie et le travail ne sont pas le dernier mot d’une vie sociale. Jour de liberté, de détente, de repos, le dimanche est également le temps des retrouvailles entre générations, adultes, jeunes et enfants quelles que soient leurs activités (école, études, entreprises privées ou publiques, etc.). Le dimanche permet de libérer un espace pour le jeu et la conversation entre les hommes.
- La loi du 13 juillet 1906 instituant que « le repos hebdomadaire doit être donné le dimanche » et insérée dans le Code du travail, est donc un acquis social qu’il importe de respecter.
Certes des personnes ont toujours travaillé le dimanche mais c’est dans le but de permettre la vie sociale (services aux personnes, commerces de proximité, entreprises de transports, de loisirs, de spectacles, etc.).
L’argument principal des promoteurs du travail et d’une ouverture généralisée des magasins le dimanche, en particulier des grandes surfaces, est de dynamiser l’économie.
L’efficacité économique d’une telle mesure est cependant loin d’être assurée. La question à se poser est sans doute plus celle du pouvoir d’achat réel des consommateurs potentiels que celle de l’amplitude de l’ouverture des magasins.
D’autre part si le dimanche devient un jour ouvrable comme les autres, on est en droit de penser que des pressions s’exerceront sur le personnel en particulier dans les conditions d’embauche, que les avantages salariaux consentis actuellement disparaîtront progressivement à moins que l’on ait recours à des emplois à temps partiel continuant à renforcer les situations de précarité de bien des familles.
On fait remarquer que les grandes surfaces, en raison des services qu’elles offrent, sont devenues un espace social ; certaines multiplient d’ailleurs les propositions en ce sens (animations, espaces de restauration, etc.) mais la finalité recherchée demeure une augmentation de la consommation avec ses dérives : l’argent et le luxe s’affichent comme les vraies conditions du bonheur. Faut-il s’étonner que croissent l’envie et le ressentiment chez ceux qui en sont privés ?
Dès lors élargir l’ouverture des magasins le dimanche reviendrait à banaliser ce jour et à faire passer les lois du commerce avant la dimension conviviale, familiale et spirituelle de l’existence. Il n’y aurait plus de jour de congé hebdomadaire commun. Ceci accentuerait l’atomisation de la société française.
Par contre une ouverture exceptionnelle, à l’occasion des fêtes de fin d’année par exemple, peut se justifier. Les achats qui y sont effectués revêtent un autre sens puisqu’il s’agit moins de satisfaire des intérêts égoïstes que d’acheter pour les autres, souvent en famille ou avec des amis.
Enfin gommer le caractère particulier du dimanche est une solution de facilité qui, sous prétexte de libéralisme, retire à l’homme un repère objectif, inscrit dans le temps, de sa dimension spirituelle. Laisser à la seule décision individuelle le respect du dimanche revient à considérer la vie spirituelle non plus comme une composante de l’homme, mais comme la résultante aléatoire de motivations privées.
Le dimanche est un jour différent des autres jours. Cette différence doit rester visible.
Le 15 janvier 2008.
Monseigneur Jean-Charles Descubes
Archevêque de Rouen
Président du Conseil pour les questions familiales et sociales
Vivre selon le dimanche.
Posté par Rémy dans Benoît XVI, Encycliques, Enseignement social de l'Eglise le 13 février 2008
» Iuxta dominicam viventes » : ceux qui vivent ’selon le dimanche’.
La nouveauté radicale que l’Eucharistie introduit dans la vie de l’homme s’est révélée à la conscience chrétienne dès les origines. Les fidèles ont immédiatement perçu l’influence profonde que la célébration eucharistique exerçait sur leur style de vie. Saint Ignace d’Antioche exprimait cette vérité en qualifiant ainsi les chrétiens: ceux qui » sont venus à la nouvelle espérance « ; il les présentait comme ceux qui vivent » selon le dimanche » (iuxta dominicam viventes).
Cette formule du grand martyr d’Antioche met clairement en lumière le lien entre la réalité eucharistique et l’existence chrétienne dans son caractère quotidien. L’habitude caractéristique des chrétiens de se réunir le premier jour après le sabbat pour célébrer la résurrection du Christ – selon le récit de saint Justin martyr 205 – est également l’élément qui définit la forme de l’existence renouvelée par la rencontre avec le Christ.
La formule de saint Ignace – » Vivre selon le dimanche » – souligne aussi la valeur paradigmatique que possède ce jour saint par rapport à tout autre jour de la semaine. En effet, il ne se distingue pas par la simple suspension des activités habituelles, comme une sorte de parenthèse dans le rythme normal des jours. Les chrétiens ont toujours ressenti ce jour comme le premier de la semaine, parce qu’en lui on fait mémoire de la nouveauté radicale apportée par le Christ. Le dimanche est donc le jour où le chrétien retrouve la forme eucharistique de son existence, selon laquelle il est appelé à vivre constamment.
» Vivre selon le dimanche » signifie vivre dans la conscience de la libération apportée par le Christ et accomplir son existence comme l’offrande de soi à Dieu, pour que sa victoire se manifeste pleinement à tous les hommes à travers une conduite intimement renouvelée.
§ 72 de l’encyclique Sacramentum Caritatis.
