Archives de la catégorie Enseignement social de l’Eglise

Vivre le précepte dominical.

ble.jpgConscients de ce nouveau principe de vie que l’Eucharistie apporte au chrétien, les Pères synodaux ont rappelé l’importance pour tous les fidèles du précepte dominical comme source de liberté authentique, pour pouvoir vivre tous les autres jours selon ce qu’ils ont célébré le « Jour du Seigneur ». Lire la suite »

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La Conférence des Evêques de France.

La Conférence des Evêques de France, par le biais de son Conseil pour les questions familiales et sociales, a fait paraître un document d’analyse et de réflexion à propos des projets de libéralisation du travail du dimanche.

Conférence des évêques de France

LE RESPECT DU REPOS DU DIMANCHE

Face aux menaces qui pèsent sur le repos du dimanche, le Conseil pour les questions familiales et sociales de la Conférence des Evêques de France rappelle son importance pour des raisons :

Des raisons théologiques :

  • Le Jour du Seigneur, premier jour de la semaine, l’Eglise célèbre la résurrection du Christ et vit le repos demandé par Dieu dès la création du monde. Aussi est-elle très attachée à ce que le sens qu’elle reconnaît au dimanche puisse se traduire dans la pratique des chrétiens.
  • Certes des chrétiens ont vécu et vivent encore aujourd’hui dans des sociétés où le dimanche n’est pas un jour férié. Mais faire coïncider le Jour du Seigneur et le repos hebdomadaire témoigne d’une réelle cohérence, et traduit, en France, une fidélité aux origines chrétiennes de notre société.

Des raisons anthropologiques :

  • Il est nécessaire que, libéré des contraintes du travail, chacun dispose de temps pour se reposer, vivre en famille, rencontrer les autres, avoir une vie sociale et bénéficier des diverses propositions culturelles, sportives, etc. qui lui sont offertes. Le dimanche laisse à chacun le choix de son emploi du temps, de ce qu’il fait ou ne fait pas, de qui il voit ou ne voit pas ; il est en cela un espace de liberté et de détente, au contraire de la semaine.
  • Le dimanche permet de se donner un équilibre de vie souvent mis à mal par le rythme de la semaine.

Des raisons sociales :

  • L’économie et le travail ne sont pas le dernier mot d’une vie sociale. Jour de liberté, de détente, de repos, le dimanche est également le temps des retrouvailles entre générations, adultes, jeunes et enfants quelles que soient leurs activités (école, études, entreprises privées ou publiques, etc.). Le dimanche permet de libérer un espace pour le jeu et la conversation entre les hommes.
  • La loi du 13 juillet 1906 instituant que « le repos hebdomadaire doit être donné le dimanche » et insérée dans le Code du travail, est donc un acquis social qu’il importe de respecter.

Certes des personnes ont toujours travaillé le dimanche mais c’est dans le but de permettre la vie sociale (services aux personnes, commerces de proximité, entreprises de transports, de loisirs, de spectacles, etc.).
L’argument principal des promoteurs du travail et d’une ouverture généralisée des magasins le dimanche, en particulier des grandes surfaces, est de dynamiser l’économie.
L’efficacité économique d’une telle mesure est cependant loin d’être assurée. La question à se poser est sans doute plus celle du pouvoir d’achat réel des consommateurs potentiels que celle de l’amplitude de l’ouverture des magasins.

D’autre part si le dimanche devient un jour ouvrable comme les autres, on est en droit de penser que des pressions s’exerceront sur le personnel en particulier dans les conditions d’embauche, que les avantages salariaux consentis actuellement disparaîtront progressivement à moins que l’on ait recours à des emplois à temps partiel continuant à renforcer les situations de précarité de bien des familles.

On fait remarquer que les grandes surfaces, en raison des services qu’elles offrent, sont devenues un espace social ; certaines multiplient d’ailleurs les propositions en ce sens (animations, espaces de restauration, etc.) mais la finalité recherchée demeure une augmentation de la consommation avec ses dérives : l’argent et le luxe s’affichent comme les vraies conditions du bonheur. Faut-il s’étonner que croissent l’envie et le ressentiment chez ceux qui en sont privés ?

Dès lors élargir l’ouverture des magasins le dimanche reviendrait à banaliser ce jour et à faire passer les lois du commerce avant la dimension conviviale, familiale et spirituelle de l’existence. Il n’y aurait plus de jour de congé hebdomadaire commun. Ceci accentuerait l’atomisation de la société française.

Par contre une ouverture exceptionnelle, à l’occasion des fêtes de fin d’année par exemple, peut se justifier. Les achats qui y sont effectués revêtent un autre sens puisqu’il s’agit moins de satisfaire des intérêts égoïstes que d’acheter pour les autres, souvent en famille ou avec des amis.

Enfin gommer le caractère particulier du dimanche est une solution de facilité qui, sous prétexte de libéralisme, retire à l’homme un repère objectif, inscrit dans le temps, de sa dimension spirituelle. Laisser à la seule décision individuelle le respect du dimanche revient à considérer la vie spirituelle non plus comme une composante de l’homme, mais comme la résultante aléatoire de motivations privées.

Le dimanche est un jour différent des autres jours. Cette différence doit rester visible.

Le 15 janvier 2008.

Monseigneur Jean-Charles Descubes
Archevêque de Rouen
Président du Conseil pour les questions familiales et sociales

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Vivre selon le dimanche.

 » Iuxta dominicam viventes  » : ceux qui vivent ‘selon le dimanche’.

messe.jpgLa nouveauté radicale que l’Eucharistie introduit dans la vie de l’homme s’est révélée à la conscience chrétienne dès les origines. Les fidèles ont immédiatement perçu l’influence profonde que la célébration eucharistique exerçait sur leur style de vie. Saint Ignace d’Antioche exprimait cette vérité en qualifiant ainsi les chrétiens: ceux qui  » sont venus à la nouvelle espérance « ; il les présentait comme ceux qui vivent  » selon le dimanche  » (iuxta dominicam viventes).

Cette formule du grand martyr d’Antioche met clairement en lumière le lien entre la réalité eucharistique et l’existence chrétienne dans son caractère quotidien. L’habitude caractéristique des chrétiens de se réunir le premier jour après le sabbat pour célébrer la résurrection du Christ – selon le récit de saint Justin martyr 205 – est également l’élément qui définit la forme de l’existence renouvelée par la rencontre avec le Christ.

La formule de saint Ignace –  » Vivre selon le dimanche  » – souligne aussi la valeur paradigmatique que possède ce jour saint par rapport à tout autre jour de la semaine. En effet, il ne se distingue pas par la simple suspension des activités habituelles, comme une sorte de parenthèse dans le rythme normal des jours. Les chrétiens ont toujours ressenti ce jour comme le premier de la semaine, parce qu’en lui on fait mémoire de la nouveauté radicale apportée par le Christ. Le dimanche est donc le jour où le chrétien retrouve la forme eucharistique de son existence, selon laquelle il est appelé à vivre constamment.

 » Vivre selon le dimanche  » signifie vivre dans la conscience de la libération apportée par le Christ et accomplir son existence comme l’offrande de soi à Dieu, pour que sa victoire se manifeste pleinement à tous les hommes à travers une conduite intimement renouvelée.

§ 72 de l’encyclique Sacramentum Caritatis.

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Devoir des autorités politiques et des employeurs.

ange au cadranLes autorités publiques ont le devoir de veiller à ce que les citoyens ne soient pas privés, pour des raisons de productivité économique, d’un temps destiné au repos et au culte divin. Les employeurs ont une obligation analogue vis-à-vis de leurs employés. Les chrétiens doivent, dans le respect de la liberté religieuse et du bien commun de tous, se prodiguer pour que les lois reconnaissent les dimanches et les autres solennités liturgiques comme des jours fériés:  » Ils ont à donner à tous un exemple public de prière, de respect et de joie et à défendre leurs traditions comme une contribution précieuse à la vie spirituelle de la société humaine « . Tout chrétien devra  » éviter d’imposer sans nécessité à autrui ce qui l’empêcherait de garder le jour du Seigneur « .

(§ 286 du compendium de la doctrine sociale de l’Eglise)

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Le dimanche est un jour à sanctifier.

promenade dominicaleLe dimanche est un jour à sanctifier par une charité agissante, avec une attention particulière aux membres de la famille, ainsi qu’aux malades, aux infirmes et aux personnes âgées; il ne faut pas non plus oublier les  » frères qui ont les mêmes besoins et les mêmes droits et ne peuvent se reposer à cause de la pauvreté et de la misère « ;  en outre, c’est un temps propice à la réflexion, au silence et à l’étude, qui favorisent la croissance de la vie intérieure et chrétienne. Les croyants devront se distinguer, ce jour-là aussi, par leur modération, en évitant tous les excès et les violences qui caractérisent souvent les divertissements de masse. Le jour du Seigneur doit toujours être vécu comme le jour de la libération, qui fait participer à la  » réunion de fête  » et à  » l’assemblée des premiers-nés qui sont inscrits dans les cieux  » (He 12, 22-23) et anticipe la célébration de la Pâque définitive dans la gloire du ciel.

§ 285 du Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise

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Le repos des jours fériés est un droit.

  » Au septième jour, Dieu chôma après tout l’ouvrage qu’il avait fait  » (Gn 2, 2): les hommes aussi, créés à son image, doivent jouir d’un repos et d’un temps libre suffisants qui leur permettent de s’occuper de leur vie familiale, culturelle, sociale et religieuse. C’est à cela que contribue l’institution du jour du Seigneur. Le dimanche et les autres jours de fête de précepte, les croyants  » s’abstiendront de se livrer à des travaux ou à des activités qui empêchent le culte dû à Dieu, la joie propre au Jour du Seigneur, la pratique des œuvres de miséricorde et la détente convenable de l’esprit et du corps « . Des nécessités familiales ou des exigences d’utilité sociale peuvent légitimement exempter du repos dominical, mais elles ne doivent pas créer des habitudes dommageables à la religion, à la vie de famille et à la santé.

Compendium de doctrine sociale de l’Eglise

§ 284 du Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise

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