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le jour du soleil

Le martyrologe romain fait mémoire, le 12 février, des saints martyrs d’Abitène, saint Saturnin et ses compagnons, 31 hommes et 18 femmes, martyrs pour avoir défendu le dimanche. Le pape Benoit XVI a ainsi résumé leur message : « Sans nous réunir en assemblée le dimanche pour célébrer l’Eucharistie, nous ne pouvons pas vivre. » Read More →

Article sur l’étymologie et l’histoire du substantif  « dimanche » trouvé sur le site internet alorthorgraphe :

Dimanche tout comme samedi, n’est pas en rapport, dans la langue française, avec une planète. Le mot vient du latin Dominicus Diès, qui signifie Jour du Seigneur. En ancien français : diemenche. C’est le jour de repos dans la tradition chrétienne, équivalent au Sabbat judaïque. L’origine du repos le 7ème jour vient de la Genèse (4ème siècle av.JC) où il est expliqué que Dieu avait besoin de se reposer après avoir créé le monde, tout en sanctifiant ce jour. En l’an 321, l’empereur Constantin décida que le dimanche serait jour de repos dans les villes de l’Empire, l’associant au jour du dieu solaire romain. En allemand et en anglais, respectivement sonntag et sunday, on retrouve cette étymologie liée au Soleil. Le repos dominical est créé dans un but d’amélioration sociale. Mais plus tard, les Lumières le remettent en cause, et il sera aboli par la Révolution française en 1792 lors de la création du calendrier révolutionnaire. Il fut rétabli en 1814 lorsque les Bourbon revinrent au pouvoir, et réaboli en 1880. Mais un important mouvement social de contestation aboutira à sa réapparition en 1906, la loi est toujours en vigueur, instaurant un repos de 24 heures obligatoires suite à 6 jours de travail.

Mgr FreppelIl fut un temps où les évêques français s’engageaient franchement au service du Bien Commun de leur pays.

Nous vous laissons savourer ces quelques pages :

La sanctification du Dimanche est l’un des devoirs les plus graves et les plus importants de la vie chrétienne. Sans l’observation du repos dominical, c’en est fait de la foi et des mœurs.

Là où le troisième commandement de Dieu est méconnu et foulé aux pieds, toute religion disparaît, et par une conséquence nécessaire, il ne reste plus debout aucune notion, ni aucun sentiment de moralité.

C’est la rupture complète des liens qui unissent la créature à son Créateur. En refusant de rendre à Dieu l’hommage qui lui est dû comme au souverain Seigneur de toutes choses, l’homme s’abaisse au rang des animaux sans raison ; il végète comme eux, absorbé par les besoins de la vie matérielle, sans qu’un mobile supérieur vienne imprimer à son existence une direction plus élevée. La culture de l’âme, c’est-à-dire de la meilleure partie de nous-mêmes, devient impossible du moment qu’il n’y a plus ni trêve, ni répit dans une activité consacrée tout entière aux biens et aux jouissances de la terre.

Pour se maintenir à la hauteur de sa nature et de ses destinées, l’homme a besoin par intervalle de rentrer en lui-même, de se recueillir devant Dieu, de réfléchir à ses devoirs et à ses fins dernières. Sans ce retour périodique des graves pensées de la foi et des actes de piété que la religion commande, tout se rapetisse, tout se rétrécit, tout se matérialise en quelque sorte : ni dans l’intelligence, ni dans le cœur, il n’y a plus de place pour rien de ce qui est pur, noble et divin.

Alors, on voit apparaître dans nos campagnes ce type avili d’une civilisation en déclin, cet homme déchu de ses grandeurs chrétiennes, qui, le jour du Seigneur et à l’heure même où ses frères, réunis dans le temple élèvent leur âme vers le ciel, est là, couché sur une motte de terre, poussant devant lui ses bêtes de somme, plus abaissé qu’elles-mêmes, parce qu’il est descendu d’autant plus bas qu’il est tombé de plus haut, et que loin d’ignorer ce qu’il doit à Dieu, il aggrave sa révolte du poids de sa raison.

Il n’est pas rare de voir des villages où le jour du Seigneur ne diffère presque point des autres, où, comme le reste de la semaine, l’on continue, le Dimanche, à bâtir des maisons, à cultiver les champs, à faire les récoltes, à exercer tous les métiers.

Ce triste spectacle se reproduit également dans certaines villes où les magasins restent ouverts pour l’achat des marchandises de luxe, des objets les moins nécessaires à la vie et dont l’acquisition pourrait si facilement se remettre à un autre jour.

Et qu’en résulte-t-il ? La désertion des offices, l’abandon des sacrements, l’oubli du devoir, l’ignorance des vérités de la foi, en un mot l’affaiblissement sinon l’extinction complète de la vie religieuse et morale. C’est à ce signe infaillible que l’on reconnaît l’état d’une paroisse : là où le précepte du repos dominical est observé, la foi reste debout et les vertus chrétiennes se conservent dans leur intégrité, tandis que le mépris de cette loi capitale entraîne inévitablement la ruine des croyances et des mœurs. Le travail du Dimanche est l’une des grandes plaies qui affligent nos villes et nos campagnes. Tous, nous devons travailler dans la mesure de nos forces à la faire disparaître. Trop longtemps l’on a pu dire, hélas ! Avec trop grande vérité de la France qu’elle est la seule nation chrétienne où la loi du Dimanche soit ouvertement violée ; et ce fait lamentable n’est pas l’une des moindres causes qui aient porté atteinte à la réputation du pays. Il n’est pas besoin de bien longues considérations pour se convaincre que la loi du Dimanche est aussi raisonnable dans son principe qu’elle est salutaire dans ses conséquences.

I

 C’est un principe de la raison non moins qu’une vérité de foi, que l’homme doive à Dieu un culte d’adoration et de reconnaissance, comme à son Créateur et à son souverain Maître : culte extérieur, car, nos actes n’ont de valeur morale qu’autant qu’ils procèdent de l’intelligence et de la volonté ; culte extérieur, car l’homme, étant composé d’un corps et d’une âme doit manifester au dehors les sentiments qui l’animent envers son Seigneur et son Père ; culte public et social, car, l’homme est fait pour vivre en société, et par conséquent  c’est en union avec ses semblables et par un hommage collectif qu’il doit rendre à la Divinité l’honneur qui lui revient. Ainsi l’ont compris et pratiqué tous les peuples de la terre : toujours et partout nous voyons les hommes se réunir pour prier en commun, chanter les louanges de Dieu et adorer son saint nom. Voilà une vérité incontestable. Elle est aussi certaine que l’existence même de Dieu. Mais, si en raison même de sa nature d’être intelligent et libre, l’homme doit à Dieu un culte à la fois intérieur et extérieur, public et social, ajoutons de suite qu’il appartient à Dieu seul de déterminer la forme et les conditions du culte qu’Il est en droit d’exiger de ses créatures.

Car nous sommes par rapport à Lui dans un état de dépendance absolue. C’est pourquoi dès l’origine du monde, Dieu ayant voulu partager les jours par des semaines, choisit le septième pour être particulièrement sanctifié et consacré à son service : « Dieu, dit les saints livres, bénit le septième jour et le sanctifia, parce qu’il s’était reposé en ce jour de tous ses ouvrages. »

Promulguée sur le berceau même du genre humain, cette loi primitive du repos et de la sanctification du septième jour se conserva dans la mémoire et dans la pratique des familles patriarcales ; et quand, plus tard, au sommet du Sinaï, Dieu transmit à Moïse les commandements de la loi écrite, il renouvela en ces termes le précepte des anciens jours : « Souviens-toi de sanctifier le jour du repos. Tu travailleras six jours, etc… » (reste du texte… Exode XX)

Vous l’entendez, l’institution du repos et de la sanctification du septième jour se rattache à l’œuvre même de la Création du monde, dont elle est le mémorial à jamais ineffaçable ; et voilà ce qui donne à cette loi sa haute signification avec sa gravité exceptionnelle et unique. Dieu nous demande l’observation de ce précepte comme l’acte propre et distinctif par lequel nous confessons notre dépendance et sa souveraineté. C’est l’hommage essentiel de la Créature raisonnable à son Créateur ; la reconnaissance publique des droits que Dieu s’est acquis sur nous en nous donnant l’existence et la vie. Lui refuser ce témoignage de notre sujétion, profaner le jour  qu’Il a sanctifié en mémoire de l’accomplissement de son Œuvre, c’est rompre violemment le lien qui nous unit à l’Auteur de toutes choses, c’est méconnaître son domaine suprême sur le monde sorti de ses mains, c’est répondre à sa puissance et à sa bonté créatrices par la révolte et l’ingratitude.

Et quoi ! Le Maître absolu du temps et de l’espace donne à sa créature l’espace et le temps ; il fait succéder pour elle les jours, les semaines, les mois, les années ; puis, en retour de ces libéralités, Il ne lui demande par intervalles qu’une faible portion de ce temps qu’Il lui distribue dans une si large mesure ; et au lieu de témoigner sa reconnaissance pour un tel bienfait, l’homme refuserait de prélever sur la durée de cette existence qu’il tient de la Bonté divine, la part que son Créateur s’est réservée pour la prière, l’adoration, la louange et l’action de grâce !…

Un tel refus ne serait-il pas le comble de la déraison ? Et s’il était réfléchi, obstiné, ne faudrait-il pas y voir la négation même de Dieu. Contemporaine de la création dont elle est destinée à perpétuer le souvenir, en ramenant sur nos lèvres, au jour marqué, l’hymne de l’adoration et de l’amour, la Loi divine du repos est aussi ancienne que la loi divine du travail.

Pour indiquer le rapport intime qui existe entre elles, Dieu ne les sépare pas l’une de l’autre ; Il les comprend toutes deux sous un seul et même précepte : « tu travailleras six jours de la semaine ; et tu te reposeras le septième. » Voilà le règlement divin de l’activité humaine. Oui, sans doute, la loi du travail est une loi sainte et sacrée : et ce n’est pas nous qui voudrions jamais nous détourner d’un devoir auquel nul ne peut se soustraire. Il est dit dans la Sainte Ecriture « que Dieu a placé l’homme sur la terre pour qu’il travaillât. »

Après avoir lancé dans l’espace le monde que nous habitons, le Créateur a daigné nous appeler à l’honneur de collaborer avec Lui dans l’achèvement de son œuvre. Non pas qu’Il n’ait disposé toutes choses avec nombre, poids et mesure, ni qu’il ne manque rien au plan et à l’ordonnance générale de l’univers ; mais en créant l’ensemble des êtres avec leurs lois et leurs propriétés, l’Ouvrier suprême n’a pas voulu se réserver à Lui seul la tâche de les conduire à leurs fins. Il s’est donné un aide en associant l’homme à ce travail de perfectionnement. Les semences et les germes de la vie seront répandus en tous lieux ; mais il faudra une main pour les faire éclore au soleil de la Providence. Les forces de la nature dormiront captives dans le sein des éléments jusqu’à ce qu’une intelligence armée d’un bras vienne les réveiller pour les mettre en jeu. Partout ce seront des matériaux qui demandent à être réunis et disposés par ordre ; des pierres d’attente pour un édifice futur. Après la nature, viendront l’industrie et l’art ; après la création, le travail. Telle est la loi de ce monde. Mais le travail incessant et continu n’est pas dans les conditions de la nature humaine. Voilà pourquoi, la loi divine du repos est corrélative à la loi divine du travail : l’une est aussi nécessaire que l’autre. En les combinant dans de sages proportions, le divin architecte a pris mesure sur nos forces physiques. Pour maintenir l’équilibre de toute notre existence, Il a déterminé le point où la fatigue deviendrait l’épuisement, et de même que dans sa prévoyante bonté, Il fait succéder le repos de chaque nuit au travail de chaque jour, ainsi a-t-Il jugé indispensable de réparer la dépense habituelle de nos forces par le retour périodique d’une journée entière de relâche. Il a réglé toutes choses en harmonie avec la constitution même de l’homme, lui distribuant sa tâche selon ses besoins et ses véritables intérêts.

II

 Admirable disposition de la divine Providence ! Ses commandements sont autant de bienfaits, et c’est dans la soumission à ses ordres que nous trouvons tout à la fois le bien-être du corps et le profit de l’âme.

Oui de l’âme, car, le repos dominical a été institué pour maintenir la santé de l’âme non moins que pour réparer les forces du corps. Il a été dit à l’homme : « Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front. » Et voilà pourquoi vous travaillez pendant six jours de la semaine, afin de pourvoir à votre subsistance et à celles de vos familles. Mais au milieu des soins nécessaires que vous accordez aux intérêts du corps, ne négligez pas la haute partie de vous-mêmes, celle qui domine tout le reste et à laquelle se rattachent vos destinées éternelles. Car, « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Notre vrai titre de supériorité sur tout ce qui nous entoure, c’est que par derrière cette enveloppe fragile qu’un rien déchire, dissout, fait tomber en poussière, il y a ce qui prête la vie à une matière inerte et passive, il y a ce qui franchit l’espace, brave la durée, triomphe de la mort, il y a la pensée qui oblige l’univers tout entier à se réfléchir en elle, il y a le sentiment qui embrasse l’infini dans sa capacité, il y a la volonté avec sa libre énergie, il y a l’âme, en un mot, l’âme faite à l’image de Dieu, dont elle exprime les traits, respire la noblesse, reproduit la beauté. C’est cette âme qu’il faut cultiver avant tout, cette âme qu’il s’agit de préparer à sa vocation divine par la foi, par l’espérance, par la charité, par tout ce qui peut la rattacher à Dieu, son principe et sa fin. Or, le jour du seigneur est le jour de la culture des âmes.

En vérité, est-ce trop d’un jour par semaine pour vous occuper d’un ordre de choses qui constitue l’affaire capitale de votre vie ? Vous êtes là, pendant six jours, appliqués les uns, au travail des champs, les autres aux détails leur négoce, ceux-ci à l’exercice de leur métier, ceux-là  aux calculs de leur industrie, tous plus ou moins, au mouvement de leurs affaires ; à la bonne heure : en agissant de la sorte, vous remplissez la volonté de Dieu qui a imposé à toute l’humanité la loi du travail. Mais est-ce là tout l’homme ? N’avez-vous  pas d’autres intérêts, ni d’autres aspirations ? Et quoi : vous resteriez plongés toute la semaine dans des préoccupations terrestres, et il n’y aurait pas un jour pour élever vos regards au-dessus de cet horizon fini ; un jour pour détacher votre âme des choses d’ici-bas et lui laisser prendre son vol vers des régions plus hautes, un jour pour vous retrouver en face de vous-mêmes avec la conscience de vos devoirs et de vos destinées futures, un jour pour nourrir votre esprit du pain de la vérité, un jour pour vous retremper aux sources de la grandeur et de la dignité morales, un jour pour entrer en communion avec tout ce qu’il y de pur, de noble, de saint sur la terre, un seul jour enfin pour vous réunir à vos frères, dans l’assemblée de la foi et de la charité, sous les yeux de notre Père qui est au ciel ! Non cela n’est pas possible, notre âme mérite d’être cultivée plus encore que vos champs ; et ce n’est pas trop d’un jour par semaine pour consacrer vos efforts à cette œuvre la plus haute et la plus importante de toutes.

Voilà pourquoi ce jour unique nous apparaît marqué d’un sceau divin ! Il est par excellence le jour de l’âme ; le jour de ses joies et de ses élévations. Dieu et l’Eglise ont concentré sur ce jour béni tous les grands souvenirs et toutes les grandes leçons de la foi. Ce n’est plus seulement au Dieu créateur que nous, chrétiens, nous devons rendre hommage en consacrant à son service le jour qu’il s’est réservé, mais encore au Dieu Rédempteur et Sanctificateur de nos âmes. En le sanctifiant, vous faîtes acte d’adhésion à l’Evangile et à l’Eglise ; vous vous rangez avec les fils de l’adoption divine, vous prenez place parmi les héritiers du royaume des cieux ! Jugez par là, combien grave est le précepte de la sanctification du dimanche, à quel point il engage votre dignité d’homme et votre caractère de chrétien, puisqu’en l’observant vous affirmez tout l’ensemble de vos croyances et de vos devoirs, et qu’en le violant vous rasez de fait, sinon en paroles, tous les principes sur lesquels reposent votre foi et vos espérances.

Et qu’on ne me mette pas en regard de ce précepte si rigoureux les intérêts de l’agriculture, du commerce et de l’industrie. Ce sont là de vains prétextes pour se dispenser d’une loi qui au lieu d’entraver le progrès de la richesse publique, ne fait que l’assurer davantage. Est-ce que les nations chrétiennes où le repos dominical est strictement observé, n’ont jamais souffert d’une interruption commandée par la nature, non moins que par la religion ?

N’est-ce pas précisément l’Angleterre qui tient la tête du mouvement industriel et commercial, elle qui a eu la bonne fortune de garder fidèlement sur ce point, les traditions de son passé catholique. La fermeture absolue de ses magasins, de ses entrepôts et de ses usines, le saint jour du Dimanche, empêchera-t-elle la ville de Londres d’être la plus riche et la plus commerçante du monde ? Y a-t-il en Europe des terres mieux cultivées et d’un rendement plus considérable que celles du Hanovre, de la Saxe et de la Bohême, où le travail du dimanche est totalement inconnu ? Et pour nous en tenir à la France, l’Alsace, où une pareille profanation serait repoussée avec horreur, n’a-t-elle pas constamment figuré parmi nos provinces les plus avancées pour la culture des champs et pour les progrès de l’industrie ? Qu’on ne vienne donc pas imaginer des prétextes qui s’évanouissent au regard de la raison et devant les données les plus incontestables de l’expérience.

Non, ne le croyez pas, la violation de la loi du Dimanche n’a jamais enrichi personne. Il peut y avoir là un profit apparent, une source de gain momentané ; mais Dieu, qui a béni le septième jour, refuse sa bénédiction aux œuvres qui s’y font contre sa volonté souveraine. Non, l’on ne gagne jamais rien à transgresser la loi divine. Dieu retrouve tôt ou tard ceux qui foulent aux pieds ses préceptes, et il les punit précisément par où ils ont péché, dans les intérêts mêmes auxquels ils ont sacrifié leur foi. Il les punit dans des revers imprévus qui viennent renverser en un clin d’œil l’édifice d’une fortune assise sur la violation de sa loi. Il les punit dans les prodigalités d’un fils qui dissipe follement l’héritage paternel. Il les punit dans les fléaux que sa main déchaîne quand la mesure de l’iniquité est arrivée à son comble ; et si le châtiment ne suit pas toujours la faute dès ce monde, il viendra un jour où les menaces de la Justice divine recevront leur inévitable effet. Car, la profanation habituelle du Dimanche est l’atteinte la plus directe à l’autorité de Dieu, c’est la rupture ouverte et complète de tout commerce entre le Créateur et sa créature, et ce serait la ruine même de la Religion, si cette plaie funeste tendait à se généraliser. Aussi, est-ce par ce moyen-là que l’impiété espère triompher de la foi des peuples ; et chaque fois qu’elle a voulu porter à la Religion un coup mortel, elle s’est écriée comme les révolutionnaires du siècle dernier : « Faisons cesser sur la terre toutes les fêtes de Dieu. » – « Quiescere faciamus omne dies festus dei a terra » (Ps. LXXVIII, 9)

C’est dans votre intérêt que nous insistons sur l’observation de cette loi. S’astreindre à un travail continuel, sans relâche, n’est-ce pas là une vraie servitude aussi préjudiciable à la santé du corps qu’aux intérêts de l’âme. Pourquoi donc ne pas réserver pour les autres jours de la semaine la vente ou l’achat de marchandises qui ne sont pas nécessaires à l’entretien de la vie ? Et en quoi les intérêts de personne se trouveraient-ils lésés, parce qu’on choisirait un jour différent du dimanche pour se procurer les mêmes objets ? Il ne suffit pas de remplir son devoir propre et personnel, encore faut-il ne pas mettre son prochain dans l’impossibilité d’accomplir le sien ; et l’on charge sa conscience non seulement par les fautes que l’on commet soi-même, mais aussi par celles que l’on fait commettre aux autres.

Que le jour du Seigneur soit donc pour vous tous, le jour du repos sanctifié par la prière et les bonnes œuvres. Ainsi nous préparerons-nous à entrer un jour dans ce repos de Dieu, dont le Dimanche est la figure, et qui devra être la récompense éternelle de notre foi.

Oui ; se reposer en Dieu, avec la certitude d’une paix immuable ; le voir face à face, tel qu’Il est, sans ombre et sans voile ; contempler à découvert cette Vérité substantielle dont un simple reflet nous transporte ici-bas de joie et d’admiration ; aimer indéfiniment cette beauté parfaite dont toutes les magnificences de ce monde ne reproduisent qu’une faible image ; posséder à jamais le bien suprême sans crainte de le perdre, partager avec tout ce qu’il y a eu de plus saint, de plus noble, de plus pur sur la terre un bonheur qui ne connaîtra ni retour, ni vicissitude, vivre avec tout ce que renferme le ciel, les anges, les bienheureux, la sainte Vierge, Dieu le Père, Dieu le Fils, Dieu le Saint Esprit.

Voilà le jour du Seigneur ; sans nuit ni lendemain, le grand repos de l’Eternité, pendant lequel nous serons rassasiés de puissance, de grandeur et d’immortalité. Mais il ne sera donné, ce repos éternel qu’à ceux qui auront observé fidèlement le repos de chaque Dimanche et qui l’auront sanctifié. Amen. A monsieur le curé de Malétable (Orne.)

À propos de l’origine du dimanche et de l’apport de St Thomas d’Aquin sur la conception du travail du dimanche.

Saint Thomas d’AquinLe repos dominical a un fondement théologique. Il se trouve d’abord dans la tradition du sabbat qui fait écho au repos de Dieu le septième jour de la création du monde. Les évangiles  rappellentensuite que le sabbat est fait pour l’homme et non l’inverse (Marc 2,27- Matthieu 12 1-3). Le dimanche, jour de la résurrection du Christ devient enfin pour les chrétiens le nouveau sabbat, celui de la Nouvelle Alliance, le huitième jour.

Historiquement, 321 et 538 sont deux dates fondamentales. En 321, un édit de Constantin fait du dimanche un jour férié, c’est-à-dire un jour de paix. Concrètement, par cet édit, sont bannis du dimanche les litiges, les procès, le commerce et le travail important pour les esclaves. C’est l’interruption du travail quotidien, le fondement théologique est ainsi transposé en droit. En 538, le Concile d’Orléans donne à l’Eglise sa première législation sur le repos dominical. Elle se répandra petit à petit tout au long du VIème siècle. C’est ainsi la transposition sociétale qui suit la traduction juridique de l’Edit.

Saint Thomas, 1225-1274, résume dans la « Somme Théologique » la signification du précepte dominical en rappelant que le repos dominical est avant tout ordonné au culte et qu’est exclue toute œuvre servile et tout travail aliénant la liberté.
Les œuvres permises le dimanche sont : tous les travaux que la nécessité impose ou encore qui ne peuvent être omis sans un grave dommage, les travaux que la nécessité du devoir de charité commande ou que des circonstances exceptionnelles n’ont pas permis de prévoir, les travaux autorisés par la coutume locale comme les marchés et achats publics à date fixe. C’est donc une traduction pleinement humaine du dimanche.

Aujourd’hui, après 1500 ans, la question du travail du dimanche est reprise par certains gouvernements. Ne comprenant plus la signification spirituelle et sociale du repos dominical, ils risquent, en  permettant de plus en plus le travail ce jour-là, de détruire un fondement social de 1500 ans. C’est pourquoi il est important de « faire mémoire » de l’Edit de Constantin, des dispositions du concile d’Orléans et de Saint Thomas d’Aquin.
Certes, la société a oublié l’origine du principe du dimanche. Mais avec son projet de loi, le gouvernement risque, si on le laisse faire, d’altérer le fondement juridique qui aboutira à une déshumanisation de la société dans son ensemble.

Place Saint PierreAu commencement du quatrième siècle, le culte chrétien était encore interdit par les autorités impériales. Certains chrétiens d’Afrique du Nord, qui se sentaient poussés à célébrer le Jour du Seigneur, défièrent l’interdiction. Ils furent martyrisés alors qu’ils déclaraient qu’il ne leur était pas possible de vivre sans l’Eucharistie, nourriture du Seigneur: sine dominico non possumus. Read More →

L’avènement des loisirs.Extrait du livre L’avènement des loisirs (1850-1960) d’Alain Corbin.

Le repos dominical n’a pas cent ans! Ses défenseurs étaient de deux bords, l’Eglise et les réformateurs sociaux soucieux de l’hygiène publique.

Entre le début des années 1860 et 1906, date de la loi qui institue en France le repos hebdomadaire, celui-ci – bien souvent sous forme de repos dominical – est revendiqué de plus en plus fermement. Il s’accorde aux nouvelles conceptions de la fatigue et à l’attention grandissante portée à la dignité du travailleur. Les acteurs de ce combat viennent de divers horizons. En France, notamment, le clergé catholique lutte avec acharnement, depuis l’aube du premier Empire, en faveur du respect du jour du Seigneur. Read More →

Saint Dominique SavioDominique Savio fait sa première communion à 7 ans en 1849, et il écrit ses résolutions:
1) Je me confesserai très souvent et je communierai toutes les fois que mon confesseur me le permettra.
2) Je veux sanctifier les jours de fête.
3) Mes amis seront Jésus et Marie.
4) La mort mais pas de péchés.

Don Bosco passant dans la région en octobre 1854, on lui parle de Dominique et il est « stupéfait de découvrir l’oeuvre que la grâce divine avait déjà accomplie en un garçon si jeune. »

Le 8 décembre 1854, quand le Pape Pie IX proclame le dogme de l’Immaculé Conception, Dominique se consacre à la Sainte Vierge et renouvelle les promesses de sa première communion : « Marie je vous donne mon coeur; faites qu’il soit toujours vôtre. Jésus et Marie, soyez toujours mes amis, mais de grâce, faites-moi mourir plutôt que d’avoir le malheur de commettre un seul péché. » Sa vie est alors tellement transformée qu’à partir de ce jour, Don Bosco se met à noter ses faits et gestes pour ne pas les oublier.

Il tombe malade en 1857 et subit 10 saignées en 4 jours, avec un courage au-dessus de son âge. Le 9 mars, il agonise : « Adieu, mon cher papa, adieu ! Monsieur le Curé voulait encore me dire autre chose, et je n’arrive plus à me le rappeler… Oh! que c’est beau ce que je vois… ». A ces mots et toujours en souriant, le visage lumineux, il expire les mains jointes et croisées sur la poitrine, sans le moindre mouvement.

tiré du site Une minute avec Marie.