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Les supermarchés sont les nouvelles cathédrales, déplore le cardinal Antonelli
Posté par David dans Enseignement social de l'Eglise, Paroles de Pasteurs le 26 septembre 2010
Mgr Ennio cardinal Antonelli a souhaité que le dimanche soit célébré de manière à « illuminer le sens de la vie et du travail » et non pas à remplir les supermarchés qu’il a qualifiés de « nouvelles cathédrales ».
Le président du Conseil pontifical pour la famille s’est exprimé lors de la conférence de presse de présentation de la lettre de Benoît XVI pour la 7ième rencontre mondiale des familles qui se tiendra du 30 mai au 3 juin 2012 à Milan sur le thème « La famille : le travail et la fête ».
Tout en dénonçant la logique actuelle du profit qui tend à détruire les « relations humaines » et les « valeurs spirituelles », le cardinal Antonelli a regretté que le dimanche soit menacé par le « travail non-stop », que le week-end devienne l’occasion de s’évader « en discothèque, au stade, à la mer » ou qu’il soit consacré « à la consommation à travers la haute fréquentation des supermarchés, les nouvelles cathédrales des villes-marché ».
Il faut que « le jour férié soit célébré de manière à illuminer le sens de la vie et du travail, en renforçant la cohésion de la famille et son insertion dans une communauté plus grande, en ravivant le rapport avec la personne du Christ », a-t-il expliqué.
Mgr Podvin : « Notre attachement au dimanche sera redit sans cesse »
Posté par David dans Paroles de Pasteurs le 29 juillet 2010
Lu dans Messages du Secours Catholique n°648 de juillet/août 2010 :
3 QUESTIONS A MGR BERNARD PODVIN
Le porte-parole de la Conférence des évêques de France souhaite la suppression du travail du dimanche
« Défendre le dimanche est notre conception de la mondialisation »
1) La Conférence des évêques s’était opposée en vain à la loi autorisant le travail du dimanche. Un an après sa mise en œuvre, quel bilan faites-vous de son application ?
Les évêques n’ont pas été les seuls à interpeller avec vigueur. De nombreuses instances représentatives de la société ont fait chorus dans leurs compétences respectives. Signe que le sujet est crucial, et concerne chacun. La question continue de troubler les esprits. Ce n’est pas à l’épiscopat de dresser le bilan technique de l’application d’une loi. Comme d’habitude, les experts vont polémiquer sur les chiffres.
L’Eglise ne vit pas dans une bulle. Elle sait qu’il faut de la croissance. Mais pas à n’importe quel prix humain et spirituel ! L’encyclique sociale de Benoît XVI dit que la mondialisation sera ce que nous en ferons. La défense du dimanche est une façon d’exprimer notre conception de la mondialisation.
2) Demanderez-vous au gouvernement de faire machine arrière sur ce sujet ?
Notre attachement au dimanche sera redit sans cesse. L’Eglise n’est pas un caméléon qui prend la couleur du temps. Oui, on peut toujours revenir sur des décisions de loi si c’est pour plus d’humanité. Mais je crains fort que l’économie n’impose sa loi. La confusion domine. Avec une « financiarisation » folle et indécente qui accroît le malaise. Or, plus on est en crise, plus on se doit de poser des choix radicaux et prophétiques. Le dimanche est un don fragile à préserver. Les familles sont éclatées. Le surmenage est pesant. Se ressourcer devient difficile dans une société en perpétuelle apnée ! Nous crions « danger ». La préservation du dimanche pourrait fournir un supplément d’âme à cette société « formatée ».
3) Bruxelles entend-il votre appel collectif avec des élus et des syndicats européens pour faire reconnaître le principe du dimanche comme jour de repos ?
C’est une porte d’entrée par laquelle la question dominicale peut interpeller dans l’Hexagone. C’est une chance à saisir. Il arrive que l’Europe nivelle les choses « par le moins éthique » au nom d’un prétendu dénominateur commun. Ici, nous pourrions reprendre de la hauteur et de la dignité. Encore faut-il la détermination de tous dans l’expression, et la sagesse de ceux qui auront à les entendre ! Faire reconnaître le principe du dimanche comme jour de repos participe de cette conviction !
La profanation du Dimanche : table des matières
Posté par David dans Paroles de Pasteurs le 29 juillet 2010
[1] Ces lettres sont adressées à M. N…, Membre.de l’Assemblée législative.
[2] Terribili et ei qui aufert spiritual principum, terribili apud reges terræ. (Ps. LXX.)
[3] Deus a mundi exordio hoc primo sabbati die, illum sanctificavit, id est acte festum instituit, olique volut ab Atdamo ejusque posteris sacro otio et cultu Dei, maxime recolendo beneficium creationis suæ totiusque mundi illo die completæ. Unde patet sabbatutn fuisse festum institutum et sancitum primitus… ab origine mundi. Ita Ribera ; Philo, Catharinus, etc. (Corn a Lapid. in Gen., II, 3).
[4] Exod., XV, 8-11.
[5] Ac de die etiam septimo locuti sunt (pœtæ, scriptores, philosophi), cujus nomen omnes homines usurpant, sed plerique quam vim habeat ignorant. Quod enim apud Hebræos sabbatum dicitur, græce redditur hebdomas, quæ quidem apud omne humanum genus appellatur. (Ad Autolyc., lib. II, n° 12.). Voir sur le Septième jour, les excellents articles des Annales de phil. chrét.
[6] M. Le Courtier, p. 31. — Si vos loisirs vous le permettent, vous pouvez lire les passages des auteurs de toute nation dans dom Calmet, Commentaire sur la Genèse, liv. II ; dans Godescard, le Dimanche, ch. I et Il ; dans M. Perennès, Instit. du dimanche, p. 51-67, etc.
[7] On trouvera une partie de ces monuments, avec l’indication de plusieurs autres, dans le Code de la Religion et des mœurs, 2 vol. in 12.
[8] Cœli enarrant gloriam Dei. (Ps. xvut.)
[9] Fiant luminaria in firmamento cœli, et dividant diem ac noctem, et sint in signa et tempora, et dies et annos. (Gen., I, 14 ; Ps. CXXXV.)
[10] Voyez le Dimanche, p. 18
[11] Et luna in omnibus in tempore suo, ostensio temporis, et signum ævi. A luna signum diei festi,…. vas castrorum in excelcis, in firmament cæli resplendens gloriose. (Eccli., XLIII, 6-9 ; voyez le Commentaire de Cor. a Lapid.)
[12] Le Dimanche, page 24.
[13] Quare dies diem superat, et iterum lux lucem, et annus annum a sole ? A Domini scientia separati sunt… et immutavit tempora et dies festos ipsorum, et in illis dies festos celebraverunt ad horam, et ex ipsis exaltavit et magnificavit Deus, et ex ipsis posuit in numerum dierum. (Eccli., XXXIII, 7-10 ; voir Cor. a Lapid.)
[14] Ces belles paroles de l’auteur du Dimanche sont la traduction de la pensée des interprètes et le commentaire de ce vers éloquent : Dies vulgares, qui nihil habent prie aliis singulare, sed tantum numerum cæterorum adaugent instar ciphræ, juxta illud : nos numerus sumus, et fruges consumere nati. (Cor. a Lapid., in Eccli., XXXIII, 9.)
[15] Num., XV, 32.
[16] Voyez Instit. du dimanche, par M. Perrenès, pages 84 et suiv.
[17] Jer., XVII, 19-27.
[18] II Esdr., 15-20.
[19] Jer, XVII,, 24-26.
[20] Is., LVIII, 13.14.
[21] Quiescere faciamus omnes dies festos Dei a terra. (Ps.LXXIII.) Le calendrier républicain en est la preuve.
[22] Desolalione desclata est omnis terra, quia nullus est qui rccogiet corde. (Jer., xu, 11.)
[23] Pactum est sempiternum inter me et filios Israel, signumqne.
[24]Que dans les Banlieues des grandes villes anglaises, où la foule se porte le dimanche, il y ait des désordres, nous sommes loin de le contester. Seulement le respect extérieur est gardé, la liberté respéctée et le scandale public évité : c’est immense.
[25] Voyez Lamothe le Vayer, t. XII, épit. II : ps. 32.
[26] Rom.XIII.
[27] En ajoutant les cafés et les autres établissements où l’on vend des liquides, on arrive, d’après les dernières statistiques, au chiffre monstrueux de 550,000.
[28] Après la Révolution de 1848, le gouvernement effrayé des dangers qu’avait couru l’ordre social, fit fermer des milliers de cabarets ; depuis quelques années on en laisse ouvrir tant qu’on veut. Ô sagesse !
[29] Vani enim sunt omnes homines in quibus non subest scientia Dei. (Sap. XIII, I.) – Nisi Dominus ædificaverit domum, etc., Ps.
[30] Servire Deo regnare est. Paroles du Pontifical.
[31] Non en 1m quod volo bonum hoc ago, sed quod odi malum, il lud facto. (Rom., VII, 13.)
[32] Urbem Venalem, et mature perituram si emptorem invenerit. (Sallust., in.Jugurth.)
[33] Qui offendit in uno, factus est omnium reus : (Jacob, II, 40.)
[34] Per quæ peccat quis, per hæc et torquetur. (Sap. xi, 17.)
[35] Quoique matériellement plus fort qu’autrefois, le salaire est au jourd’hui relativement moins élevé.
[36] Pris par moi chez le receveur des contributions indirectes.
[37] Cette statistique remonte à la fin de 1848. Une autre, beaucoup plus récente, accuse une augmentation de 200,000. Soit, 532,000 établissements où l’on débite des liquides : calculez la dépense.
[38] Je crains que le nombre des familles ouvrières, soit de la ville et de la campagne qui profanent le dimanche et dont les pères et les fils fréquentent le cabaret, ne soit bien plus considérable. En 1841, le nombre des ouvriers dans les usines, fabriques, manufactures, ateliers de diverses professions, était de 6,000,000 ; celui des agriculteurs et journaliers de la campagne de 12,978,278.
[39] Elles le sont bien moins aujourd’hui qu’on a transformé la France en un camp armé.
[40] Cum magna reverentia disponis nos. (Sap., XII, 18.) — Reliquit illum in manu consilii sui. (Eccle., XV, IX.)
[41] Si quis autem templum Dei violaverit, disperdet illum Deus. Templum enim Dei sanctum est, quod estis vos. (I Cor., III, 17.) — Qui autem dixerit fratri suo : Raca, reus erit concile. Qui autem dixe rit : Fatue, reus erit gehennae ignis. (Matlh., V, 22.) — Et quisquis scandalizaverit unum ex his pusillis credentibus in me, bonum est ei magis si circumdaretur mola asinaria collo ejus, et in mare mittere tur. (Marc., IX, 41.)
[42] …Et requievit Deus die septima ab omnibus operibus suis… Itaque relinquitur sabbatismus populo Dei. Qui enim ingressus est in requiem ejus, etiam requievit ab operibus suis, sicut a suis Deus. (Hebr., IV, 4, 9, 19.)
[43] Chacun de ces vocables se trouve sous la plume des Lumières : Rousseau, Condillac, Helvétius, d’Alembert, successeurs de Fr. Bacon et sophistes comme lui. Vocables repris dans les loges par la franc-maçonnerie qui préparait 1789. Il fallait, selon eux, un homme nouveau : « périsse le peuple, plutôt que nos principes », disait Robespierre (NDE.)
[44] Annales de la prop. de la foi, n°126.
[45] Voyez le mandement de monseigneur l’évêque de Beauvais, 1844.
[46] La preuve évidente que la haine de la Religion fit substituer le calendrier républicain au calendrier catholique, est écrite en toutes lettres dans les deux pièces suivantes : Un arrêté du 13 germinal an VI (4 avril 1798) dit expressément que « l’observation du calendrier français est une des institutions les plus propres à faire oublier le régime sacerdotal. » Un message du 18 germinal an VIL (8 avril 1799) ajoute : « Que ce calendrier a pour objet de déraciner du cœur du peuple la superstition, en généralisant dans toutes les communes les fêtes décadaires. »
[47] Comparatus est jumentis insipientibus. (Ps. XVIII.)
[48] Et similis factus est illis. (Ps. XLVIII.)
[49] Viscera autem impiorum crudelia (Prov. XII,10.)
[50] Lettre à d’Alembert.
[51] Rapports de physique, etc., t. Il, p. 215. 9.
[52] Perennès, Institution du dimanche, p. 108.
[53] Perennès, Institution du dimanche, p. 112.
[54] Perennes, Institution du dimanche, p.116, 118.
[55] Archives du Christ, 1833, p. 183 et suiv.
[56] On pourrait citer comme objection l’exemple des Chinois, des Indiens, etc., qui ne respectent pas le repos du septième jour. Je réponds : 1° que ces peuples ont cependant, à différentes saisons, des jours de repos, comme au nouvel an, qu’ils célèbrent par huit et douze jours de fête ; au petit nouvel an, c’est-à-dire au milieu de l’année, et même au renouvellement de la lune ; 2° que, par suite de leurs préoccupations exclusivement matérialistes, ils sont énervés : la mollesse, la lâcheté forment leur caractère ; l’immoralité est chez eux à son comble ; la misère en permanence : les maladies épidémiques y sont plus terribles et plus fréquentes ; 3° qu’à raison de la différence de climats et de l’habitude qui les oblige à prolonger beaucoup plus que nous le repos quotidien, il est possible que le repos régulier du septième jour leur soit moins nécessaire. Mais en Europe, avec notre activité dévorante, avec notre vocation intellectuelle, on conçoit également l’indispensable nécessité d’un repos régulier.
[57] Archives du Christ, 1833, 168.
[58] Vigilia, cholera, et tortura viro infrunito… in multis escis erit infirmitas, et aviditas appropinquat usque ad choleram. (Eccli., XXXI, 23 ; XXXVI,.33.)
[59] Influence des fabriques, etc.
[60] Histoire de la société domestique, y. II, ch. VIII & IX
[61]Qui ad mortem ad mortem ; et qui ad gladium ad gladium ; et qui ad famem ad famem ; et qui ad captivitatem ad captivitatem. (Jerem., XV, 2.)
[62] En France, l’école économiste anglaise marche sur les traces de l’Angleterre. Or, il résulte des tables de mortalité en Angleterre, dressées en 1848, une donnée curieuse, savoir : que le soldat combattant sur la tranchée d’une ville assiégée, ou sur un champ de bataille, en présence des plus braves de ses ennemis, est exposé à moins de chances de mort que l’habitant de certaines villes manufacturières d’Angleterre, telles que Manchester, Liverpool, etc. La chance de mort au siège d’Anvers était comme 1 est à 68 ; au siège de Badajoz, 1 à 54 ; à la bataille de Waterloo, 1 à 30. Pour l’ouvrier de Liverpool, la chance de mort est comme 1 est à 19 ; pour le tisserand de Manchester, comme 1 est à 18 ; pour le coutelier de Scheffield comme 1 est à 14.
[63] Mandement de monseigneur l’évoque de Beauvais, 1844.
[64] Ceci était écrit en 1849.
La profanation du Dimanche : 11ème lettre
Posté par David dans Paroles de Pasteurs le 25 juillet 2010
XIeme lettre : Remède au mal.
11 juillet
Monsieur et cher ami,
I
En commençant notre correspondance, je vous disais que l’Europe est malade, gravement malade ; je vous le répète, en finissant, avec une conviction plus vive encore et que vous partagez avec moi. J’ajoutais que, si nous voulons nous sauver tout seuls, nous ne sauverons rien. Il faut, je le redis à dessein, il faut que Dieu vienne au secours de la société mourante par un de ces prodiges extraordinaires qu’il peut toujours opérer. Mais, pour qu’il l’opère, il faut que nous le voulions, ou plutôt il faut que nous voulions en profiter.
Vous connaissez le mot profond d’un Père de l’Église : « Dieu, qui vous a créés tout seul, ne vous sauvera pas tout seul. » Cela est vrai dans l’ordre de la nature comme dans l’ordre de la grâce ; l’homme ne vit pas malgré lui ; il faut qu’il consente à observer les lois de sa vie. Cela est vrai des nations comme des particuliers. Or, l’unique moyen pour la société de prolonger son existence et de se guérir, c’est de revenir à Dieu, en se soumettant de nouveau aux conditions nécessaires de son existence et de sa santé. Le premier acte social de ce retour doit être la sanctification du jour que le souverain Maître s’est réservé, parce que l’accomplissement de ce devoir conduit à la pratique de tous les autres, comme la violation entraîne la ruine de la religion tout entière. Grâce aux considérations que je vous ai soumises, cette double vérité, je l’espère du moins, est arrivée, pour tout homme de bonne foi, à l’évidence d’un axiome.
II
Comment la rendre pratique ? Telle est maintenant la question. Elle peut être résolue de deux manières : spontanément ou légalement. La première serait de beaucoup la plus honorable et la meilleure ; la seconde est plus immédiatement applicable et d’un effet plus général : disons un mot de l’une et de l’autre.
Le premier moyen de faire cesser la profanation du dimanche, c’est l’accord général de tous les citoyens. Dans l’application, cet accord se formule par des compromis, avec ou sans amende, passés entre les parties intéressées. En conséquence, les négociants, les entrepreneurs, les chefs d’ateliers, les industriels s’obligent, les uns à ne point vendre, les autres à ne point faire travailler les dimanches ni les fêtes chômées.
Pour rendre ce compromis d’une exécution tout à la fois plus facile et plus sûre, chaque corps d’état s’oblige en particulier, et par une convention spéciale, à respecter la loi sacrée du repos. Dès lors, toutes les raisons d’intérêt qu’on oppose à la sanctification du dimanche perdent leur valeur, pour le corps d’état signataire du compromis, quelle que soit d’ailleurs la conduite des autres professions.
Par exemple, que, dans une ville ou localité quelconque, les selliers, les bijoutiers, les menuisiers, les charrons, continuent de profaner le dimanche : quel préjudice peut-il en résulter pour le maçon, le serrurier, le marchand de nouveautés, le cordonnier, le tailleur, dont tous les confrères refusent le travail ou la vente ? Il faudra bien que la pratique revienne un autre jour. Qu’on réussisse dans une ville à faire passer des compromis semblables entre tous les corps d’état, et vous arriverez de plain-pied au repos hebdomadaire.
Comme moyen d’aider à ces transactions en les sanctionnant, les catholiques devraient en faire une autre. Elle consiste à prendre l’engagement de favoriser les marchands et les ouvriers, religieux observateurs du dimanche. Pour cela, il suffit d’adresser aux profanateurs un raisonnement bien simple, dont la justesse ne peut manquer de les frapper. La suspension de la vente ou du travail les jours de dimanche et de fête vous occasionnerait, dites vous, une perte considérable à laquelle il vous est impossible de vous résoudre. Nous voulons bien le croire ; mais, dans ce cas, vous ne trouverez pas mauvais que nous cherchions à indemniser ceux de vos confrères qui consentent à s’y exposer. Ainsi, ne vous étonnez pas si désormais nous leur donnons notre pratique et que nous leur procurions celle de nos amis. On peut en être certain, ce moyen ne sera pas sans influence ; et qui peut nier qu’il ne soit de bonne guerre ?
A ce conseil je me permettrai d’ajouter une question, et de demander à nos bons catholiques si plusieurs n’auraient pas quelques reproches à se faire sur la sanctification du dimanche. On dit avec vérité que, s’il n’y avait pas d’acheteurs, il n’y aurait pas de vendeurs. Or, il y a malheureusement beaucoup d’acheteurs le dimanche : tous sont-ils sans religion ? Votre pays et le mien, monsieur le représentant, me sont particulièrement connus.
Eh bien ! nous avons vu dans votre pays certains maîtres, bons catholiques, envoyer leurs domestiques faire des emplettes le dimanche ; oublier de stipuler dans leurs marchés avec les entrepreneurs qu’on ne travaillera ni le dimanche ni les fêtes ; certaines dames, également bonnes catholiques, courir entre les offices, et cela sans scrupule, les magasins de modes, de bijouterie, de nouveautés, etc. ; les mettre sens dessus dessous pour commander ou choisir des objets qui, dit-on, sont loin d’être de première nécessité ; rendre des visites, à l’heure même des offices du soir, sans crainte de les manquer ou de les faire manquer aux autres.
Dans mon pays, on est passablement, exigeant, et, tout catholique qu’on est, on ne veut rien changer aux heures de ses repas, bien qu’on expose souvent les domestiques à sacrifier le service de Dieu au service des maîtres ; on tourmente très souvent les maîtres d’atelier, les ouvriers et les ouvrières, pour avoir l’ouvrage le dimanche : on souffre qu’ils l’apportent ce jour-là ; on va même jusqu’à se plaindre s’ils ne le font pas, et à les menacer, en cas de récidive, de s’adresser à d’autres. Qui sait si, dans les autres pays, ces détails ne pourraient pas s’ajouter utilement à l’examen de conscience de bons catholiques ?
III
Quoi qu’il en soit, arriver par un accord spontané à la suppression du travail serait, je le répète, le moyen le plus honorable devant les hommes et le plus utile devant Dieu. Mais il suppose déjà un peuple, sinon chrétien, du moins en voie de le devenir. Par malheur, nous n’en sommes pas encore là : aussi, grand est le chapitre des obstacles. Difficiles à former, ces compromis sont encore plus difficiles à maintenir. Ce n’est pas sans beaucoup de peines et de démarches qu’on parvient à les faire consentir par la totalité des marchands, des industriels ; des membres d’une même profession. Quelques récalcitrants n’ont qu’à refuser et la convention devient impossible : or, il n’est pas rare d’en rencontrer.
Il faut le dire, la rougeur au front, l’intérêt spirituel, égal pour tous, n’est pas ordinairement le vrai motif de la transaction ; c’est l’intérêt matériel, variable pour chacun. Il ne manque ni de négociants ni d’industriels qui, avant de s’engager, font secrètement leurs calculs, afin de savoir s’il y a pour eux plus à perdre qu’à gagner, dans la cessation de la vente et du travail. S’ils y voient du bénéfice, ils signeront ; s’ils n’en voient pas, ils signeront peut-être encore ; mais s’il y a perte, tenez pour certain qu’ils ne signeront pas. Ne leur parlez ni de conscience ni de péché ; ils ne comprennent pas ce langage : dans leur balance, l’intérêt de leur âme pèse moins qu’une pièce de monnaie. Persuadez-vous bien qu’en signant le compromis, ce n’est pas un acte religieux qu’ils font, c’est un calcul.
Les conventions une fois établies, bien des causes tendent à les rompre. Des occasions imprévues se présentent ; le négociant, le chef d’atelier sont vivement sollicités. Le bénéfice est beau ; on se laisse gagner ; on viole le contrat le plus secrètement possible. Bientôt cependant la fraude est connue ; viennent les réclamations ou les amendes. L’aigreur s’en mêle, le mauvais exemple gagne, et, au terme de la convention, personne ne veut la renouveler.
Ajoutons que ces compromis sont très souvent insignifiants pour conduire au but, qui est la sanctification du dimanche. Les uns obligent à fermer les magasins et les ateliers depuis midi, les autres seulement depuis les deux heures ; en tout cas, la profanation du dimanche est consommée. Enfin, ils ne sont point applicables partout. Dans toutes les localités, on ne trouve pas des corps d’états ; et quand il y en aurait, les habitants de la campagne, les agriculteurs dont les intérêts ne sont pas indivis comme ceux des ouvriers, restent forcément en dehors de ces salutaires associations.
IV
Malgré toutes les difficultés qu’il présente, ce premier moyen d’arriver à l’observation du dimanche me paraîtrait possible, si nous avions la volonté sérieuse de redevenir chrétiens. Puisque telles ne sont pas encore nos dispositions, le moyen légal me semble le plus sûr et le seul immédiatement applicable. De quoi s’agit-il, en effet ? Il s’agit de faire une loi qui défende de profaner le dimanche, c’est-à-dire d’outrager la religion de la majorité et de violer la liberté des catholiques ; ou plutôt il s’agit tout simplement de faire exécuter une loi déjà existante, et qui conserve toute sa vigueur, car elle n’a jamais été rapportée.
Je n’ai pas besoin de vous la nommer, c’est la loi du 18 novembre 1814, confirmée plusieurs fois, depuis 1830, par les arrêts de la Cour de cassation. Tel est l’acte vraiment politique, parce qu’il est vraiment chrétien, que je vous charge, monsieur et cher ami, d’obtenir de l’Assemblée législative. En le faisant, elle aura bien mérité de la France, de l’Europe, de la société tout entière. Or, elle le peut, et elle le doit.
V
Elle le peut. L’Assemblée est souveraine. L’acte que nous sollicitons n’est pas seulement possible, il est facile. À moins d’admettre pour la société une condamnation à mort sans appel et sans sursis, tout ce qui est nécessaire à son existence est possible. Or, je crois avoir établi l’indispensable nécessité de la sanctification du dimanche, quel que soit le point de vue social sous lequel on envisage la question.
De plus, cet acte est facile, plus facile aujourd’hui que jamais. D’une part, l’activité commerciale n’est pas la même qu’avant la Révolution de février ; il y a un ralentissement général dans les affaires, et six jours par semaine suffisent à les expédier. Le chômage même se fait encore sentir sur un grand nombre de points ; autant de raisons pour faciliter l’acceptation de la loi [64] . D’autre part, les grands événements qui ébranlent l’Europe n’ont pas été tout à fait perdus pour l’instruction des peuples. Un vague besoin de se rattacher à la Religion s’est fait sentir, et la sanctification du dimanche est une des bases de la Religion ; nouvelle raison qui facilitera l’acceptation de la loi.
Ce besoin de la Religion n’est pas resté à l’état de sentiment vague et indéfini, il s’est traduit par le désir formel et manifesté, aux quatre coins de la France, de voir la loi sacrée du repos hebdomadaire remise promptement et partout en vigueur.
Je ne rapporterai pas les pétitions si fortement motivées, qu’ont adressées, au gouvernement nos places de commerce les plus importantes, telles que Rouen, Bordeaux, Toulouse Marseille, Lyon, etc., etc. ; vous pouvez les lire aux archives de la Chambre. Une voix plus forte encore vient de se faire entendre ; c’est la voix de l’agriculture, des manufactures et du commerce de la France entière. Leurs délégués, réunis en conseil général à Paris, au mois dernier, se sont exprimés par l’organe de M. Charles Dupin, en termes si formels, que vous me permettrez de les rapporter :
Considérées sous le point de vue le plus étroit et le plus vulgaire, la régularité, l’uniformité des jours consacrés au repos sont un bienfait pour le travail même.
Voilà pourquoi l’on a soumis au domaine de la loi purement humaine, la cessation du travail en certains jours périodiques, non seulement lorsque le législateur obéissait aux principes communs à toutes les croyances religieuses, mais quand il niait ces principes comme au temps des décadis.
C’est qu’en effet un repos périodique, ni trop éloigné, ni trop rapproché, est nécessaire à l’homme pour donner à sa force la plus grande énergie. Ce repos sert à compléter la réparation trop souvent imparfaite des pertes accumulées par la continuité des jours de labeur.
Pour nous, messieurs, des raisons d’un ordre plus élevé nous font un devoir, non seulement industriel et manufacturier, mais encore politique, moral et religieux, des jours de repos établis à des intervalles réguliers. À ces jours est réservé l’accomplissement des travaux de l’âme l’hommage en commun rendu par le peuple au Créateur de l’univers ; la fête intérieure de la famille, où l’absence du travail laisse la place et le loisir à la revue, passez-moi le mot, à la revue que le père et la mère font de l’enfance et du foyer domestiques. Enfin, quand tous les devoirs sont accomplis, le plus beau spectacle que puisse offrir un peuple civilisé, n’est-il pas celui de toutes ces familles laborieuses, parées du fruit de leur travail, et parcourant avec une joie décente les lieux publics embellis par nos arts ? (Approbation.)
Voilà la célébration de nos fêtes, de nos dimanches, telle que les peuples chrétiens la conçoivent et la pratiquent, telle que la désirent toutes les familles honnêtes et patriotiques. (Très-bien ! Très-bien ! — Vif assentiment.)
Ce n’est pas ainsi que l’entendent le vice et la démoralisation. Travailler le dimanche, quand le repos en est la règle, c’est afficher son indépendance ; fouler aux pieds la loi commune, c’est faire de la liberté ; traîner après soi sa femme et ses enfants, fût-ce pour se promener, c’est appesantir sa chaîne et se soumettre à la décence. Arrière ces passe-temps ! L’oisiveté n’y perdra rien.
Quand, le lundi, les enfants et la femme seront retournés au travail, à l’école, à l’apprentissage, l’indépendant prendra l’essor. Plus il fuira le centre de la ville et le foyer du remords, plus il goûtera les grossiers plaisirs que chérit son égoïsme. Voilà la peinture trop fidèle de ces désordres hors-barrière, qui concourent à la ruine, à la démoralisation d’un si grand nombre de familles. (Très bien ! !)
Applaudissons à la loi qui donnera les moyens de mettre un terme à ces désordres ; elle sera pour le peuple un bienfait immense.
Nous demandons que le travail ostensible soit formellement défendu les dimanches et les fêtes reconnues par la loi.
Nous demandons, et nous rougissons d’avoir à le demander, qu’il soit interdit au gouvernement d’insérer aucune clause dans ses contrats pour permettre, pendant les jours fériés, l’exécution des travaux publics, quels qu’ils soient.
Nous demandons que les chefs patents d’ateliers, d’usine et de manufacture ne puissent pas faire travailler le dimanche ; nous demandons qu’ils soient condamnés à l’amende pour chaque contravention, proportionnellement au nombre de leurs ouvriers.
En attendant la réalisation de ces vœux, plusieurs villes ont déjà donné l’exemple d’une glorieuse initiative. À Besançon, à Marseille, à Gex, etc., etc., les conseils municipaux et divers corps d’état se sont engagés spontanément à respecter le dimanche. Elbœuf s’est distingué dans cette intelligente croisade contre le mal qui nous envahit. Au mois de janvier de cette année, on y conçut le projet de faire cesser le travail et la vente du dimanche. Sur deux cent vingt-cinq négociants domiciliés dans la ville, deux cent vingt ont signé avec empressement.
Le premier dimanche de février, le compromis a été mis à exécution. Cette mesure a causé une satisfaction universelle. Maîtres et ouvriers, patrons et employés se sont donné deux mois de congé, par an, sans perdre une obole. De plus, ils ont fait une bonne action, que Dieu ne laissera pas sans récompense, même temporelle. Telle est leur consciencieuse fidélité, qu’ils ont écrit à leurs correspondants pour les informer de leur règlement, afin qu’ils eussent à s’en souvenir dans leurs relations commerciales. Honneur à la ville d’Elbeuf ! Ce qu’elle a fait, pourquoi d’autres ne le feraient-elles pas ?
VI
Non-seulement les villes et les particuliers désirent le repos sacré du dimanche, mais encore le gouvernement lui-même. Il va plus loin : il l’ordonne. Vous connaissez les circulaires des ministres de la marine, de la guerre et des travaux publics. Chacun, dans son département, interdit, au jour des dimanches et des fêtes, les travaux dépendants de l’État, ainsi que les exercices militaires ou revues qui ôteraient aux soldats la facilité d’assister à l’office divin. Vous me permettrez de citer celle du ministre des travaux publics : elle est adressée à MM. les préfets, ingénieurs et architectes, chargés de diriger les travaux publics :
Paris le 20 mars 1819.
Monsieur,
L’amélioration du sort des ouvriers est l’objet de la constante préoccupation du gouvernement de la République. Vous êtes en position d’apprécier les efforts de l’administration pour accroître, dans la limite des ressources financières, le développement des travaux publics et particuliers.
Mais, à côté du travail qui fait vivre, je placerai toujours l’amélioration de la condition morale, la satisfaction des besoins de l’intelligence qui élèvent et fortifient chez tous le sentiment de la dignité personnelle, et la facilité laissée à l’ouvrier d’exercer librement les devoirs de la religion et de la famille.
Le repos du dimanche est donc nécessaire à l’ouvrier ; il faut qu’il soit respecté au double point de vue de la moralité et de l’hygiène. L’exemple, à cet égard, doit être donné par les administrations publiques, dans les limites que leur imposent les exigences légitimes et la liberté, à laquelle le gouvernement entend ne porter aucune atteinte.
En conséquence, j’ai décidé, monsieur, qu’à l’avenir aucun travail n’aura lieu, dans les ateliers dépendants des travaux publics, le dimanche et les jours fériés, pour les ouvriers employés à la journée au compte du gouvernement. Dans le cas où des circonstances exceptionnelles justifieraient une dérogation à cette règle, vous devez réclamer les autorisations nécessaires, assez à temps pour que l’autorité compétente en puisse apprécier l’opportunité.
Je vous invite, en faisant connaître ma décision à cet égard aux agents placés sous vos ordres, à prendre les mesures nécessaires pour en assurer l’exécution.
Recevez, monsieur, l’assurance de ma considération très distinguée.
Le ministre des travaux publics,
T. Lacrosse.
VII
Enfin, je viens de lire, et bien d’autres comme moi, avec une indicible satisfaction, le rapport de votre honorable collègue, M. Desferris, sur le nouveau projet qui, je l’espère, sera bientôt soumis, je ne dis pas aux délibérations, mais à l’approbation de l’Assemblée. Qui donc oserait le combattre ? Evidemment ceux-là seuls qui ont juré le renversement total de la religion et de la société, c’est-à-dire les ennemis du peuple, et, j’aime à le croire, la Chambre n’en compte aucun dans son sein. S’il en était autrement, elle est assez forte et assez sage pour faire bonne justice de leurs déclamations.
D’ailleurs, quels moyens peuvent-ils plaider ? La neutralité obligée de l’État dans les choses de religion ? Mais ce n’est pas une loi religieuse qu’on demande, c’est une loi de police, une loi de nécessité sociale. Au législateur de faire cesser le travail ; à la religion de sanctifier le repos. C’est la réponse péremptoire qui a été faite d’avance par votre honorable rapporteur.
Dans l’état de société, dit-il, les relations créées par nos besoins ne peuvent être interrompues, selon le caprice de chacun, sans préjudice pour tous ; aussi les jours de repos doivent-ils être régulièrement fixés. Or, une nation a bien le droit de choisir, pour ses jours de repos, les fêtes établies par la religion du plus grand nombre, et d’obliger tous les citoyens à les observer, dès qu’aucun d’eux n’est forcé de faire un acte contraire à ses opinions religieuses, ni gêné dans le libre exercice de son culte.
D’ailleurs, lorsque la loi prescrit le repos pendant les fêtes instituées par la religion catholique, le citoyen qui ne la professe pas est tenu d’observer ces jours de repos, non pour obéir un précepte religieux, mais pour obéir à une loi de police obligatoire pour tous les citoyens, quelle que soit leur religion.
L’opposition de l’opinion publique ? Oui l’opinion de quelques hommes qui ont de yeux pour ne pas voir, ou qui ont tout intérêt à l’immoralité, parce qu’ils savent très bien qu’un peuple immoral est toujours un peuple facile à exploiter au profit de l’anarchie. Quant à l’opinion des hommes honnêtes et sérieusement préoccupés du danger de la situation, le fait et les pièces cités, il n’y a qu’un instant prouvent qu’elle accueillera avec reconnaissance cette mesure de salut public.
Vous le voyez, la question est mûre, l’attention est éveillée, l’opinion vous est favorable : l’Assemblée peut donc faire une loi ; mais, au nom de Dieu, qu’elle ne nous fasse pas une demi-loi ! Qu’elle se dégage des souvenirs rétrogrades d’un temps qui n’est plus : 1814 et 1830 sont passés. Entre les oppositions d’alors et les idées d’aujourd’hui, il y a plus d’un siècle d’intervalle. Qu’elle se gare des hommes politiques, des habiles, des conciliateurs, des éclectiques : leurs conseils, toujours marqués au coin de la faiblesse, ont fait avorter tous les projets de loi sur le travail dans les manufactures.
Qu’elle se souvienne qu’ici plus qu’ailleurs, la franchise c’est la force, et la force c’est la loi. Qu’elle s’inspire donc du précepte divin et qu’elle traduise, en articles précis, l’interdiction de toute œuvre servile, négoce ou travail, publiquement accomplie. Une demi-loi, croyez-le bien, ne contentera personne : pour les uns elle sera trop, pour les autres elle sera trop peu. Elle ne remédiera point au mal, puisqu’elle ne fera pas cesser la profanation. Elle ne réhabilitera pas la France aux yeux du monde, puisque la France continuera de commercer les jours de prière et de repos.
Qu’on ne dise pas qu’une demi-loi est tout ce qu’on peut faire ; que c’est un premier pas ; que plus tard on en fera un second. Voilà l’oreiller sur lequel on voudra peut-être endormir l’Assemblée ; mais cet oreiller est placé sur la pente d’un abîme ; cet oreiller est un piége. D’abord, il est connu que, chez nous, le provisoire en fait de lois devient presque toujours le définitif : nous déchirons sans peine, le lendemain, nos constitutions de la veille. Quant aux lois, c’est autre chose : elles prennent, grâce à nos mœurs, à notre paresse, à notre égoïsme, à notre régime administratif, un caractère de stabilité qui les rend à peu près indestructibles.
Combien n’en trouve-t-on pas dans l’immense arsenal commencé en 1790 et enrichi continuellement jusqu’à nos jours, qui ont bravé toutes les révolutions, toutes les constitutions, toutes les transformations, et qui régissent encore la matière, bien que, dans la pensée de leurs auteurs, elles ne fussent qu’un provisoire, un premier pas ? À plus forte raison en sera-t-il de même de la loi du dimanche, à laquelle sa nature particulière fera craindre de toucher.
Ensuite, est-il permis d’oublier la gravité de la situation ? Avons-nous du temps à perdre en essais ? Les barbares ne sont-ils pas à nos portes, à nos côtés ? Est-il trop tôt de fortifier nos villes, de murer nos demeures, d’élever des digues aussi hautes que le flot qui monte toujours ? Est-il permis, est-il sensé de faire du provisoire, dans un moment où tout ce qui peut raffermir la société doit être fort, efficace, définitif ? Est-il raisonnable de donner des palliatifs, lorsque le mal ne peut être combattu que par les moyens les plus énergiques ? Hommes d’État ! Regardez autour de vous le vrai comme le faux, le bien comme le mal, tout tend à devenir absolu, définitif, et vous feriez du provisoire !
Qu’avez-vous à craindre en faisant une bonne loi, une loi complète, une loi sérieusement efficace ? Rien que vous n’ayez à craindre en ne la faisant pas : l’anarchie. Or, ne vous faites pas illusion : à défaut de ce prétexte, elle en aura mille autres pour continuer sa lutte éternelle ; du moins vous vous serez assuré une chance de victoire ; car cette loi, qui comblera les vœux de toutes les populations catholiques, vous donnera autant de défenseurs qu’elle aura de soutiens. L’Assemblée peut donc faire une bonne loi, une loi efficace, une loi définitive, et elle le fera : elle le doit.
VIII
Elle le doit : à la Religion, dernière ancre de salut qui nous reste au milieu de la grande tourmente, qui menace d’engloutir l’Europe entière.
Elle le doit : à la société, qui périt sous nos yeux, rongée toute vive par deux vers aux dents d’acier : l’égoïsme et le mépris de toute autorité.
Elle le doit : à la famille, unique élément d’une reconstitution nouvelle, et qui a perdu tous ses caractères de sainteté, de concorde et de moralité.
Elle le doit : à la liberté, minée dans son principe et violée dans son application la plus haute, sous l’empire d’une constitution qui, pourtant, la déclare solennellement inviolable.
Elle le doit : au bien-être du peuple qui, chaque semaine, fait couler avec les aumônes des riches, ses sueurs et son sang dans les gouffres sans fond que la débauche et l’anarchie ouvrent à ses penchants déréglés.
Elle le doit : à la dignité humaine, dont l’habitude constante de calculs et de travaux matériels tend à effacer jusqu’aux derniers vestiges.
Elle le doit : à la santé du peuple, qu’ébranlent également ou le labeur sans repos ou le repos dans l’orgie.
Elle le doit : à l’honneur national. Le temps n’est-il pas venu pour la France de mettre un terme à cette débauche d’impiété et de matérialisme, à laquelle, chaque semaine, depuis quatre-vingts ans, elle se livre sans honte sous les yeux des nations ? N’est-il pas temps de montrer que le plus logique des peuples a cessé d’être inconséquent avec lui-même, et qu’il veut être catholique à Paris comme à Rome ; que, sous aucun rapport, la fille aînée de l’Église, la libératrice du magnanime Pie IX, n’est au-dessous ni des États-Unis d’Amérique ni de la protestante Angleterre.
Enfin, l’Assemblée le doit à elle-même et à la Providence.
A elle-même : sur soixante à quatre-vingt mille lois plus ou moins dignes de ce nom, pour ne pas dire plus ou moins révolutionnaires, qu’on a fabriquées à la France depuis plus d’un demi-siècle, n’est-il pas de la gloire de l’Assemblée, issue du suffrage universel, de lui en donner au moins une qui soit vraiment sociale, c’est-à-dire franchement chrétienne ?
A la Providence : que n’a-t-elle pas fait pour nous depuis deux ans ? Combien de fois sa main maternelle ne nous a-t-elle pas miraculeusement retenus au bord de l’abîme, où nous étions sur le point de tomber ? Évidemment elle ne demande qu’à nous sauver ; mais il faut que nous le voulions.
Eh bien ! Monsieur et cher ami, une bonne loi sur la sanctification du dimanche, une loi qui sera un acte de bonne volonté sociale et de retour à l’ordre éternel, cette loi secondera merveilleusement les desseins miséricordieux de la Providence, puisqu’elle aura deux avantages capitaux : elle remédiera vraiment au mal ; car elle fera respecter la loi du suprême Législateur, dont elle nous attirera les bénédictions : et nous en avons grand besoin. Ensuite, elle contribuera plus immédiatement que toute autre à guérir ce peuple, dont l’esprit de Dieu s’est retiré, car il est devenu chair.
Or, c’est mon premier et mon dernier mot : Rien n’est propre à matérialiser un peuple, comme la profanation du dimanche. Un peuple matérialisé est un peuple fini.
Puisse ce peuple n’être pas nous !
Agréez, etc
Mgr Ulloa : « Nous ne pouvons pas abandonner le sens chrétien du dimanche, nous ne pouvons pas le paganiser ou le sous-évaluer »
Posté par David dans Paroles de Pasteurs le 25 juillet 2010
L’Archevêque de Panama, Mgr José Domingo Ulloa Mendieta, a repoussé l’intention du gouvernement de ne plus considérer le dimanche comme un jour de repos obligatoire pour favoriser les entrepreneurs. « La dignité de l’homme et de la femme est en jeu, si on ne veut pas être victime des intérêts économiques. A toute époque de l’histoire il a été nécessaire d’alterner travail et repos, une chose qui aujourd’hui devient plus urgente vu que la science et la technologie ont donné un énorme pouvoir à l’homme, que celui-ci exerce à travers son travail » a dit l’Archevêque de Panama.
Mgr Ulloa Mendieta a abordé la question à un moment où les principaux maires du pays préparent une stratégie pour s’opposer au plan du gouvernement d’apporter des modifications à la législation sur le travail, en soutenant que celles-ci sont nécessaires pour aider les entreprises avec l’ouverture des marchés et la mondialisation. Il a ajouté que « pour tous les hommes et les femmes, et pas seulement pour les chrétiens, ce jour est très important et riche de signification, et cette reconnaissance ne doit pas être seulement formelle, mais réelle, permettant le repos dominical de tous les travailleurs ». « Aujourd’hui le dimanche est devenu un grave problème non seulement religieux et pastoral, mais aussi en termes culturels, sociaux, politiques. Quand on tente une approche, on ne considère pas seulement l’expérience de foi et d’engagement pastorale, mais la complexité du tissu social » a dit l’archevêque. « Nous chrétiens nous ne pouvons abandonner le sens chrétien du dimanche, nous ne pouvons le paganiser ou le sous-évaluer. Pour vivre le dimanche en plénitude, l’Eglise nous invite à la participation à l’Eucharistie dominicale, à revêtir le vêtement de la fête, pour partager la table avec la famille et avec les amis ».
L’Archevêque de Panama a ajouté que « l’Eglise catholique n’est pas un sujet politique, mais un sujet social… Notre devoir est de former les consciences, de défendre la justice, la vérité, et d’éduquer à la dignité individuelle et politique ». L’occasion de cette intervention a été la première célébration de la Fête-Dieu comme Archevêque de Panama (sa nomination date du 18 février 2010) devant des milliers de fidèles, de prêtres et de religieuses et au Nonce apostolique, Andrés Carrascosa. « Comme pasteur, je suis de plus en plus convaincu que ce pays, selon les indicateurs économiques, mérite que son peuple puisse jouir de services médicaux, de l’instruction et d’une alimentation complète, d’un travail digne pour les hommes et les femmes, et cela est possible si l’Etat réalise une politique selon une vision de développement humain durable » a dit Mgr Ulloa dans son homélie.
La profanation du Dimanche : 10ème lettre (suite)
Posté par David dans Paroles de Pasteurs le 30 mai 2010
Xeme lettre : La profanation du dimanche, ruine de la santé (suite).
10 juin.
Monsieur et cher ami,
I
Ce que vous me dites dans votre réponse de l’incrédulité de certains hommes à l’égard du fait de Rimini, n’a rien qui doive étonner, et pourtant elle tient du prodige. Voilà, en effet, des hommes qui se disent esprits forts, esprits supérieurs, esprits avancés, et qui le croient encore plus qu’ils ne le disent ; des hommes qui, chaque jour, admettent, sur la foi de deux ou trois de leurs semblables, des anecdotes, des faits, des doctrines dont mille autres prétendent avoir de très bonnes raisons de douter, et qui les admettent comme parole d’Evangile, comme base de gouvernement, comme règle infaillible de conduite. Et ces mêmes hommes, sans motif avouable, nient un fait éclatant, répété cent fois pendant quinze jours en présence de milliers de témoins, sains de corps et d’esprit, et qui l’attestent comme ils pourraient attester leur existence.
Voilà une obstination qui certes tient du prodige ; mais leur prétention en tient bien davantage. Ils ne veulent pas admettre le miracle de Rimini, et ils prétendent en faire admettre une autre devant lequel pâlissent tous ceux qui ont jamais été faits, y compris la création du monde : c’est le miracle de la Berlue dans soixante mille personnes, pendant quinze jours !!! En fait de miracles, vous voyez que l’incrédulité n’y va pas de main morte. Four moi, tout catholique que je suis, j’avoue que ma foi n’est pas assez robuste pour dévorer une pareille couleuvre ; et, si on ne peut être incrédule qu’à ce prix, j’y renonce.
Vous me demandez la cause de cette négation si parfaitement ridicule : fouillez, non pas l’esprit, mais le cœur de ces messieurs, et vous là trouverez. Dans un des recoins les plus cachés de ce pauvre cœur, gît une raison de ne pas croire, et cette raison est un intérêt : alors tout vous sera expliqué. Laissez-vous prendre le doigt dans les engrenages de certaines machines, et il faudra que tout votre corps passe entre les cylindres. Admettre un miracle, un seul, c’est se laisser prendre dans les engrenages du catholicisme. Or, soyez sûr qu’ils n’admettront pas ce miracle, fût-ce la résurrection d’un mort ; car, pour rien au monde, ils ne veulent se laisser cylindrer par le catholicisme : un intérêt s’y oppose.
Si vous en doutez, je fais une gageure avec vous. Supposons que demain l’Assemblée législative décrète que quiconque, sur le territoire de l’empire français, croira que deux et deux font quatre, sera obligé, sous peine de mort, de se confesser ; j’ose parier qu’après demain il y aura cinquante journaux et cinquante mille hommes qui auront prouvé, par cinquante raisons meilleures les unes que les autres, que deux et deux ne font pas quatre ; que cela n’est pas démontré ; qu’ils ne peuvent le croire ; qu’ils ne l’ont jamais cru. Voilà l’homme ! C’est toujours le cœur qui lui fait mal à la tête !
II
Prenez-vous-en, s’il vous plaît, monsieur le représentant, à vous tout seul de ma digression : c’est votre lettre qui m’y a entraîné. Du reste, je ne crois pas m’être beaucoup écarté de mon sujet, puisque j’ai encore aujourd’hui des incrédules à convaincre. Or, après avoir établi l’absolue nécessité du repos septénaire pour la santé, j’arrive à la seconde partie de ma proposition, et je dis que l’homme ne peut se reposer que le dimanche à l’église ou le lundi au cabaret.
En soutenant que l’homme ne peut se reposer que le dimanche ou le lundi, vous comprenez que je ne parle pas d’un pouvoir absolu. Je sais parfaitement qu’il est loisible à l’homme de choisir, pour son repos, le jour qu’il lui plaît ; mais je raisonne d’après un fait constant et passé en habitude. Or, ce fait, que chacun voit de ses yeux, est qu’en réalité le travail n’est suspendu que le dimanche ou le lundi. Telle est la puissance de cette habitude, que l’industriel, le négociant, l’ouvrier, ne pourraient, sans exciter la surprise générale et provoquer les railleries de toute nature, prendre le mercredi ou le jeudi, par exemple, pour se livrer au repos. Reste donc à choisir entre le dimanche et le lundi, entre le repos de l’église et le repos du cabaret. Voyons lequel des deux est vraiment réparateur, vraiment hygiénique.
III
Si on fait attention, continue le docteur anglais déjà cité, que la religion produit la paix de l’âme, la confiance en Dieu, les sentiments intérieurs de bien-être, on ne tardera pas à se convaincre qu’elle est une source de vigueur pour l’esprit, et par l’intermédiaire de l’esprit un principe de forces pour le corps. Le saint repos du dimanche met dans le corps un nouveau germe de vie. L’exercice laborieux du corps et de l’esprit, de même que la dissipation des plaisirs sensuels, sont les ennemis de l’homme aussi bien qu’une profanation du sabbat ; tandis que la jouissance du repos dans la famille, jouissance unie aux études et aux devoirs qu’impose le jour du Seigneur, tend à prolonger la vie humaine. C’est la seule et parfaite science qui rend le présent plus certain et assure le bonheur de l’avenir.
Il est vrai que l’ecclésiastique et le médecin doivent travailler le dimanche pour le bien de la communauté ; mais j’ai regardé comme essentiel à ma conservation de restreindre mon travail du dimanche au strict nécessaire.
J’ai souvent observé la mort des médecins qui travaillent continuellement : cela est surtout visible dans les pays chauds. Quant aux ecclésiastiques, je leur ai conseillé de se reposer un autre jour de la semaine. J’en ai connu plusieurs qui sont morts à cause de leurs travaux pendant ce jour, parce qu’ils n’avaient pas ensuite pris un repos équivalent. J’ai aussi connu des hommes parlementaires qui se sont détruits pour avoir négligé cette économie de la vie. En résumé, l’homme a besoin que son corps ait du repos un jour sur sept, et que son esprit se livre au changement d’idées qu’amène le jour institué par une ineffable sagesse [57].
Ainsi, une heureuse diversion aux pensées qui, durant toute la semaine, ont occupé l’esprit et fatigué les organes, le calme de l’âme, l’apaisement du cœur, la prière, la conversation avec soi-même et avec Dieu, la pompe des cérémonies, la gravité et l’onction de la parole sainte, le silence qui règne partout, les joies de la famille, le souvenir des aïeux dont on a visité la tombe, l’aspiration de l’être tout entier vers le ciel : toutes ces choses placent l’homme comme dans un monde nouveau, le font respirer dans une atmosphère plus pure, et sont merveilleusement propres à reposer à la fois et le corps et l’âme. Sans être physiologiste ni médecin, on conçoit sans peine combien un pareil repos est hygiénique et réparateur.
IV
Tel est le repos du dimanche. En est-il de même du repos du lundi ? Évidemment non ; car le repos du lundi n’est pas le repos de l’âme ni du corps. Le repos du lundi, c’est le repos dans la débauche, car c’est le repos au cabaret : loin d’être bienfaisant, ce repos est plus meurtrier que le travail. Croirait-on, par hasard, que l’excès dans la nourriture et dans la boisson ; que l’usage exagéré des liqueurs fortes ; que les veilles prolongées dans l’orgie ; que les passions surexcitées par le vin, par des chants ou par des discours obscènes ; que les emportements, les querelles, les rixes ; que le renversement de toutes les habitudes d’ordre et de sobriété sont de bons moyens hygiéniques, capables de remplacer équivalemment le repos salutaire du dimanche, et parfaitement propres à réparer les forces épuisées, à affermir le tempérament et à entretenir la santé ? Poser la question, c’est la résoudre.
Je veux bien que la profanation du dimanche et le repos funeste du cabaret qui en est la suite ordinaire, ne conduisent pas subitement à la maladie ou à la mort. Toutefois, tenez pour certain qu’ils les appellent l’une et l’autre. On ne se moque pas de Dieu impunément pas plus de Dieu auteur des lois morales qui règlent les conditions de la vie de l’âme, que de Dieu auteur des lois physiques qui président à la conservation de la vie et de la santé du corps. L’intempérance du travail, aussi bien que l’intempérance de la table, est la violation de la première loi hygiénique que Dieu ait donnée à l’homme, et l’intempérance en fait plus mourir que le glaive.
Interrogez l’expérience. Sur qui tombent principalement les maladies contagieuses ? Pour qui sont les fièvres endémiques ? Dans quelles classes, parmi quels hommes la suette et le choléra ont-ils fait récemment le plus de victimes ? Partout on vous dira que c’est dans les classes laborieuses et parmi les hommes que la profanation habituelle du dimanche avait préparés à ces horribles fléaux, en minant leur constitution par un travail excessif et en les conduisant à l’intempérance et à l’irrégularité dans les habitudes de vivre : telle est la règle.
Il y a trois mille ans que le Créateur et le médecin de l’homme lui a prédit que le choléra serait le châtiment de l’intempérance, c’est-à-dire du mépris des lois hygiéniques établies par la Providence, et parmi ces lois hygiéniques, nous l’avons prouvé, celle qui tient le premier rang, c’est la loi du repos hebdomadaire [58].
Quelles révélations effrayantes la science n’aurait-elle pas à nous faire en preuve de ce que j’avance, si elle voulait rechercher, le flambeau de la foi à la main, les causes premières du suicide et de la folie, ces épidémies morales qui s’étendent comme une lèpre hideuse sur les peuples modernes ! Ni vous ni moi, Monsieur, n’en doutons, et nul n’en peut douter ; une large, une très large place est ici occupée par la violation de la loi hygiénique du repos sacré.
Ce que je peux dire, c’est qu’au témoignage des médecins spéciaux, sur cent cas de folie, quatre-vingt-douze doivent être attribués à l’excès des passions, principalement de l’orgueil et de la volupté. Mais où s’exaltent surtout les passions des classes laborieuses, qui forment les deux tiers de la France ? Où s’échauffent les têtes aux propos anarchiques, excitateurs de l’orgueil ? Où se consume avec excès le vin, père de la luxure ? N’est-ce pas aux cabarets ? Et qui peuple les cabarets ? N’est-ce pas, avant tout, la profanation du dimanche ?
Ce que je peux dire encore, c’est que les conseils de révision constatent la dégénération rapide de l’espèce dans les pays où le dimanche est habituellement profané, au point que sur cent jeunes gens, on en trouve à peine vingt qui soient aptes au service ; tous les autres sont étiolés.
Ce que je puis dire, enfin, bien que vous le sachiez mieux que moi, c’est que les municipalités des grands centres d’industrie ont réclamé énergiquement et à plusieurs reprises les mesures les plus urgentes pour obtenir le repos du dimanche et régler les conditions du travail qui épuise la population. En effet, la situation est des plus graves.
Deux ou trois preuves seulement. En 1837, la Seine-Inférieure avait à fournir un contingent de 1,609 hommes ; il fallut en réformer 2,044. La ville de Rouen, inscrite pour un contingent de 184, a présenté 317 réformés ; ainsi, pour avoir 100 hommes valides, il a fallu en repousser 166. À Mulhouse, on est allé jusqu’au chiffre 100 ; à Elbeuf, à 168 ; à Nîmes, à 7.
Au rapport des officiers expérimentés, la constitution de nos soldats est, en général, des plus débiles. Il en résulte une grande perte d’effectif lorsqu’on entre en campagne ; et cette conséquence a été tellement remarquée, que bien des écrivains militaires ont attribué à l’état physique de notre armée les désastres qui, en 1813 et 1814, on frappé la France.
Sur 300,000 conscrits, un tiers entrait à l’hôpital dans les deux ou trois premiers mois de campagne ; car ces pauvres enfants, si braves sur les champs de bataille, n’ayant plus la force de porter leurs armes dans les marches forcées, ou de braver les intempéries des bivouacs, succombaient à la nostalgie, au typhus etc. à toutes ces maladies épidémiques qui avaient fait de Dresde, de Mayence, en 1813, et de Paris, en 1814, de vastes et glorieux tombeaux [59].
V
Je pourrais multiplier ces détails affligeants ; mais ils sont donnés ailleurs, et je m’arrête [60]. Il est donc bien établi que la loi de la sanctification du dimanche est une loi hygiénique au premier chef ; que, par elle, Dieu protége la santé de l’homme contre un double danger : l’égoïsme du maître qui voudrait exiger un travail meurtrier, et l’ardeur inconsidérée de l’ouvrier pour le travail, ainsi que les excès d’un repos funeste.
L’homme n’a pas voulu en tenir compte, et toute l’économie de son existence a été troublée. Religion, société, famille, liberté, bien-être, dignité, santé, riche patrimoine qui faisait le bonheur de ses aïeux et qui devait faire le sien, il voit tout cela tomber en ruines, et ces ruines, qu’il ne l’oublie pas, sont humainement irréparables.
Encore un peu, et, s’il n’a hâte de se replacer sous la loi qui seule garantit tous ces biens, il périra corps et âme dans les convulsions de la plus affreuse anarchie qui ait jamais épouvanté le monde, et nul ne le plaindra. Au contraire, tous ceux qui entendront ses cris de douleur secoueront la tête, et diront : Il n’a que ce qu’il mérite : les avertissements ne lui ont pas manqué ; il a voulu aller au glaive, qu’il aille au glaive ; à la mort, qu’il aille à la mort ; à la misère et à l’esclavage, qu’il aille à la misère et à l’esclavage [61] !
Peuple infortuné ! Prends donc enfin pitié de toi-même : reconnais l’erreur fatale dont tu es la victime. Égaré par un sentiment funeste d’indépendance, tu as secoué le joug de ton père ; et, comme le prodigue de l’Évangile, tu es tombé dans un vasselage ignominieux. Tu as cherché la gloire, et tu as trouvé la honte. Être intelligent, tu es devenu machine. Riche, tu es moteur, pauvre tu es le rouage. Ces nobles enfants du peuple, surtout, cette âme, cette vie, ce sang de la France, que sont-ils devenus en devenant profanateurs ? Ils ne prennent plus place dans nos saints temples, et la cupidité les a jetés dans des réduits malsains et corrupteurs [62]. Ils ne vous, servent plus, ô bon et divin Maître : et, grâce à l’irréligion, les conditions du travail et de la domesticité deviennent pour eux, de jour en jour, plus dures et plus accablantes.
Pauvre peuple ! Quand ouvriras-tu les yeux ? Hommes de peine, serviteurs, ouvriers, artisans, immense famille de travailleurs si chère à l’Église, quand reconnaîtrez-vous que l’on vous trompe et que l’on vous perd ? On vous a prêché, au nom de la liberté, le mépris du dimanche : eh ! Ne sentez-vous pas que le joug s’est aggravé sur vos épaules, et que l’égoïsme vous traite maintenant avec une hauteur insultante ?
On a fait devant vous grand étalage des pertes que vous occasionne le repos religieux : eh ! Ne voyez-vous pas qu’il existe pour vous un repos à la fois plus ruineux et plus humiliant, celui du cabaret et celui de l’infirmité qui vient à la suite de la débauche ou d’un labeur excessif ? Chrétiens, reconnaissez votre dignité ; et, pour la comprendre, venez chaque dimanche vous ranger autour de cette tribune sacrée, où le prêtre de Jésus-Christ vous redira votre origine toute céleste, le prix de votre rédemption, qui est le sang d’un Dieu, votre sublime destinée, qui est la possession d’un bonheur sans fin et sans mesure [63].
À ces paternels avertissements donnés aux peuples, ma prochaine lettre ajoutera quelques conseils à ses mandataires.
Agréez, etc.
La profanation du Dimanche : 10ème lettre
Posté par David dans Paroles de Pasteurs le 24 mai 2010
Xeme lettre : La profanation du dimanche, ruine de la santé.
5 juin.
Monsieur et cher ami,
I
Les impies ont des entrailles de bronze [49]. Vérifié par tous les faits de l’histoire et par les détails contenus dans ma dernière lettre, ce mot de nos divines Ecritures va l’être surabondamment, par les considérations que j’ai à vous soumettre aujourd’hui. Les impies qui ont introduit parmi nous la profanation du dimanche, aussi bien que leurs continuateurs dans cette œuvre d’iniquité, ont arraché au peuple les seuls biens qu’il possédait. Sa religion, ce n’est pas assez ; ses joies de famille, ce n’est pas assez ; son bien-être, ce n’est assez ; le sentiment de sa dignité, ce n’est pas assez. Il lui reste une dernière ressource : la santé, et il faut qu’ils l’en dépouillent.
La fortune de l’ouvrier, c’est sa santé. Or, la profanation du dimanche en est la ruine. D’une part, l’homme ne peut pas toujours travailler, il faut qu’il se repose ; d’autre part, il ne peut se reposer que le dimanche à l’église ou le lundi au cabaret. Je dois avant tout établir ma proposition : je rechercherai ensuite quelles sont les conséquences hygiéniques de ce double repos.
II
D’abord, l’homme ne peut pas toujours travailler. L’arc toujours tendu finit bientôt par perdre son ressort. De même l’homme qui voudrait toujours travailler, ne travaillerait pas longtemps. Les infirmités précoces, l’affaiblissement des organes, des maladies de plus d’une espèce, ne tarderont pas à venger la nature outragée dans ses lois et à condamner à un chômage forcé le téméraire, qui aura dédaigné de s’accorder le repos commandé par le Créateur. Le repos est donc une loi pour l’homme : comme il ne peut vivre sans manger, il ne peut vivre sans se reposer. Bon gré, mal gré, qu’il en ait, il faut que chaque soir il obéisse à ce besoin impérieux dont aucune découverte, aucun système, aucun progrès n’a pu jusqu’ici le rendre maître.
Mais ce repos de chaque jour suffit-il pour réparer dans une juste mesure les forces de l’homme et l’entretenir longtemps dans un état de vigueur et de santé ? Demandons la réponse non aux théologiens et aux Pères de l’Église, mais aux philosophes les moins suspects, aux médecins les plus expérimentés, aux physiologistes les plus habiles tant en France qu’à l’étranger. Voici d’abord un philosophe contre lequel n’ont rien à dire ceux que nous combattons.
Que doit-on penser, demande Rousseau, de ceux qui veulent ôter au peuple ses fêtes, comme autant de distractions qui le détournent du travail ? Cette maxime est barbare et fausse. Tant pis si le peuple n’a de temps que pour gagner son pain ; il lui en faut encore pour le manger avec joie ; sans quoi il ne le gagnera pas longtemps. Le Dieu juste et bienfaisant qui veut qu’il s’occupe, veut aussi qu’il se délasse. La nature lui impose également l’exercice et le repos, le plaisir et la peine. Le dégoût du travail accable plus les malheureux que le travail même. Voulez-vous rendre un peuple actif et laborieux ? Donnez-lui des fêtes… Des jours ainsi perdus feront mieux valoir les autres [50].
Suivant Rousseau, le repos ordinaire de chaque jour ne suffit donc pas ; il faut, à des intervalles réglés, un repos plus complet.
Il le faut, dit Cabanis, dans les ateliers clos ; surtout dans ceux où l’air se renouvelle avec difficulté. Là, les forces musculaires diminuent rapidement : la reproduction de la chaleur animale languit, et les hommes de la constitution la plus robuste contractent le tempérament mobile et capricieux des femmes. Loin de l’influence de cet air actif et de cette vive lumière dont on jouit sous la voûte du ciel, le corps s’étiole en quelque sorte, comme une plante privée d’air et de jour ; le système nerveux peut tomber dans la stupeur, et, trop souvent, il n’en sort que par des excitations irrégulières [51].
Il ne le faut pas moins, ajoute un observateur judicieux, dans les ateliers plus ouverts, où se rassemblent un grand nombre d’ouvriers. L’exercice même de leur profession et leur agglomération ne tarde pas à vicier l’air… L’atmosphère se trouve bientôt chargée d’acide carbonique, de miasmes délétères, de poussière et de molécules métalliques, toutes choses qui introduisent dans les organes pulmonaires des agents de destruction plus ou moins rapides. Aussi, presque partout où il existe des manufactures, des usines, des fabriques, une industrie de quelque genre que ce soit, qui exige le concours d’une grande quantité de bras, on est frappé de l’espèce de dégénération qui se manifeste promptement chez les individus.
Des visages pâles qui conservent une expression dure et repoussante, l’étiolement de la taille dans les hommes, une physionomie languissante et douloureuse dans les femmes, des enfants qui portent, dès leur entrée dans la vie, les marques indélébiles de la malédiction qui semble peser sur les auteurs de leurs jours : tel est l’affligeant spectacle que présentent communément ces réunions d’ouvriers. Si, pour nourrir leurs familles, ils ont dû se courber toute la semaine sur leurs métiers ou leurs établis, qu’au moins le dimanche chacun d’eux puisse se remettre des fatigues passées, et recueillir les forces qui lui feront ensuite reprendre le travail avec une énergie nouvelle [52].
Il le faut aux hommes, qui, travaillant au dehors, portent le poids du jouir : les uns, exposés au soleil, à la pluie, au vent, à toutes les intempéries des saisons, labourent la terre, et déposent dans son sein, avec la semence qui fructifiera, une portion de leur force et de leur vie ; les autres exploitent, avec de longs efforts, les forêts et les carrières ; ceux-là descendent dans les entrailles de la terre, et aventurent leur existence au sein des vapeurs mortelles que recèlent les profondeurs du globe, en butte aux éboulements, à mille accidents de toute espèce. Qui ne conçoit combien tous ces hommes, de professions si pénibles, ont besoin d’un repos réparateur ?
Il le faut aux hommes de cabinet, dont le travail agit plus que tout autre d’une manière désastreuse sur la santé. Il le faut particulière encore au commerçant assis dans son comptoir et à ceux qu’il associe à sa sollicitude. Pour peu qu’on réfléchisse sur le déploiement prodigieux d’activité, nécessité par le développement de l’industrie, par l’accroissement rapide des relations commerciales, par l’extension des opérations journalières des divers établissements de négoce, on demeure persuadé qu’une journée périodique de repos est devenue plus nécessaire que jamais.
Du temps de nos pères, les maisons les plus modestes où se faisait la vente des objets nécessaires de consommation, avaient tous les jours certaines heures de repos, pendant lesquelles le marchand s’enfermait, pour prendre en liberté des repas que suivaient quelques instants d’un loisir absolu. Un client qui se serait présenté pour faire ses achats eût été poliment invité à revenir dans un autre moment.
Aujourd’hui plus de répit. Le marchand et son commis prennent à la hâte leur repas sans discontinuer leurs opérations et leurs calculs, et, dans certaines villes, les fatigues du commerçant sont encore augmentées par les veilles prolongées, d’où cette foule de maladies dont la liste remplit des pages dans les physiologies médicales. Loin donc que le jour du chômage religieux soit devenu moins utile pour cette classe d’hommes, on doit reconnaître, au contraire, que, pour eux, il faudrait l’inventer, s’il n’existait pas : car c’est peut-être pour eux que ces bienfaits ont le plus d’à-propos [53].
III
Il est donc bien évident que le repos ordinaire de chaque jour ne suffit pas à l’homme ; sa santé exige de temps en temps un repos plus complet. Telle est la conclusion de la science, et nous verrons bientôt que telle est aussi celle de l’expérience. Je dis mal ; car déjà notre expérience personnelle ne nous laisse aucun doute sur ce point. Mais à quels intervalles doit revenir ce repos pour être vraiment réparateur ? Si les jours que vous chômez sont trop fréquents, le malaise, la fatigue du désœuvrement et les conséquences funestes qu’elle engendre dénaturent votre institution. Si des intervalles trop grands les séparent, l’inconvénient de la fatigue trop prolongée subsiste, et le repos incomplet ne réparera qu’à demi la perte des forces.
Il n’y a, pour résoudre ce problème important, que deux moyens : la révélation et l’observation [54]. Or, le Dieu qui a créé l’homme et qui a mesuré ses forces, lui a dit, Tu te reposeras le septième jour. Et toute science, toute philosophie s’est inclinée muette devant la loi du Seigneur. Des essais ont été faits avec grand fracas pour lui substituer des lois humaines, et ces lois éphémères sont devenues un objet de dérision et de mépris.
Tu te reposeras le septième jour, quelle que soit la nature de tes occupations, et cela sous peine des plus graves périls pour ta santé et même pour ta vie : telle est aussi la conclusion à laquelle conduit l’observation approfondie des lois physiologiques de l’homme.
Ecoutons là-dessus un célèbre médecin protestant, le docteur Fur. Dans un rapport adressé au Parlement anglais, il s’exprime en ces termes : « L’observation du dimanche doit être comptée non seulement parmi les devoirs religieux, mais parmi les devoirs naturels, si la conservation de sa vie est un devoir, et si l’on est coupable de suicide en la détruisant prématurément, Je ne parle ici que comme médecin, et sans m’occuper d’aucune manière de la question théologique [55]. »
Ainsi, à moins d’accuser Dieu même d’imprévoyance, la Révélation de mensonge, l’observation la plus consciencieuse de rêverie, notre expérience personnelle d’illusion, il faut reconnaître deux choses : la première, que le repos est nécessaire à l’homme ; la seconde, que le repos ordinaire de chaque jour ne suffit pas, et qu’il faut donner à un repos plus complet un jour sur sept. C’est un point désormais acquis à la discussion [56].
Agréez, etc.
Mgr Dufour : « L’Eglise se renouvellera par le dimanche »
Posté par David dans Paroles de Pasteurs le 24 mai 2010
Un nouvel article de Hélène Bodenez de Liberté politique :
Dans cette montée vers le grand dimanche concluant la semaine des semaines, la Pentecôte, les chrétiens commémorent le jour où Dieu envoie l’Esprit Paraclet, le « défenseur ». Dans la Tradition, l’Eglise fête précisément le don à Israël de la Torah et de la Révélation. Sur la chaîne de télévision KTO, l’archevêque d’Aix et Arles, Mgr Dufour, dit sa foi et son espérance dans le dimanche.
Interrogé par Roland Gosselin sur son « rêve » pour ses « communautés de demain », le prélat répond : « Je crois que l’Eglise se renouvellera par le dimanche… C’est le dimanche, un matin de Pâques que l’Eglise est née, Pâques et Pentecôte, et chaque matin de Pâques, c’est-à-dire chaque premier jour de la semaine, l’Eglise s’est rassemblée autour du Christ ressuscité ; s’est laissée transformée dans l’amour du Christ, chaque premier jour de la semaine… Un des axes fondamentaux de mon service d’évêque dans le diocèse d’Aix et Arles sera de faire revivre le dimanche pour une Eglise missionnaire. »
Mgr Dufour développe une belle analyse sur le renouveau à venir de la catéchèse mais sa conclusion de l’interview autour du dimanche éclaire et donne sens à tout le propos. Il est soucieux de transformation de « l’être chrétien », du renouveau des paroisses. Le président de la Commission épiscopale pour la catéchèse et le catéchuménat affirme doucement mais sans ambages que le « moteur » spécifique de cette transformation passera par un presbyterium renouvelé, par « la sainteté des prêtres », et non par « des stratégies pastorales ».
La famille
Ne cachant pas son admiration pour la démarche actuelle de conversion des communautés chrétiennes qui sont responsables de l’annonce de la foi, cet aîné de huit enfants du Nord, met la famille au cœur des préoccupations. Catéchiser les enfants reste une urgence pour l’Église mais il y a sans doute dans nos temps actuels à repenser beaucoup de choses, à catéchiser notamment les parents. L’ancien évêque de Limoges entend « montrer un chemin catéchétique », que les parents « puissent se laisser transformer par l’esprit du Christ, qu’ils puissent aller à la découverte du Christ, et vivre de son Evangile… L’on ne peut pas catéchiser les enfants si l’on ne permet pas à la famille de découvrir aussi le Christ de vivre elle-même de cette vie chrétienne. »
Parmi les propositions de catéchèses, il y aura donc celles pour les enfants, celles pour les parents… Mais aussi, et c’est très intéressant, des « catéchèses intergénérationnelles » et des catéchèses proposées à toute la communauté de la paroisse, « des dimanches catéchétiques, des dimanches où l’on va prendre le temps du matin et sans doute un peu de l’après-midi pour que ce jour-là il y ait une catéchèse de la communauté ».
Catéchèses du dimanche, dimanches catéchétiques ? Qu’est-ce à dire ? Une catéchèse qui ne sera pas qu’enseignement, où l’enseignement fera partie bien sûr de la catéchèse, mais une catéchèse « reliée à la liturgie de l’Église ». L’on « intègre à ces journées la liturgie du dimanche », ces catéchèses, comme l’Évangile nous y invite, auront vocation à être « ferment de transformation de la vie »
Sans regarder en arrière, l’archevêque a déjà commencé son œuvre d’évangélisation par le dimanche. Ancien aumônier général-adjoint des scouts de France, il va marcher le dimanche après-midi après la messe avec les jeunes et observe avec bonheur « le décrassage que permet la marche », « l’acquisition d’une certaine sérénité » citant Vincenot, « on ne pense bien qu’en marchant ».
Fin de l’émission. On se dit, heureux, que le bon Dieu a de l’humour. Symbolique en effet que la défense du dimanche par des chrétiens renouvelés soit portée par un évêque des Bouches-du-Rhône, le département par lequel le scandale de la légalisation du travail dominical est arrivé. Il se pourrait bien en cette Pentecôte 2010, qu’il soit désormais le département, fort de deux diocèses fervents, par qui le Salut continuera d’être donné en abondance particulièrement le dimanche.

