Archives de la catégorie Réflexions

Travailler le dimanche rend les femmes malheureuses

Lu sur Le Salon Beige :

Des chercheurs des universités DePaul (Chicago) et Ben-Gurion (Israel) ont établi  une corrélation entre l’ouverture des magasins le dimanche et un déclin dans le nombre de femmes se disant heureuses. L’étude porte sur dix Etats américains qui avaient des lois limitant l’ouverture le dimanche, et les ont abrogées ces dernières années (avec comme point de comparaison six Etats où la loi n’a pas changé). Dans ces dix Etats, la proportion de femmes se disant « assez heureuses » a décliné de 17%, et la proportion se disant  » pas heureuses » a augmenté (la même évolution n’a pas été constatée chez les hommes). Les chercheurs émettent trois hypothèses d’explication :

  1. L’ouverture le dimanche entraîne le travail le dimanche, notamment de femmes – or « les gens n’aiment pas travailler le dimanche », dixit un chercheur;
  2. Il a déjà été montré dans d’autres études que l’ouverture le dimanche a un effet délétère sur le comportement des adolescents, qui se répercute sur le moral des mères;
  3. L’ouverture conduit à une baisse de la pratique religieuse, or, selon un chercheur « notre étude tend à fournir davantage d’indices indiquant que la pratique religieuse chez les femmes a une influence sur leur moral ».

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A Dieu, le dimanche !

C’est le titre du dernier ouvrage de notre amie Hélène Bodenez aux Editions Grégoriennes (ADVERBUM à Gap) :

Mis en danger par la proposition de loi Mallié, le dimanche est moribond en France. Ce livre voudrait lancer un appel à la résistance des chrétiens. L’argument religieux n’étant pas le plus développé dans un débat essentiellement politique et social, Hélène Bodenez voudrait que ne soit pas minimisé le regard de foi de la vision théologique et de la vision mystique. Admettons-le : le dimanche s’est vidé depuis longtemps de son sens originel. Pourtant, si le culte du dimanche suppose bien la foi intérieure des chrétiens, il n’en est pas moins un rituel extérieur et collectif. En en retrouvant la voie, les chrétiens pourraient participer à la mission de la France dans l’Église.

Table des matières :

Préface de Mgr D. Rey
Propos
I. L’argument manipulé de la liberté
II. Autres arguments en faveur du dimanche
III. Universalité du troisième Commandement selon saint Thomas d’Aquin
IV. Contemplation d’une image médiévale : le Christ du dimanche
V. La Salette à Corps en Isère
VI. Pour une culture du dimanche
Conclusion
Annexes

Hélène Bodenez est professeur agrégé de lettres. Elle intervient dans le dossier « Oui au repos dominical » de la Fondation de Service politique. Elle y relaie entre autres l’action de députés européens cherchant à obtenir la protection du dimanche en Europe « par principe ». Elle a participé à l’émission « Aujourd’hui l’Église » de Radio Notre-Dame « Travail le dimanche : l’Église a son mot à dire ! », a animé une table ronde « Vivement dimanche ! » au Centre culturel de Franklin, affilié au lycée jésuite Saint-Louis de Gonzague (Paris) où elle enseigne.

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Une société où il faut avoir pour être

Lu sur www.liberation.fr, une très bonne tribune de Joseph THOUVENEL, secrétaire général adjoint de la C.F.T.C.

Nous vivons dans une société où il faut avoir pour être. Tel est le constat inquiet et désabusé que font nombre de sociologues qui se penchent sur la violence croissante chez les jeunes. Dans le même temps, des salariés, ayant un emploi, une qualification, se font violence à eux-mêmes en allant parfois jusqu’au suicide. Dans les deux cas, nous assistons à une déshumanisation de l’être humain. La seule dimension qui lui est reconnue est celle de consommateur ou de producteur. La possession de biens matériels devient un idéal, l’augmentation des marges des entreprises un absolu et le salarié un objet juste apte à produire ou à consommer. La laisse électronique (téléphone mobile, ordinateur) a fait exploser le rempart de la vie familiale et personnelle. Si hier, une fois sorti de l’entreprise, j’étais libéré de la subordination au travail, aujourd’hui un nombre toujours plus grand de salariés doit avoir une disponibilité de fait quasiment sept jours sur sept. Et ceci n’est pas vrai que pour les seuls cadres. Les salariés aux rémunérations les plus faibles sont eux aussi broyés par la civilisation du veau d’or. Ce sont ces milliers de femmes et d’hommes des grandes enseignes du commerce, qui ont obligation d’effectuer toujours plus de nocturnes, de sacrifier toujours plus de dimanches et de jours fériés. Et ce au détriment de leur vie familiale, personnelle, associative, culturelle ou spirituelle. La conciliation des temps de vie est un véritable choix de société entre ceux qui privilégient la société marchande et de possession matérielle et ceux qui défendent une civilisation où l’épanouissement de l’être humain est favorisé par le respect des temps de vie. Ignorer ce besoin vital pour tout être humain, c’est faire violence à notre humanité et en conséquence générer une société de barbarie. Que penser de cette légalisation de la délinquance effectuée par la loi Maillié sur le dimanche ? Si ce n’est la soumission des lois de la République à la volonté marchande. Il est vrai que les délinquants économiques qui ouvrent le dimanche en toute illégalité ont un argument massue. Ouvrir leur permet de faire des bénéfices toujours plus importants. A ces stakhanovistes du paraître nous préférons opposer une organisation des temps de vie équilibrés. C’est cet équilibre que nous voulons maintenir ou retrouver. Celui de la France des bénévoles, des balades en forêt, des rires en famille, des parties de rugby entre copains, du verre de blanc sur le comptoir, des chorales lyriques ou jazzy. Face aux tenants d’un monde transformé par un immense champ de production, où la culture est en tête de gondole, la nourriture en fast-food, la pensée code barrée, le salarié aux horaires décalés, la famille explosée, c’est sur une certaine idée de l’être humain au travail que nous nous prononçons.

Coauteur avec Bernard Ibal, Jean-François Vanneste et Bernard Vivier de La C.F.T.C. Des valeurs en acte, éditions Bayard.

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Encadrer le capitalisme

Lu à la page 12 du dernier numéro de L’Homme Nouveau, dans un article de Benjamin Guillemaind :

« Ainsi le libéralisme finit par dévoyer les trois régulateurs de la société traditionnelle : la propriété privée qui devient absolue, les corps intermédiaires  qui sont abolis et le pouvoir politique, l’Etat, dont le rôle de garant du bien commun est contesté en permanence au nom de la liberté du marché. Aujourd’hui la mondialisation rend le pouvoir financier incontrôlable, apte à toutes les manipulations. L’économique domine le politique, impuissant à redresser la situation. La plupart liés à l’argent ont un point commun : le prêt à intérêt. Est-il moral de « faire travailler son argent » même le dimanche ? »

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Grand Rabbin Haïm Korsia : le shabbat et la vue israélite sur le travail du dimanche

Lu sur le site ami travail-dimanche.com :

Les mots des religions : « Shabbat »

Avec le grand Rabbin Haïm Korsia, aumônier général israélite des armées françaises, secrétaire général de l’Association du Rabbinat français, administrateur du Souvenir français et ancien membre du Comité consultatif national d’éthique.

Le shabbat, c’est-à-dire le jour d’« abstinence » qui correspond au samedi, est un des fondements les mieux ancrés de la religion judaïque. Haïm Korsia, aumônier général israélite des Armées, nous explique ce que signifie ce partage du repos pour la communauté juive, effectuant un parallèle avec la polémique sur le travail.

« Dieu acheva au septième jour son œuvre, qu’il avait faite ; et il se reposa au septième jour de toute son œuvre, qu’il avait faite. Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu’en ce jour il se reposa de toute son œuvre, qu’il avait créée en la faisant. » Genèse, 2 : 2-3

Comme chacun sait, le shabbat est le jour de repos assigné au dernier jour de la semaine, c’est-à-dire le samedi dans la conception juive. Le « jour » au sens hébraïque débutant non pas au lever du soleil mais à la tombée de la nuit, il s’étend en fait du vendredi soir au samedi soir : ainsi en hiver, le shabbat commence et se termine en fin d’après-midi, alors qu’il n’est pas observé avant 21 heures autour du solstice d’été.

« Avec 3500 ans d’avance sur les grands acquis sociaux qui ont permis de définir un jour d’arrêt de travail », note Haïm Korsia, le shabbat, quatrième des dix commandements (Exode 20 et Deutéronome 5), a dès les origines du judaïsme imposé l’idée que « le rythme humain c’est : six jours de travail, un jour de repos ».

Un temps pour soi, un temps pour tous

Un jour de repos, mais pas un jour de paresse. Le shabbat est avant tout réservé à l’étude, à la vie de famille et au partage, dans l’idée que le temps pour soi est aussi un temps pour Dieu. Le shabbat, par ses trente-neuf prohibitions que recense le Talmud, « ramène l’homme à sa dimension réelle », analyse le Grand Rabbin. N’ayant pas le droit d’utiliser l’électricité, d’emprunter un véhicule motorisé ou de se servir des technologies modernes, il ne lui reste en effet que ses pieds pour se déplacer et sa bouche pour communiquer : si l’on veut voir quelqu’un, on fait l’effort d’aller à lui, de le regarder et de lui parler en face-à-face, à l’opposé des rapports virtuels et distants du reste de la semaine. Mais ce qu’apprécie le plus Haïm Korsia, « un avantage extraordinaire aujourd’hui », c’est peut-être encore l’éphémère bannissement de la télévision et surtout du téléphone…

Shabbat est traditionnellement l’occasion de trois repas meilleurs que l’ordinaire, les « shalosh seoudot ».

Auditionné à l’Assemblée nationale en 2008, Haïm Korsia avait à l’époque pris position sur la question du travail le dimanche. Parallèle du shabbat puisque le jour du Seigneur chez les chrétiens, le dimanche, a en effet conservé une certaine sacralité républicaine. Pour Korsia, « il est important d’avoir un temps qui soit un temps pour tous ». Le rythme de la création suppose, au bout d’un certain intervalle, à l’instar du Dieu de la Genèse, de s’arrêter et de regarder son œuvre.

Il est essentiel de reconnaître aux hommes une identité autre que celle de travailleurs et de producteurs, et de leur permettre de cultiver cette identité en leur offrant cette « respiration commune ». «  Quand les hommes partagent le temps  », explique Korsia, «  ils deviennent réellement des “contemporains”, au sens étymologique du terme ; c’est ça, vivre ensemble  ».

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Une bibliographie à propos du repos dominical

Intéressante bibliographie sur le site de Liberté politique, établie par Hélène Bodenez,  de nombreux ouvrages ayant été déjà recensés sur notre blog :

  • Jean-Paul II, Dies Domini, Lettre apostolique, 1998 (cf. ci-dessus)
  • Père Patrick Gourrier, Le dimanche c’est sacré !, Jour de Dieu, jour de l’homme, Paris, Lethielleux-DDB-La Vie, 2009
  • Jean-François Froger, Le Maître du Shabbat, Méolans-en-Revel, Editions grégoriennes, 2009
  • Gaspard-Marie Janvier, Le Dernier dimanche, roman, Paris, Mille et une nuits, 2009
  • Michel Fauquier, Lettre ouverte du dernier des chrétiens au premier des Français, A propos de l’ouverture des magasins le dimanche, Perpignan, Tempora, 2009
  • Dominique Rigaux, Le Christ du dimanche, Histoire d’une image médiévale, Paris, L’Harmattan, 2005, 502 p.
  • Robert Beck, L’Histoire du dimanche de 1700 à nos jours, Paris, Editions de l’Atelier, 1997, 383 p.

Revues

  • Communio (épuisé)

« Le dimanche », tome VII (1982) – n° 3 (mai-juin), Georges Chantraine s.j., « Trois conditions à un huitième jour éternel », Pierre Grelot, « Le jour du Seigneur », Jean-Yves Lacoste, « Le Temps d’être homme », Reinhold Bärenz, « Réapprendre le dimanche chrétien », Ambroise Thomas, « Dimanche, miséricorde ! », Alexander de Willebois, « Le sens d’un ennui », Marc Prunier, « Un temps pour aimer », Luigi Mezzadri, « Savoir faire la fête : Vincent de Paul »

  • Liberté politique

Agnès Bastit, n° 30 (été 2005), « La vie du chrétien au centre du comsos et de l’histoire », A propos de la lettre apostolique de Jean Paul II, Dies Domini

Hélène Bodenez, n° 47 (hiver 2009), « Le dimanche, jour cardinal », communication à la table ronde Vivement dimanche ! du 6 octobre 2009 au Centre Culturel de Franklin ; n° 44 (printemps 2009), dossier « À Dieu, le dimanche ! », « Pourquoi le dimanche ? Appel à la résistance des chrétiens »

  • Esprit

« La querelle du dimanche », février 2009 : Jean-Pierre Peyroulou, « Joie du dimanche ».

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Un roman à lire cet été : Le Dernier Dimanche de Gaspard-Marie Janvier !

Le Dernier DimancheLe Dernier Dimanche de Gaspard-Marie JANVIER
éd. Mille et une nuits (2009)

 

Extrait p.61 :

1er dimanche de Pâques (8 avril)
Il est descendu aux Enfers et ressuscité

Avant que la perspective d’un dernier dimanche n’entre dans les programmes électoraux, je n’avais jamais pris conscience qu’il y eût un premier dimanche, moins encore qu’il pût y en avoir un dernier, et que la longue série semainière structurant mon quotidien profane depuis le jour de ma naissance s’inaugurait le jour de la résurrection du Christ, voici deux mille ans.

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Acharnement législatif

Dominique QuinioEditorial de Dominique Quinio paru dans La Croix du 7 juillet dernier :

Il faudrait, en politique, recourir à la notion d’«obstination déraisonnable», comme on le fait en médecine. Mettre fin à l’acharnement législatif comme, en fin de vie, la loi demande aux médecins de renoncer à l’acharnement thérapeutique. C’est la quatrième version du texte de loi visant à étendre le travail dominical que l’Assemblée nationale examine à partir d’aujourd’hui ! Le gouvernement ne veut pas céder, malgré la coalition des oppositions, laïques – syndicales ou politiques (y compris au sein de la majorité) – et religieuses. Le dimanche, le président de la République ne veut pas se reposer.

De projet en projet, le texte s’est néanmoins rétréci ; il consiste plutôt aujourd’hui en un aménagement de la situation actuelle et permet d’élargir la possibilité d’ouvrir les commerces dans les «zones touristiques». Il ne s’agit plus là de travailler plus pour gagner plus, car dans ces activités les employeurs n’ont pas toujours les moyens de payer davantage leurs salariés, contrairement aux enseignes de la grande distribution qui, elles, trouvent des volontaires parmi des catégories (étudiants, parents séparés…) qui veulent organiser leur temps de travail différemment et bénéficier de salaires plus élevés.

On peut avoir quelques doutes sur la capacité à contenir durablement le caractère exceptionnel… des exceptions, à endiguer les demandes de dérogation qui ne manqueront pas de se manifester. Et sur la liberté réelle des salariés à refuser de travailler le dimanche. D’autant que l’offre créant le besoin, plus la société s’organisera ainsi, plus le consommateur exigera de pouvoir tout acheter, à tout moment de la semaine et de la journée.

Pour le président de la République, le sujet est éminemment symbolique. Pour lui qui veut réhabiliter la valeur travail, il ne saurait être question de freiner la liberté de vendre et d’acheter. Mais honorer la valeur travail, c’est la mettre à sa juste place, en face des autres aspirations de l’homme à changer de rythme, à se retrouver en famille, à se reposer, à célébrer sa foi, à se cultiver, à s’engager dans la vie associative… Alimentation, santé, sécurité, transports, information : les services à rendre 7 jours sur 7 sont suffisamment nombreux pour ne pas ouvrir les vannes, même à demi.

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