Dans le respect de la liberté religieuse et du bien commun de tous, les chrétiens ont à faire reconnaître les dimanches et jours de fête de l’Église comme des jours fériés légaux. Ils ont à donner à tous un exemple public de prière, de respect et de joie et à défendre leurs traditions comme une contribution précieuse à la vie spirituelle de la société humaine. Si la législation du pays ou d’autres raisons obligent à travailler le dimanche, que ce jour soit néanmoins vécu comme le jour de notre délivrance qui nous fait participer à cette  » réunion de fête « , à cette  » assemblée des premiers-nés qui sont inscrits dans les cieux  » (He 12, 22-23).

Sanctifier les dimanches et jours de fête exige un effort commun. Chaque chrétien doit éviter d’imposer sans nécessité à autrui ce qui l’empêcherait de garder le jour du Seigneur. Quand les coutumes (sport, restaurants, etc.) et les contraintes sociales (services publics, etc.) requièrent de certains un travail dominical, chacun garde la responsabilité d’un temps suffisant de loisir. Les fidèles veilleront, avec tempérance et charité, à éviter les excès et les violences engendrées parfois par des loisirs de masse. Malgré les contraintes économiques, les pouvoirs publics veilleront à assurer aux citoyens un temps destiné au repos et au culte divin. Les employeurs ont une obligation analogue vis-à-vis de leurs employés.

Que les chrétiens qui disposent de loisirs se rappellent leurs frères qui ont les mêmes besoins et les mêmes droits et ne peuvent se reposer à cause de la pauvreté et de la misère. Le dimanche est traditionnellement consacré par la piété chrétienne aux bonnes œuvres et aux humbles services des malades, des infirmes, des vieillards. Les chrétiens sanctifieront encore le dimanche en donnant à leur famille et à leurs proches le temps et les soins, difficiles à accorder les autres jours de la semaine. Le dimanche est un temps de réflexion, de silence, de culture et de méditation qui favorisent la croissance de la vie intérieure et chrétienne.

Pendant le dimanche et les autres jours de fête de précepte, les fidèles s’abstiendront de se livrer à des travaux ou à des activités qui empêchent le culte dû à Dieu, la joie propre au Jour du Seigneur, la pratique des oeuvres de miséricorde et la détente convenable de l’esprit et du corps. Les nécessités familiales ou une grande unité sociale constituent des excuses légitimes vis-à-vis du précepte du repos dominical. Les fidèles veilleront à ce que de légitimes excuses n’introduisent pas des habitudes préjudiciables à la religion, à la vie de famille et à la santé.

« L’amour de la vérité cherche le saint loisir, la nécessité de l’amour accueille le juste travail. » (Saint Augustin)

Comme Dieu « se reposa le septième jour après tout le travail qu’Il avait fait » (Gn 2, 2), la vie humaine est rythmée par le travail et le repos. L’institution du Jour du Seigneur contribue à ce que tous jouissent du temps de repos et de loisir suffisant qui leur permette de cultiver leur vie familiale, culturelle, sociale et religieuse.

L’origine de cette obligation.Mais le septième jour

Parmi les préceptes du Décalogue relatifs à l’amour de Dieu, le premier concerne le cœur de l’homme, qui ne doit connaître et adorer que le seul vrai Dieu : « Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi » (Ex. 20,2-5 ; Mat. 4,10). Le deuxième concerne sa bouche, qui ne doit en prononcer le nom qu’avec respect : « Tu ne prononceras pas le nom du Seigneur ton Dieu à faux » (Ex 20, 7 ; Dt 5, 11). Le troisième concerne ses œuvres. Paradoxalement, ce qui est mis en avant, ce n’est pas d’abord le travail mais le repos (cf. Ex. 20.8-9). Il s’agit de s’imposer un repos en un certain jour, qui est appelé le “sabbat”, ou le “jour du Seigneur”, et de sanctifier ce jour.

1°. Ce précepte est contenu, non pas dans n’importe quelle partie de la Bible, en particulier dans un livre relatif aux simples “règles cérémonielles” (abolies par le Christ) qui étaient imposés aux juifs ou à leurs prêtres. Il est inscrit dans le Décalogue, qui est en quelque sorte une Charte pour toute l’humanité, dans l’expression de ses rapports à Dieu et des hommes entre eux. Ceci indique, de prime abord, que le repos que nous sommes invités à prendre et à sanctifier a quelque chose à voir avec notre nature humaine, avec le sens de la vie, avec son accomplissement, et par conséquent avec notre bonheur même, individuel ou social, puisque l’homme, par nature, est fait pour vivre en société.

2°.  Le sabbat (ou shabbat), dans l’ancienne Alliance, comme aujourd’hui le samedi (ou sábado, en Espagnol), était le 7ème jour de la semaine (Ex 16,26). Il avait le sens, à la fois, de « jour de repos complet » (Ex 16,23), aussi bien pour les hommes que pour la terre (Lév 25,4), et de jour de sanctification (Ex 20,8). Le sabbat était regardé, selon la volonté de Dieu même, comme un signe sacré entre lui et son peuple, signe de sa bénédiction (Ex 31,13). A partir du moment où nous sommes appelés à “sanctifier” ce “sabbat” ou ce “jour” de repos, c’est qu’il ne s’agit, à l’évidence, ni ne n’importe quel jour, ni de n’importe quel repos.

tiré du site Hermas.

Cathédrale de ChartresLa célébration du dimanche observe la prescription morale naturellement inscrite au cœur de l’homme de  » rendre à Dieu un culte extérieur, visible, public et régulier sous le signe de son bienfait universel envers les hommes  » (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 122, 4). Le culte dominical accomplit le précepte moral de l’Ancienne Alliance dont il reprend le rythme et l’esprit en célébrant chaque semaine le Créateur et le Rédempteur de son peuple.

(§ 2176 du Catéchisme de l’Eglise Catholique)

Le Dimanche se distingue expressément du Sabbat auquel il succède chronologiquement, chaque semaine, et dont il remplace pour les chrétiens la prescription cérémonielle. Il accomplit, dans la Pâque du Christ, la vérité spirituelle du sabbat juif et annonce le repos éternel de l’homme en Dieu. Car le culte de la loi préparait le mystère du Christ, et ce qui s’y pratiquait figurait quelque trait relatif au Christ (cf. 1 Co 10, 11) :

Ceux qui vivaient selon l’ancien ordre des choses sont venus à la nouvelle espérance, n’observant plus le sabbat, mais le Jour du Seigneur, en lequel notre vie est bénie par Lui et par sa mort (S. Ignace d’Antioche, Magn. 9, 1).

(§ 2175 du Catéchisme de l’Eglise Catholique)