Extrait de l’encyclique Laudato Si du pape François :

  1. Le dimanche, la participation à l’Eucharistie a une importance spéciale. Ce jour, comme le sabbat juif, est offert comme le jour de la purification des relations de l’être humain avec Dieu, avec lui-même, avec les autres et avec le monde. Le dimanche est le jour de la résurrection, le « premier jour » de la nouvelle création, dont les prémices sont l’humanité ressuscitée du Seigneur, gage de la transfiguration finale de toute la réalité créée.

    Read More →

Lu sur Le Contrarien

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

Vous savez très bien qu’en fonction de la façon dont on pose une question, il est assez facile d’orienter la réponse. Par exemple, si je vous demande si vous seriez prêt à travailler le dimanche si c’est la seule possibilité pour vous de trouver un boulot… alors 90 % des sondés risquent fort de dire « oui » car nous avons tous besoin (et pas forcément envie) de travailler.

Le débat sur le travail dominical en France est une escroquerie intellectuelle et une crétinerie économique qui confine évidemment à la fausse promesse.

Read More →

Un texte éclairant de Mgr Robert Poinard, vicaire général du diocèse aux armées :

ORIGINE DU DIMANCHE         

Le terme lui-même a son origine dans le christianisme : les premiers disciples désignèrent en effet ce jour comme celui du Seigneur ainsi qu’en témoignent les Actes de Apôtres et les lettres de saint Paul. L’expression est employée partout dès le IIe siècle tant en grec qu’en latin. C’est de cette langue qu’elle se transmettra au français : le dies domini (« jour du Seigneur ») devient au Moyen Age le dia dominica qui mutera d’abord en vieux français en diemenche puis en dymanche au XIIIe siècle. La forme dimanche devient définitive à la Renaissance.

Read More →

Trouvé sur padreblog :

 […] Le repos dominical fait tout autant partie de notre culture – et de notre foi pour les chrétiens – que la crèche. La nécessité d’un jour de gratuité et de repos, pour rappeler que l’homme ne se définit pas seulement par ce qu’il produit ou consomme, est une intuition profonde que nous partageons depuis des siècles, inspirés en cela par l’Ecriture Sainte. Eclairés par la doctrine sociale de l’Eglise, les chrétiens ont participé aux luttes sociales pour imposer peu à peu ce dimanche non travaillé et offrir à tous un temps de gratuité.

Comment défendre la famille si on la prive en même temps de ce jour de retrouvailles et de détente où elle peut se rassembler ? D’ailleurs, sommes-nous les premiers – nous, chrétiens – à veiller sur la qualité de nos dimanches ?

Les partisans de l’extension du travail du dimanche ont des arguments économiques ? Ceux-ci sont discutables et discutés, y compris par des chefs d’entreprise ou des économistes. Mais au fond qu’importe. La fin ne justifie pas les moyens. Ce n’est pas d’abord une question économique : c’est une question de société. Affaiblir le dimanche, c’est bouleverser le rythme de vie de toute la société, des familles, des enfants. Affaiblir le dimanche, c’est toucher à l’homme et à ses besoins fondamentaux : se reposer, se retrouver, servir, s’engager, se détendre, prier…

La tentation ultralibérale

On parle de liberté… Mais au-delà du fait que celle des salariés n’est pas assurée – aujourd’hui volontaires, demain obligés sous la pression de l’employeur – la question est la même que pour les réformes sociétales : le désir individuel doit-il primer en tout temps ? Non, s’il remet en cause des principes fondamentaux et des institutions qui fondent notre vie en commun. C’est le cas pour le repos dominical car celui-ci fait partie du bien commun.

L’ultralibéralisme, qu’il soit éthique, sociétal ou économique, porte toujours la même erreur : la tentation de toute-puissance du désir individuel. On connaît déjà ceux qui en paient le prix : les plus pauvres, les plus fragiles, les plus petits. Quand il n’est pas régulé, c’est évidemment le désir du plus fort qui prend le dessus. […] »

Trouvé sur mediapart :

Puisque tant de nos concitoyens sont d’accord pour permettre le travail le dimanche.

Puisqu’ils jettent aux orties notre traditionnelle sortie à la messe niant ainsi nos racines chrétiennes et mettant en danger les saintes valeurs catholiques.

Puisqu’ils oublient nos traditionnels paris au P.M.U. qui favorisaient  des rencontres impromptues et intellectuelles au bar du coin.

Puisqu’il est fini le temps de la tonte de la pelouse le dimanche matin pour emmerder le voisin.

Il nous faut une loi simple et claire pour contenter tout le monde.

Article 1 : Tous les citoyens qui sont pour le travail du dimanche devront travailler obligatoirement ce jour là.

Article 2 : Pour les autres, non.

Argumentaire extrait du dossier spécial « Analyse de la Loi Macron » publié dans Démocratie & Socialisme en décembre 2014 :

N’y a–t-il pas désordre dans les lois actuelles sur le repos dominical ?

Les décisions de justice sur le travail du dimanche, c’est vrai, sont contradictoires : les juges ont des opinions personnelles différentes sur l’ouverture du dimanche, et le laissent transparaître dans leurs décisions. Cela est rendu possible parce que le principe du repos dominical existe toujours, mais il y a trop de dérogations disparates et injustifiées depuis la loi Maillé- Sarkozy. On en arrive à ce que des juges condamnent les infractions à l’ouverture du dimanche, mais avec des astreintes insuffisamment dissuasives. D’autres donnent raison à un patron qui porte plainte contre les autres, et d’autres encore annulent ce jugement… Avant la loi quinquennale de décembre 1993-janvier 1994 il n’y avait que 3 dimanches d’ouvertures autorisés. Cette loi Giraud avait envisagé 12, puis 8, puis 7, puis 5 au lieu de 3. C’est donc un débat hasardeux et artificiel. Rappelons que c’était avant « la crise » : cela n’est donc absolument pas nourri par l’actualité économique ou sociale. La loi Maillé, c’était pareil : il s’agissait en 2008 de déréguler pour déréguler afin de plaire au Medef, qui vise à casser « la semaine de 35 h » et de façon plus générale le « temps légal de travail ». Pareil pour le travail de nuit dans le commerce, qui n’a aucun intérêt économique, sauf de contribuer à « casser » les références journalières de limitation du temps de travail. Pour « simplifier » il faut rétablir le principe « interdiction du travail dominical » sauf dérogations nécessaires et motivées, contrôlées.

Quelle est actuellement la réalité du travail le dimanche ?

Sur 700 000 commerces, 22 000 sont ouverts légalement avec des dérogations préfectorales et municipales (zones touristiques, périmètres d’usage commercial exceptionnel…). De plus, il y en a quelques milliers ouverts illégalement. L’enjeu du «  oui  » ou «  non  » au travail du dimanche dans tout le secteur du commerce concerne 4 millions de salariés concernés avec emplois induits. C’est énorme pour la vie de ces 4 millions de personnes.

5 % des salariés travaillent le dimanche de façon régulière (hôpitaux, feux continus, transports, loisirs, là où c’est indispensable…) et 25 % occasionnellement. On dit que plus de 75 % des «  sondés  » seraient favorables à l’ouverture le dimanche, mais 85 % des «  sondés  » disent aussi qu’eux-mêmes ne veulent pas travailler ce jour-là… Les salariés de Leroy Merlin et Castorama ont été totalement organisés par leurs patrons  : séances de formation avec des communicants sur leur temps de travail, déplacements payés, jours payés, transports et repas payés, T-shirts, banderoles, tracts payés. Ils habillent cela du mot «  volontariat  », mais le volontariat n’existe pas en droit du travail. Ce qui caractérise un contrat de travail est un «  lien de subordination juridique permanent ». Aucun salarié de ce pays ne travaille le dimanche par « volontariat  », mais parce que le patron le veut. En fait, mettre en avant des salariés qui «  veulent  » travailler le dimanche, c’est une manipulation complète.

Patrons et ministres invoquent relance de la consommation. Alibi ou réalité ?

C’est hors sujet. Ce qui sera acheté le dimanche ne le sera pas le samedi ou le lundi. Les porte-monnaies ne sont pas extensibles en ces temps d’austérité. Les magasins ouverts en fraude claironnent des chiffres d’affaires mirobolants majorés de 20 %… mais justement c’est parce qu’ils fraudent, violent la «  concurrence  » et se font de la «  pub  » en plus. Banalisé, le travail du dimanche sera vite démonétisé, avec des magasins vides ; ça coûtera plus cher et n’aura plus qu’un effet négatif pour les salariés, sans même une contrepartie financière.

Et la sauvegarde des emplois ?

L’ouverture généralisée profiterait aux grandes chaînes contre les petits commerces qui en subiraient le contre coup : il a été calculé (DARES) que ce serait un solde négatif de 30 000 emplois perdus.

Un emploi du dimanche sera un emploi de moins le lundi

Les grandes chaînes s’en tireront en embauchant des femmes pauvres et précaires ou des étudiants désargentés en turnover permanent, façon McDonald’s.

Ils «  tenaient  » les salariés pauvres en leur donnant des primes de 25 %, 30 %, 50 % parfois, mais très rarement 100 % : ces primes n’étaient pas inscrites dans la loi. Il était question pour appâter les salaries de légiférer en leur faveur… Vu que les salaires sont trop bas, les pauvres n’ont pas le choix, ils courent après 30 euros et ça se comprend.

Mais c’est fini. L’ordonnance Macron prévoit que les rémuné- rations ne seront pas majorées légalement dans les entreprises de moins de 20 salariés, les plus nombreuses. (97 % des salariés à Paris…).

Et au-delà de 20 salariés une éventuelle majoration de salaire le dimanche ou en soirée, ce sera du domaine de la négociation, de l’accord… donc aléatoire, puis instable, puis supprimable. Quand il sera certain que le dimanche le chiffre d’affaires est le plus bas de la semaine, quand les chalands ne viendront plus, les patrons diront que ça coute cher d’ouvrir le dimanche et refuseront toute prime.

Une nécessité économique dans les secteurs concernés ?

Il n’y a rien d’économique là-dedans, c’est idéologique  : le patronat veut surtout déréguler la semaine et les durées du travail hebdomadaires. C’est pareil pour les ouvertures de nuit genre Sephora. Les touristes chinois qui restent six jours et demi à Paris en moyenne, ont tout le temps d’acheter dans la journée… ou en duty free à l’aéroport (surtout si celuici est racheté par des fonds chinois) ! Ça ne fera pas un centime de chiffre d’affaire supplémentaire ! Ce qui sera acheté le dimanche ne le sera pas le lundi.

Le but réel du travail le dimanche est de remplacer la semaine de 35 heures par des horaires « à la carte », comme l’exige le Medef. Toutes les activités commerciales et annexes peuvent être concernées par la déréglementation voulue par le Medef  : vendre du parfum et de la fringue le dimanche, quel sens cela a-t-il  ?

Une question de société, de civilisation

Le dimanche, c’est un jour de repos collectif, socialisé, facilitant les rapports humains pour toutes les activités de loisirs, culturelles, associatives, citoyennes, familiales et même sportives ou religieuses. Il arrive qu’un étudiant veuille travailler le dimanche, mais ce ne durera pas pour lui, et plus tard, qui gardera les enfants, qui fêtera leur anniversaire si les parents travaillent le dimanche  ? C’est un vandalisme anti social que de supprimer un jour de repos commun, collectif, point de rencontre POUR TOUTES ET TOUS dans la société.

Remplacer la civilisation du loisir par celle du caddie : le caddie du 7e jour pour les salaries à Auchan, et le caddie pour le patron au golf ce jour-là.

Qui sont « les bricoleurs du dimanche » ?

Des braves gens qui pourraient faire leurs courses le vendredi après-midi s’ils bénéficiaient vraiment des 35 heures ou de la semaine de quatre jours.

Que défendent les syndicats hostiles au travail du dimanche ?

Le respect du principe du repos dominical voté en 1906 à l’unanimité par l’Assemblée nationale, et des dérogations limitées strictement aux nécessités. En vérité, on devrait réclamer le retour aux deux jours de repos consécutifs, dont le dimanche. La semaine de 5 jours (vers quatre jours de 8 heures) serait un minima et seule la réduction du temps de travail peut faire reculer le chômage de masse. Quant au salaire du dimanche dans les secteurs où il est contraint et nécessaire (santé, transports, loisir, restauration, alimentation, feux continus, etc…), oui, le salaire devrait être doublé par la loi avec repos compensatoire.

Bien sûr, il y a des travaux indispensables le dimanche, mais comme ceux de nuit ; donc des « dérogations » précise et motivées doivent être accordées, à condition qu’elles soient bien encadrées. Il faut qu’ils soient restreints et limités à ceux qui sont nécessaires et indispensables.

Lu sur le site internet de La Croix, Joseph Thouvenel :

«   Pour moi, le dimanche est une feuille blanche, un espace de liberté où chacun doit pouvoir écrire ce qu’il veut. L’exercice de cette liberté peut être familial, associatif, personnel, amical, spirituel… Mais c’est un jour qui doit rester différent, en échappant à la pression de la production et de la consommation, un jour pour exprimer autre chose que des valeurs matérielles.

Pour moi, qui habite en banlieue et ai deux jumeaux de 12 ans, le dimanche est un jour familial. Le père va courir, les fils font du vélo. On aperçoit des hérons cendrés. Sur les bords de Marne, on profite ensemble d’une vraie nature, entre monde urbain et campagne.

Je suis devenu père tard. À l’âge où d’autres voient leurs enfants partir, moi je regarde les miens entrer dans l’adolescence. Dans le choix de mes responsabilités syndicales, j’ai voulu ménager du temps pour eux.

Ensemble, pas tous les dimanches, mais régulièrement, nous allons à la messe. C’est un de mes fils qui insiste pour y aller ! C’est un grand sujet d’étonnement pour moi qui suis issu d’une famille très pratiquante, mais qui, comme beaucoup, me suis détaché de la foi quand j’étais jeune, avant d’y revenir vers 30 ans.

Le temps de la lecture, de la promenade, du silence, du rêve…

Je suis le dernier d’une famille très nombreuse et je garde un souvenir particulier des dimanches. Quand il y a sept enfants, il y a toujours du mouvement. Nous avions nos activités scoutes. Et à table, il y avait toujours des étudiants, des voyageurs, qui cherchaient un point de chute près de Paris et que nous envoyaient les réseaux cathos.

Et puis, mon père était médecin, du genre à ne pas oublier son serment d’Hippocrate. Alors quand un patient ou une communauté religieuse l’appelait, il ne refusait jamais de soigner, même le dimanche.

Dans ma petite famille à moi, le dimanche, nous avons un repas en famille ou avec des amis. La journée se déroule simplement, ça bouscule le rythme de la semaine, c’est très bien. Ça permet de lire, de discuter, de bricoler. J’ai la chance d’avoir un bout de jardin, je vais y couper trois fleurs.

Le dimanche, c’est ça pour moi, c’est prendre le temps, le temps de la lecture, le temps de la promenade, le temps du silence, le temps du rêve, de l’imagination, voire le temps de ne rien faire, pourquoi pas ? Ça participe à l’équilibre d’une personne.

Malheureusement, vu la somme des devoirs qu’ont mes enfants, l’éducation nationale s’est invitée dans nos dimanches ! Ma femme fait le français, je fais les maths, je suis en ce moment en train de refaire ma quatrième ! Je suis effaré de tout ce qu’on donne comme leçons maintenant aux gamins…

La société devrait garantir à tous ces moments-là.

Je me demande d’ailleurs comment font les mères qui élèvent seules leurs enfants et sont obligées de travailler le dimanche. Je vois à quel point, avec mes garçons, c’est primordial d’avoir des jours comme ça pour passer du temps avec eux. C’est essentiel pour leur construction, pour notre bonheur. La société devrait garantir à tous ces moments-là.

C’est d’ailleurs le sens de mon combat syndical, à la C.F.T.C, contre l’extension du travail le dimanche et contre le lundi de pentecôte travaillé sans salaire, désormais baptisé Journée de solidarité.

Pour moi, ce n’est pas une affaire religieuse, c’est vraiment un choix de société. Doit-on, oui ou non, préserver un temps de repos collectif dans la semaine ? Je ne milite pas pour interdire tout travail le dimanche bien sûr.

Certaines activités en ont besoin. Jusqu’à une période récente, la loi permettait un équilibre en autorisant certaines professions à travailler le dimanche, les boulangers, les commerçants des marchés traditionnels, les médecins comme mon père… souvent des indépendants qui choisissent de travailler eux-mêmes le dimanche.

« Il devient utile de refréner nos pulsions d’achat »

Mais quand c’est Carrefour qui ouvre, c’est une autre affaire, car ce n’est pas M. Carrefour qui travaille, ce sont des gens qui aimeraient souvent pouvoir faire autrement. Il y a aussi un enjeu en termes d’emploi et d’aménagement du territoire.

Plus on permet aux grandes surfaces de prendre des parts de marché, moins les petits commerces de centre-ville, qui ont parfois deux ou trois salariés, peuvent résister. J’ai d’ailleurs dans ma ville des commerçants qui me remercient de les défendre. Ça fait plaisir.

Et puis ne pas consommer le dimanche, c’est sans doute un peu dans mon éducation. Quand j’étais jeune, il était inconcevable que tant de magasins soient ouverts ce jour-là.

Aujourd’hui, on inculque aux jeunes, via la publicité, l’idée que le bonheur est dans la consommation. On leur donne le désir d’acheter le superflu alors que parfois ils n’ont pas de quoi se payer le nécessaire. Je pense qu’il devient utile de refréner nos pulsions d’achat. »

Un article trouvé dans le Figarovox de Paul Piccarrata, journaliste

 

Pourquoi le travail du dimanche ne scandalise pas tous les chrétiens? C’est la question que se posait le journaliste Sébastien Lapaque, dans La Vie, il y a un an. Elle était légitime. Dans l’histoire moderne, le christianisme est la religion qui s’est emparée le plus spontanément de la question du travail. Si l’on prend le temps de lire son histoire sur ce point-là, on découvre une vision de l’homme aux antipodes de certains réflexes actuels.

Sur la loi Macron, on pourra donc regretter le relatif manque de mobilisation des chrétiens. Après tout, le combat de certains contre le Mariage pour tous annonçait une prise de conscience sociale. Les notions d’ «inégalités» et de «marchandisation» avaient été les maîtres mots des derniers rassemblements. De la part d’une droite catholique souvent assimilée à la bourgeoisie, on voyait naître là une attention particulière au lien social. Mais Lapaque avait peut-être raison de s’inquiéter : «Si c’est la famille millénariste que voulaient protéger ceux qui sont bruyamment descendus dans la rue pour dire qu’ils ne lâcheraient rien, ils déploieraient autant d’énergie à défendre le repos du septième jour prescrit par le Seigneur dans le livre de l’Exode. En quête de valeurs susceptibles de les distinguer de la gauche sociale-libérale au pouvoir, la droite révolutionnaire a exagéré la réalité de ses convictions morales.» La Vie, 17 janvier 2014.

Doit-on préciser qu’il n’est pas essentiel d’être marxiste pour défendre une certaine conception du travail et du repos ? Pour rappel, la logique du travail dominical est un «temps suspendu», selon la belle expression de la philosophe Chantal Delsol, que l’on a brisé pour augmenter le dividende des actionnaires. Constat globalement neutre, mais qui a le mérite de la lucidité. Au reste, cette augmentation est bien relative : il a suffisamment été démontré que le «report de consommation» n’accroissait pas ou très peu le chiffre d’affaire d’un magasin. Comme le disait très justement Etienne Neuville, vice président du collectif des Amis du dimanche, «Bricorama n’a pas vu s’envoler le nombre de perceuses vendues» après sa permission d’ouverture le dimanche. Il est certain en revanche qu’il conduit le petit commerçant à se serrer plus méchamment la ceinture.

Selon l’évangile de saint Matthieu, les chrétiens ne peuvent servir Dieu et Mammon à la fois, qu’on traduit plus trivialement par «Dieu et l’argent». Sa version moderne pourrait être celle-ci : les chrétiens ne peuvent servir Dieu et Macron à la fois. Et ce n’est pas monsieur Mélenchon qui le dit.